Mafia PayPal : que sont devenus les fondateurs de l'entreprise aujourd'hui ?

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Le 25 novembre 2018
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Qu'est devenu Elon Musk après PayPal ?


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Elon Musk : diversification et volonté d'innovation


Elon Musk fait définitivement partie des entrepreneurs les plus populaires de ce classement. Avec ses projets ambitieux et ses propos souvent fantasques, l'entrepreneur ne manque pas de susciter de vives réactions. À ce jour, il compte environ 7 entreprises différentes, choisissant d'en mettre certaines en avant lorsqu'il prend la parole sur Twitter, tandis qu'il sera plus discret sur d'autres. S'il ne tarit pas de commentaires sur Tesla et SpaceX, il évoque plus rarement les avancées de Neuralink, une initiative qui laisse à penser que la science-fiction des romans et des films pourrait bien faire une irruption dans la réalité. Parfois comparé à Tony Stark, il se lance dans une multitude de projets dont tous semblent tenter de répondre à une question commune : de quoi le futur sera-t-il fait ?

Lorsqu'il est âgé d'une dizaine d'années, il s'attelle à la création d'un jeu vidéo baptisé Blastar. Sur un Commodore VIC-20, il conceptualise un jeu qu'il vendra ensuite 500 dollars au magazine PC and Office Technology.

Par la suite, il empoche 180 millions de dollars lors de la vente de PayPal, soit 11,7% de la compagnie qui passe sous la coupe d'eBay en 2002.

En termes de personnalité, Musk est considéré comme un visionnaire, mais il se laisse parfois aller à des frasques qui effraient les investisseurs. En 2018, il a ainsi dû faire face à plusieurs polémiques, dont une qui l'a mené à quitter son poste de président du conseil d'administration chez Tesla à la suite d'un tweet jugé trompeur. Depuis septembre, il occupe le poste de directeur, qu'il a conservé suite à son accord avec la SEC, gendarme de la Bourse américain.

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Elon Musk / Wikimedia Commons


SpaceX


Toujours en 2002, il se penche alors sur un projet qui dépasse l'échelle même de la planète Terre en projetant de créer une entreprise dédiée au vol spatial. À cette époque, il a pour projet d'envoyer un être humain sur Mars en 2025 et de commencer une colonisation de la planète rouge. Si l'initiative est ambitieuse, Musk ajoute qu'il faut recycler les fusées pour qu'elles servent plusieurs fois. Partant du principe qu'un avion n'a pas pour objectif d'être jeté après une unique utilisation, il s'attelle à la tâche. Selon lui, cette nouvelle méthode permettrait d'économiser des millions de dollars, un montant qui pourrait être investi de nouveau dans cet objectif. Il y voit également la possibilité de créer le tourisme spatial, un futur dans lequel on pourrait voler dans une fusée en orbite comme certains prennent l'avion pour aller dans les îles Caraïbes.

En 2018, SpaceX réussit le lancement de la première fusée Falcon Heavy, mais récupère aussi les deux lanceurs qui atterrissent simultanément là où ils devaient le faire. Cette étape fait suite à de nombreux échecs, principalement jusqu'à l'année 2008. Jusqu'à cette date, la majorité des vols ratent et les lanceurs explosent deux fois, mais l'entreprise continue avec acharnement.

Dans un article de 2018, Elon Musk confiait au New York Post : « J'ai donné à SpaceX et à Tesla une probabilité de moins de 10 % de chances de réussite [...] Au début, en 2002, je n'ai même pas laissé mes propres amis investir car je ne voulais pas perdre leur argent ».

D'autre part, la compagnie de Musk imagine une capsule spatiale qui pourrait transporter une demi-douzaine de personnes à son bord afin de se rendre jusqu'à la Station Spatiale Internationale (ISS). Encore une fois, le Crew Dragon est pensé de façon à être réutilisable lors de plusieurs missions.

Cette année, l'entreprise a annoncé son premier « client privé », le milliardaire japonais Yusaku Maezawa, qui devrait être accompagné de quelques amis lorsqu'il voyagera en orbite lunaire. Pour l'instant, aucune date n'a été officiellement donnée, mais SpaceX espère que cette opération touristique pourra avoir lieu d'ici 3 à 4 ans.

En 2017, SpaceX rejoignait le cercle privé des entreprises non cotées en Bourse valant au moins 20 milliards de dollars ou plus dans le monde. Depuis 2015, la valorisation de l'entreprise a presque doublé grâce à plusieurs investisseurs, dont une levée de fonds de 350 millions de dollars.

Tesla


En 2004, 2 ans après avoir fondé SpaceX, Elon Musk se tourne vers le secteur automobile. Si l'idée reçue veut qu'Elon Musk soit le fondateur de Tesla, ce n'est pas le cas. En effet, l'entrepreneur a d'abord un rôle d'investisseur, là où la société est elle-même fondée par Martin Eberhard et Marc Tarpenning en 2003. C'est l'année suivante que Musk rejoint l'entreprise aux côtés de Ian Wright et JB Straubel.

