Le veilleur d'écran[s] S01E12 📺 The Boys, ou quand Amazon enlève enfin les gants

21 décembre 2019 à 15h00
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Dans un contexte où l'offre en matière de séries n'a jamais été aussi pléthorique, le Veilleur d'écran[s] se propose d'être votre guide à travers les saisons. Qu'il s'agisse d'une ancienne série aujourd'hui culte, d'un carton récent ou d'un show plus anonyme, cette nouvelle chronique vous aidera à ne perdre votre temps qu'en bonne compagnie.
The Boys

Bien qu'elle existe depuis plusieurs années, la plateforme de SVOD Amazon Prime Video n'a vu sa popularité véritablement décoller auprès du grand public seulement il y a quelques mois. Or, il y a quelques mois sortait la série The Boys. Coïncidence ? Absolument pas.

Accompagnez la lecture de cet article avec la musique de la série :

Just The Boys being boys

Il y a deux semaines nous parlions de l'un des tout premiers succès série d'Amazon Prime Video, à savoir feu The Man in the High Castle. Un succès somme toute assez restreint, et limité aux connaisseurs, contrairement au titre dont nous allons parler aujourd'hui. En effet vous avez probablement déjà entendu parlé de The Boys, que ce soit via le très actif bouche à oreille dont la série a jouit cet été, ou plus simplement au contact de la très présente campagne marketing d'Amazon.

Il faut dire que, malgré les quelques ratés signés Netflix ou autres, les séries sur les super-héros tirées de comics ont toujours le vent en poupe. Qui plus est lorsque l'on nous promet un angle différent, un traitement moins lisse qu'à l'accoutumée, et que le matériau d'origine - qui ne se trouve, pour une fois, ni chez DC, ni chez Marvel - est salué par la critique. À titre d'exemple, il n'y a qu'à voir le succès récent d'Umbrella Academy, sur Netflix, pour constater à quel point les spectateurs sont friands d'œuvres annoncées comme étant « sombres ».


Revenons à The Boys, série créée par Eric Kripke (créateur de Supernatural et Timeless notamment), d'après les comics éponymes de Garth Ennis et Darick Robertson. Le scénario nous emmène dans une version contemporaine de notre Terre, où les super-héros existent au grand jour et où un groupe de personnages, baptisé « The Seven » et particulièrement populaire auprès du public, intervient partout en cas de crise.

Oui, au premier abord, tout cela ressemble furieusement à ce que propose DC avec sa Justice League.

Seven Wander

Impossible en effet de ne pas penser à Aquaman devant The Deep, à Flash devant A-Train, à Wonder Woman devant Queen Maeve ou encore à Superman devant Homelander. Il s'agit bien entendu d'un parallèle volontaire, tant dans les pouvoirs que dans les costumes, The Boys étant un comics (et maintenant une série) qui se veut absolument irrévérencieux. Contrairement à ce qui est dépeint dans l'univers DC, « The Seven » sont chapeautés par Vought International, une puissante agence qui les finance et s'occupe de leur image marketing.

Et pour cause : sous le joli vernis des héros qui protègent la veuve et l'orphelin, se cachent en vérité des personnages complètement corrompus, paradoxalement beaucoup plus réalistes, comprenez proches de ce à quoi ils pourraient ressembler dans notre société, si les super pouvoirs existaient vraiment. Là où les héros de DC utilisent globalement leurs pouvoirs et leur popularité de manière raisonnable, ici il n'en est donc absolument rien.


Pour finir les présentations avec quelques exemples parlant : Homelander est un personnage aussi détestable qu'imbu de lui-même, qui n'hésite pas à tuer sans la moindre vergogne, Queen Maeve est complètement désabusée concernant sa vie et en plein burn out, A-Train est un frimeur obsédé par sa vitesse et sa personne, et The Deep n'hésite pas à utiliser sa notoriété de manière plus que déplacée auprès de la gente féminine.

Hughie et les Connards

C'est dans ce contexte que Hughie (Jack Quaid), un humain tout ce qu'il y a de plus normal, va croiser la route d'un groupe baptisé « The Boys » et dirigé par Billy Butcher (incarné par le flamboyant, le génialissime, le formidable, que dis-je, le légendaire Karl Urban). Ce dernier est également un homme, dont le « super pouvoir » est de H A Ï R les super-héros, et notamment Homelander.


