Le veilleur d'écran[s] S02E11 📺 The Orville : au-delà de la parodie de Star Trek

14 mars 2020 à 15h15
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The Orville

En allant régulièrement là où on ne l'attend pas et en se bonifiant épisode après épisode, la comédie dramatique de science-fiction The Orville est l'une des meilleures surprises télévisuelles de ces dernières années.

Dans un contexte où l'offre en matière de séries n'a jamais été aussi pléthorique, le Veilleur d'écran[s] se propose d'être votre guide à travers les saisons. Qu'il s'agisse d'une ancienne série aujourd'hui culte, d'un carton récent ou d'un show plus anonyme, cette chronique vous aidera à ne perdre votre temps qu'en bonne compagnie.

Accompagnez la lecture de cet article avec la musique de la série :


The Orville : take a trip down MacFarlane

Quand il est question des œuvres de Seth MacFarlane, ce n'est pas compliqué, je ne connais que deux états. Le premier me voit joyeux - voire presque extatique - quand je songe à des séries comme American Dad (à ses débuts en tout cas) et surtout Family Guy, seul dessin animé au long cours qui me fait, aujourd'hui encore, éclater de rire comme au premier jour. De fait, ces show sont à mon sens des leçons d'humour, d'absurde, d'impertinence et d'imagination que je chéris.

Le second état en revanche est moins glorieux, puisque quand me vient à l'esprit un film pas bien fin comme Ted ou la série ratée The Cleveland Show (et American Dad depuis quelques saisons...), je tend plutôt vers la morosité.



Aussi, quand l'homme aux multiples casquettes (acteur, producteur, réalisateur, scénariste...) a annoncé sa volonté de chapeauter de A à Z une parodie de Star Trek baptisée The Orville, autant vous dire que j'étais partagé et même, méfiant. Qui plus est avec la sortie en parallèle de la très chouette Star Trek: Discovery. Or, finalement, le show m'a surpris a bien des égards et il vient tranquillement se placer dans le coin des travaux de qualité de l'Américain.

Pourtant, le début de la série peine à convaincre, soyons honnête. MacFarlane cherche clairement le bon ton à adopter et il faut lui laisser quelques épisodes pour se chauffer. Le déclic fini heureusement par arriver, suffisamment rapidement, et dès lors c'est une montée en qualité permanente qui vous attend, tout particulièrement en saison 2. Notez d'ailleurs qu'il y a respectivement 12 et 14 épisodes par saisons, et qu'une troisième arrivera en fin d'année sur Hulu.

Ster Trak

Parodie de Star Trek oblige, The Orville suit l'équipage d'un vaisseau d'exploration spatiale appartenant à « l'Union Planétaire ». Ses membres, commandés par le Capitaine Ed Mercer (MacFarlane himself) secondé malgré lui par son ex-femme Kelly Grayson (Adrianne Palicki), proviennent de multiples factions et races issues de toute la galaxie, et vivent des aventures au jour le jour.

The Orville 2

Difficile d'être dépaysé si vous êtes un Trekkie, donc, d'autant plus que la série va même jusqu'à réinvestir volontairement l'aspect « cheap » des costumes et décors intérieurs du vaisseau typique des anciennes séries Star Trek. Toutefois, le show de Fox (Fox Broadcasting Company) se dote de quelques moyens pour paraître moderne, notamment au niveau des effets spéciaux, et tout ne pique donc pas les yeux.



Mais alors, me direz-vous, quels sont les éléments qui font que The Orville fonctionne si bien ? À mon sens, la série est avant tout portée par sa maîtrise de l'humour et du drame, deux tons toujours bien mélangés et en parfait équilibre. La plupart des blagues et des situations absurdes distillées dans les épisodes fonctionnent bien (notamment grâce à certains personnages, hilarants presque malgré eux), et MacFarlane a le bon sens de rester sage, tombant rarement dans certains de ses travers où il peut manquer de finesse.

Aussi, la série est divertissante et très souvent juste dans ce registre de la rigolade détendue et décalée - à défaut, cela dit, de risquer véritablement de vous casser les côtes de rire.

Ce tweet d'il y a plus d'un an résume parfaitement mon avis sur The Orville


We need to go deeper

Mais c'est surtout du côté du drame que le show surprend le plus. Non seulement certaines des relations entre les membres d'équipage sont sincèrement touchantes, bien écrites et jouissent d'une évolution cohérente (à commencer par celle des deux tourtereaux à la tête du vaisseau), mais surtout, The Orville s'engage très régulièrement dans des sujets inattendus. La série, se fait alors souvent miroir de la société, plaçant autant l'équipage que le spectateur face à des situations compliquées, dans le but de faire réfléchir.

Que devrions nous faire ou non face à une civilisation dont les mœurs et les traditions ancestrales vont complètement à l'encontre de celles de l'Humanité, telle que nous la concevons ? Comment réagir quand un humain tombe amoureux d'un robot, ou lorsque le voyage dans le temps devient une réalité ? À quoi ressemblerait un univers en 2D ?... Tels sont quelques exemples issus de certains de mes épisodes préférés, et parmi lesquels on sent véritablement la volonté de rendre hommage à l'avant-gardisme de Star Trek, sur bien des sujets.

The Orville 1


« Avec ses nombreuses idées originales servies par une solide écriture qui fait aussi bien rire que réfléchir, The Orville est une série qui mérite plus d'attention »



Plus d'une fois la série m'a soufflé, par des idées et des prises de positions que je n'avais jamais vu ailleurs, mais aussi par ses références et ses éléments empruntés - volontairement ou non - à d'autres œuvres chères à mon cœur (Mass Effect, Black Mirror, etc.). Je suis aujourd'hui tout simplement très curieux de ce que The Orville nous réserve en saison 3. D'autant que, plus les épisodes avancent, plus l'ambition de la série grandit, se pourvoyant notamment de fils rouges et d'arcs narratifs plus conséquents. De même, je suis impatient de voir quels nouveaux guests seront de la partie, car ils ont jusqu'ici été nombreux et de qualité.



Alors, la série de Fox n'est peut-être pas originale pour un sous dans sa forme, et son jeu d'acteurs n'est assurément pas le meilleur proposé à la télévision aujourd'hui - et cela rebutera probablement certains -, néanmoins, elle compense véritablement ces lacunes par tout le reste. Avec de nombreuses idées originales, servies par une solide écriture qui fait aussi bien rire que réfléchir, The Orville est une série qui mérite plus d'attention... Et un diffuseur chez nous.

Cette série est pour vous si :

- Vous voulez rire, mais pas que
- Vous avez envie d'une série qui arrive régulièrement à vous surprendre
- Le space opera, quelle que soit sa forme, ça vous botte

Cette série n'est pas pour vous si :

- Vous êtes allergique à Star Trek et/ou à MacFarlane
- Vous n'êtes pas prêt à laisser passer un démarrage « bien mais pas top » de quelques épisodes
- Vous êtes un Trekkie pur et dur qui ne tolère pas les parodies ou hommages


Avec l'arrivée prochaine de la saison 3 sur Hulu et le potentiel lancement de la plateforme en France, The Orville devrait finir, je l'espère, par être disponible chez nous. Pour le moment, malheureusement, il faudra se contenter de se montrer malin ou patient pour la voir.

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