Lors de sa création, l'objectif de la compagnie américaine est déjà clair : concevoir des voitures électriques afin d'effectuer une transition vers un nouveau modèle d'énergie plus durable. Elon Musk est rapidement séduit par le projet, si bien qu'il confiera plus tard : « Je suis très pro-environnement [...] Mais je suis pour la résolution des problèmes avec de meilleurs produits, plutôt que par la privation ». La rencontre entre l'entrepreneur et Eberhard a lieu au mois de février 2004 et est suivi d'un investissement de 5 millions de dollars. En 10 ans à peine, il investira un total de 55 millions de dollars et deviendra président directeur général de la société.

En 2008, Tesla dévoile un premier modèle de voiture, le Roadster, dont la production débute la même année. Deux ans plus tard au mois de juin, la société fait son introduction en Bourse avec succès. Peu à peu, le mythe se construit autour du sulfureux investisseur Elon Musk, délaissant l'ingénieur de génie à l'origine de l'entreprise, Martin Eberhard ainsi que Marc Tarpenning. Le fondateur original confie tout de même que Musk amène une importante visibilité à l'entreprise durant ces premières années, si bien que des personnalités comme George Clooney et Matt Damon s'offrent rapidement une voiture haut de gamme de la firme. Des investisseurs comme Larry Page et Sergey Brin (Google) ainsi que Jeff Skoll (ex-président d'eBay) misent sur la compagnie.

En 2015, Tesla fait le choix de diversifier ses activités en faisant l'acquisition de Solar City pour 2,6 milliards de dollars, une société fondée par frères Peter et Lyndon Rive en 2006. C'est leur cousin, un certain Elon Musk, qui leur avait suggéré de se lancer sur le marché des panneaux solaires. Mais au moment du rachat, l'entreprise est en difficulté financière. Finalement, Musk annoncera la réduction des activités de l'entreprise rachetée à ses cousins en 2018, fermant du même coup une dizaine de sites d'énergie. L'entreprise ne fait plus beaucoup parler d'elle.

Toujours en 2015, Tesla annonce le Powerwall, une batterie lithium-ion conçue pour les habitations privées et publiques. Plus concrètement, le système permet à l'appareil de se recharger de façon autonome, que ce soit en récupérant de l'électricité ou alors en se connectant directement à des panneaux solaires. S'il est disponible en Amérique du Nord, le Powerwall n'est pas encore livré en France.

Un an plus tard, Tesla commence à intéresser l'autorité américaine des marchés financiers et celle de la sécurité routière de près. En effet, la SEC accuse l'entreprise de ne pas avoir communiqué assez rapidement sur un accident mortel survenu à bord d'une Tesla Model S roulant avec l'Autopilot activé. L'événement a eu lieu début mai, mais Tesla a attendu jusqu'à fin juin pour informer ses investisseurs.

Cette année a été particulièrement houleuse pour Tesla et son PDG. Si l'objectif de production de la Model 3 a finalement été atteint dans les usines, la compagnie est tout de même toujours accusée de faire travailler ses employés plus que de raison. Dans un même temps, Elon Musk a confié dans un tweet qu'il songeait à retirer la compagnie des marchés boursiers, et qu'il avait les fonds pour le faire. Il n'en a pas fallu plus pour que la SEC ouvre une enquête, qui s'est soldée par la destitution de Musk à son poste de président du conseil d'administration.

À la fin de l'année, Tesla était valorisé 50 milliards de dollars pour une production de 80 000 véhicules durant l'année.

Elon Musk et son attrait pour les transports


Outre les voitures, ce sont également les transports de façon plus globale qui intéressent le co-fondateur de PayPal. D'une part il y a Hyperloop, le projet fou d'un train à grande vitesse qui pourrait connecter le monde et repenser entièrement les déplacements sur Terre. L'entrepreneur évoque le projet pour la première fois en 2013, décrivant le train du futur comme le 5e mode de transport avec la voiture, le bateau, le train et l'avion).

D'autre part, Musk a créé The Boring Company, une société au nom étrange qui répond pourtant à une problématique bien concrète : la réduction des embouteillages. Initialement, l'entrepreneur souhaitait créer des tunnels prêts à accueillir les voitures qui seraient descendues via un système d'ascenseur. Une fois sur la plateforme en sous-sol, les véhicules seraient propulsés à plus de 200 km/h.

Suite aux critiques, Musk a recentré son projet sur la même création de tunnels, mais en se tournant vers un moyen de transport en commun. Si l'initiative ressemble à un métro classique, ce n'est pas totalement le cas. En effet, les cabines accueilleraient une dizaine de personnes et se déplaceraient beaucoup plus rapidement qu'un métro traditionnel. The Boring Company a décroché son premier appel d'offres cette année avec la ville Chicago, si bien qu'il devra s'atteler à la création d'un système reliant l'aéroport au centre-ville grâce aux navettes dont la vitesse sera de 250 kilomètres par heure. Il est prévu qu'un premier tunnel ouvre ses portes au public dès le mois de décembre 2018.

À ce jour, le magazine Forbes estime la fortune d'Elon Musk à plus de 22 milliards de dollars.
Modifié le 22/11/2018 à 17h02
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