Affaire Facebook / Cambridge Analytica : et maintenant ?

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le 02 mai 2018
 
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Depuis plus d'un mois, Facebook est embourbé dans le scandale Cambridge Analytica, une polémique qui incrimine le réseau social en raison de sa gestion des données personnelles. Si les révélations attestent régulièrement de l'ampleur de la controverse, qu'en sera-t-il des conséquences pour les utilisateurs particuliers et pour les professionnels ?

Le samedi 17 mars, The Guardian et The New York Times révèlent conjointement le scandale : les données personnelles de millions d'utilisateurs auraient été récoltées sur le réseau social par Cambridge Analytica. Aucun utilisateur n'a été informé de la pratique. À la date de publication des enquêtes, le nombre de profils Facebook collectés par compagnie anglaise est de 50 millions.

Aux origines de l'affaire, un ancien salarié de CA


Pour rappel, c'est Christopher Wylie qui se place comme le lanceur d'alerte qui a aidé les médias américain et anglais dans leur enquête. Âgé de 28 ans, le canadien a travaillé pour l'entreprise Cambridge Analytica de juin 2013 à fin 2014 en tant que spécialiste de l'exploitation de données. Il a également mis en place l'équipe destinée à développer l'outil chargé d'influencer les comportements des électeurs et rencontré le Docteur Aleksandr Kogan.

Deux jours après les révélations du New York Times et du Guardian, Channel 4 met en ligne une vidéo dans laquelle apparaît Alexander Nix, ancien PDG de Cambridge Analytica qui a été suspendu le 20 mars. Filmé en caméra cachée, Nix explique comment la société influence les campagnes électorales et déstabilise les candidats tout en abusant des pots de vin et des prostituées ukrainiennes. Lorsque la vidéo a été mise en ligne, il évoquait des « scénarios hypothétiques ».



« Les données déterminent tout ce que nous faisons »


Portant le slogan de « Data drives all we do », pour « Les données déterminent tout ce que nous faisons », l'entreprise britannique Cambridge Analytica, fondée en 2013, n'était que très peu connue du grand public avant les révélations de l'affaire. Les activités principales de la société consistent principalement à amasser des données à grande échelle avant de les analyser et d'en tirer parti.

La société propose plusieurs services tels que Siphon, un outil permettant de mesurer l'efficacité de la publicité sur le web, et Data Model, un catalogue recensant plusieurs profils de consommateurs ou d'électeurs. Cambridge Analytica propose également le service de sondage d'opinion Validité et un système de visualisation des centres d'intérêts des consommateurs, baptisé Custom Data Manipulation.

Un profil psychologique nommé OCEAN


Pour analyser cette masse de quantité de données, l'entreprise londonienne se base sur le modèle psychologique des Big Five. Conçue dans les années 1980 et 1990, l'approche recense plusieurs traits de personnalité communs pouvant être regroupés selon cinq sous-catégories - sous l'acronyme OCEAN :
  • l'ouverture à l'expérience,
  • la conscience,
  • l'extraversion,
  • l'agréabilité,
  • le névrosisme.

Le modèle des Big Five a plusieurs applications et peut, par exemple, servir à définir pourquoi une personne a fait un certain choix de carrière au détriment d'un autre. Bien que ce modèle psychologique possède quelques limites, cela n'empêche pas l'entreprise londonienne d'établir de rigoureux profils qui lui permettent de se définir comme une spécialiste de l'analyse de données.
Modifié le 24/07/2018 à 13h55
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