Les deux hommes vont donc entrer en conflit avec The Seven et, sans trop dévoiler le scénario, sachez que le show alterne régulièrement entre les deux groupes, ainsi qu'un troisième parti capital : Starlight (Erin Moriarty).

Vengaboys - Boom, Boom, Boom, BOOM !

Derrière ce nom se cache Annie January, une super-héroïne débutante qui vient d'intégrer The Seven. Encore naïve et véritablement motivée pour faire le bien, la jeune femme va permettre à la série de lier les deux groupes et surtout d'y ajouter du fond. Parce qu'en plus de critiquer des choses assez évidentes, comme la corruption que peuvent entraîner les super pouvoirs et le pouvoir, ou encore le danger que représentent les entreprises gigantesques pour la société, The Boys se veut également engagée sur des sujets un peu plus inattendus, tels que la toxicité du patriarcat, pour n'en citer qu'un.


Bien évidemment les nombreuses réflexions apportées par la série sont évidemment l'un de ses points forts, mais ce n'est probablement pas celui-ci qui a fait cartonné le show à ce point. The Boys ne revêt effectivement aucun filtre et sa forme en est tout simplement décomplexée.

Très régulièrement vulgaire, trash et violente, la série ne se préoccupe pas de la censure et se fait cash, sans tomber dans le piège de la surenchère. La réalisation et les effets spéciaux prouvent également qu'Amazon a investi un budget certain dans son show, lui permettant de ne pas se retrouver avec un colosse aux pieds d'argile, en bout de course.

Karl Urban dans chef-d'oeuvre

Impossible enfin de ne pas saluer les performances de certains acteurs, qui portent véritablement le show sur leurs épaules tout en... cabotinant. Outre Karl Urban, qui prend visiblement beaucoup de plaisir à incarner un Billy Butcher au langage fleuri et au visage plein de mimiques communicatives, on peut notamment saluer la performance d'Antony Starr (le héros de feu Banshee, regardez la).


Parmi les nombreux pouvoirs de son Homelander, celui de générer le malaise auprès du spectateur à chaque fois qu'il apparaît à l'écran est sans aucun doute le plus grand. Et comme de bons acteurs ne seraient rien sans de bons dialogues, la série recèle de nombreuses répliques mémorables.

« The Boys est tout simplement ce qu'Amazon a proposé de meilleur jusqu'à présent »


S'il y a bien des séries extrêmement populaires que je trouve souvent surcotées (ne me lancez pas sur une liste sinon on risque de se fâcher), The Boys, elle, mérite véritablement l'engouement qu'elle a suscité. Proposant un traitement du super-héros enfin un peu différent de ce qui se fait d'habitude, tout en revêtant une forme décomplexée et drôle, qui n'oublie pas pour autant de traiter de sujets de fond importants, on peut le dire, cette série est tout simplement ce qu'Amazon a proposé de meilleur jusqu'à présent.


Bon, ok, égalité avec Undone, qui a eu la charge d'ouvrir notre chronique il y a quelques semaines. Bon, ok, probablement égalité avec The Marvelous Mrs. Maisel, du moins à en croire les critiques, car je n'ai pas encore pris le temps de la regarder. Enfin bref, quoi qu'il en soit : regardez The Boys, sinon j'envoie Karl Urban chez vous !

Cette série est pour vous si :

- Vous recherchez un mélange d'action et d'humour, même douteux
- Vous aimez Karl Urban et/ou Antony Starr
- Vous attendez un traitement différents des super-héros, plus sombre et réaliste, avec un fond solide

Cette série n'est pas pour vous si :

- Les super-héros, même irrévérencieux et sombres, vous avez votre dose
- Vous fuyez la violence, la vulgarité ou le malaise


La première saison de The Boys, composée de huit épisodes, est disponible sur Amazon Prime Video. La deuxième arrivera courant 2020 et le trailer a déjà été diffusé.
Modifié le 06/01/2020 à 17h19
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