Accusée d'espionner ses salariés, Google se met à dos les représentants syndicaux américains

03 décembre 2020 à 11h11
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Le National Labor Relations Board, une branche indépendante du gouvernement américain coordonnant les efforts des organisations syndicales aux États-Unis, a déposé une plainte contre Google. Le géant du Web est accusé d'avoir espionné ses employés et d'avoir licencié deux d'entre eux, le tout de manière illégale.

Contrer les mouvements de grève en les éradiquant à la source, c'est semble-t-il, la technique employée par Google. Cela n'est d'ailleurs pas sans rappeler certaines manœuvres d'Amazon, elle-aussi accusée d'espionner ses employés au sein des entrepôts.

Des licenciements abusifs ?

Laurence Berland et Kathryn Spiers, deux ex-employés de Google, ont été licenciés en fin d'année dernière. À l'époque, Laurence Berland envisageait d'organiser un mouvement de grève suite à la décision de la direction d'engager la société IRI Consultants. Cette firme est précisément spécialisée dans la mise en place de mesures visant à enrayer les mouvements de contestation en entreprise.

Laurence Berland aurait été surpris en train de consulter l'agenda de ses collègues afin de déterminer le meilleur moment pour organiser ce mouvement de grève. Il a été accusé d'avoir accédé à des informations confidentielles.

De son côté, Kathryn Spiers avait créé un pop-up s'affichant sur l'écran des employés s'étant rendus sur le site d'IRI Consulting. Ce dernier indiquait : « Les employés de Google ont le droit de prendre part à des activités de groupe de manière protégée ». Ses employeurs ont estimé qu'elle a entravé la politique de sécurité de la société.

Aussi, Google s'est mis a dos le National Labor Relations Board qui soutient officiellement ces deux employés et a déposé une plainte formelle à l'encontre du géant. Google pourrait ainsi être amené à indemniser, voire de ré-embaucher les employés concernés.

Des décisions manageriales de plus en plus contestées

Après deux décennies de transparence auprès sa masse salariale, la direction de Google souhaite mieux s'armer face aux plaintes de plus en plus fréquentes de ses employés.

De fait, en 2018, l'entreprise a dû essuyer les critiques de ses équipes suite au projet Maven, visant à développer des algorithmes d'intelligence artificielle pour l'armée américaine pour équiper des drones d'attaque. Une pétition avait recueilli plus de 3 100 signatures.

Les employés de Google ont également manifesté leur surprise suite à la gestion de la fin de contrat d'Andy Rubin, à l'origine d'Android : Google lui a versé 90 millions de dollars et l'aurait couvert alors qu'il était au cœur d'une enquête pour harcèlement sexuel, en 2018. 20 000 employés et contractuels étaient alors descendus dans la rue pour manifester leur désapprobation.

On se souvient également qu'un groupe d'employés avait manifesté son mécontentement face au projet Dragonfly. Ils avaient co-signé une lettre implorant la société de ne pas rouvrir ses activités en Chine en développant un moteur de recherche volontairement censuré pour respecter les lois locales.

Source : The Verge

Modifié le 03/12/2020 à 11h30
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