Le veilleur d'écran[s] S01E10 📺 The Man in the High Castle : solide jusqu'au bout

07 décembre 2019 à 15h28
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Dans un contexte où l'offre en matière de séries n'a jamais été aussi pléthorique, le Veilleur d'écran[s] se propose d'être votre guide à travers les saisons. Qu'il s'agisse d'une ancienne série aujourd'hui culte, d'un carton récent ou d'un show plus anonyme, cette nouvelle chronique vous aidera à ne perdre votre temps qu'en bonne compagnie.
The Man in the High Castle

À l'issue de la mise en ligne de sa quatrième saison il y a quelques jours, The Man in the High Castle s'est définitivement terminée sur Amazon Prime Video. Il s'agit non seulement de l'une des toutes premières séries originales de la plateforme, mais aussi très certainement de l'une des meilleures.

Accompagnez la lecture de cet article avec la musique de la série :

Le Château dans le Fiel

Amazon Prime Video semble spécialement apprécier les travaux de Philip K. Dick.

Outre la série qui porte littéralement son nom, à savoir Philip K. Dick's Electric Dreams - inégale, mais sympathique oeuvre d'anthologie à la Black Mirror -, l'américain était également représenté dès 2015 par l'adaptation de son roman culte et récompensé, The Man in the High Castle... Ou Le Maître du Haut Château dans la langue de ceux qui ont construit la ligne Maginot, si vous y tenez.

Comme indiqué en intro, celle-ci s'est terminée il y a peu après 4 saisons de 10 épisodes chacune. Un format fort agréable, car il permet de ne pas trop traîner en longueur tout en prenant le temps nécessaire de développer correctement son récit (et de le conclure). Mais, surtout, il permet d'aller plus loin que le roman ne l'a jamais été.


The Man in the High Castle est une oeuvre uchronique qui démarre en 1962 - c'est également la date de publication du livre, rigolo, non ? -, dans un contexte pas super jojo. L'Axe a en effet remporté la Seconde Guerre mondiale en utilisant la bombe atomique avant les Alliés.

L'intrigue se passe aux États-Unis, où l'Allemagne règne d'une main de fer sur la côte est tandis que le Japon a récupéré la côte ouest. Une zone neutre est écrasée entre les deux et comme vous pouvez l'imaginer l'ambiance n'est pas au beau fixe pour ceux qui ne se soumettent pas à la fureur du Führer ou à l'emprise de l'Empereur.

Regardez en VO, tank à faire

Et puisque l'on parle d'ambiance, évoquons-la immédiatement. La série d'Amazon dispose de nombreux points forts, mais son ambiance sombre, parfois traversée de lumière, parfois oppressante est à n'en pas douter l'un des principaux. Les décors chiadés, les costumes méticuleux, les effets spéciaux rares, mais solides ou encore la photographie - qui n'a de cesse que de s'améliorer au cours de la série - respirent véritablement la qualité et le réalisme.


Ce joli travail sur l'aspect visuel permet de renforcer une immersion de tous les instants qui fait que l'on croit au monde alternatif que nous propose la série ; l'alternance entre les dialogues en anglais, allemand et japonais aide également. Voir le quartier général nazi, un immense immeuble surmonté d'une croix gammée, en plein New York, ou des navires de guerre japonais passer sous le pont du Golden Gate, ne laisse assurément pas de marbre.

Il faut dire qu'en tant que produit d'appel pour inciter les gens à s'abonner à Prime Video, The Man in the High Castle jouit assurément de moyens financiers conséquents et de producteurs qui savent ce qu'ils font. On parle notamment de Ridley Scott (est-il bien utile de décliner sa filmographie ?) et de Frank Spotnitz (un vétéran notamment passé par The X-Files et qui fait ici également office de créateur).

Un peu de science-fiction qui fait Führer

Mais revenons rapidement au scénario si vous le voulez bien. Plutôt que de seulement dessiner l'uchronie d'un monde où les Alliés n'auraient pas renversé Hitler, K. Dick - fidèle à lui-même - y a mélangé de la science-fiction. En effet, et sans trop en dire, un mystérieux film où l'on peut voir les Alliés remporter la guerre (comme dans notre monde à nous, quoi) fait son apparition. Intriguées, les différentes forces en présence vont tenter de s'en emparer. Impossible de vous en dire plus sans divulgacher, mais "les forces en présence" ne vont pas y aller de main morte, promis.


Le show suit donc plusieurs personnages dans tous les camps. Cette volonté de proposer plusieurs points de vue est, sans surprise, très intéressante. À la fois pour son côté historique alternatif qui aborde bien des sujets (le traitement des perdants et des minorités, la “race aryenne”, le décès de la culture américaine...etc.), mais aussi pour la richesse de l'intrigue (il va y avoir des conflits, des trahisons, des morts...).

« Il n'y a pas deux séries comme The Man in the High Castle »


Même si au premier abord on pense avoir affaire à une oeuvre assez manichéenne (les nazis c'est pas super sympa, en général), au fil des saisons les personnages et leurs motivations évoluent énormément. Tous sans exception sont très régulièrement tiraillés entre leurs allégeances, besoins et croyances, et suivre leurs pérégrinations dans ce contexte riche est fascinant. Pour cela il n'y a pas deux séries comme The Man in the High Castle.



Si je ne devais citer qu'un exemple, ce serait celui de John Smith, incarné par l'impeccable Rufus Sewell. Cet ancien soldat américain est désormais un officier à hautes responsabilités pour le Reich. Comprendre comment et pourquoi il en est arrivé là, voir ce qu'il accepte ou refuse de faire ou encore comment son comportement affecte sa famille et le peuple, sont autant d'éléments qui font que ce personnage pourtant détestable à première vue est passionnant à suivre.

Une intrigue qui ne se termine pas "à la Reich"

(Si vous avez saisi ce jeu de mot, vous faites parti des 7,8% de la population ayant un humour qualifiable de "limite-limite".)

The Man in the High Castle n'est pas une série d'action, non. C'est en allant plus loin qu'elle s'est faite aimer. Il y a de l'action, bien entendu. Notamment sous la forme de morts assez nombreuses et parfois surprenantes.

Mais il s'agit avant tout d'un show “historique” et politique d'une belle richesse. Peut-être que la série, relativement bavarde et dotée d'un rythme plutôt posé, ne conviendra pas à tout le monde. Cependant le show parle rarement pour ne rien dire et l'écriture des dialogues, comme celle du scénario, est à l'image de l'ensemble : solide.

C'est d'ailleurs ce mot, “solide”, que je retiendrais si je ne devais en user qu'un pour résumer cette série Amazon, tant elle l'aura été du début à la fin.


Cette série est pour vous si :

- Vous aimez les uchronies, même avec des nazis
- Vous voulez une série bien développée sur le fond comme sur la forme
- Vous aimez les personnages riches et les enjeux complexes

Cette série n'est pas pour vous si :

- Voir des croix gammées partout ça ne va pas le faire
- Vous recherchez une série avec beaucoup d'action
- Vous ne voulez pas de SF dans vos séries “historiques”

Au cas où je n'aurais pas été assez clair, les 4 saisons de The Man in the High Castle sont disponibles sur Amazon Prime Video.

Modifié le 08/12/2019 à 19h45
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