Voitures sans conducteur : les constructeurs auto anticipent les virages

le 03 septembre 2015
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Google et Apple mènent leurs expérimentations autour des voitures sans pilotes. Uber et autres BlaBlaCar tentent de promouvoir des moyens de déplacements moins lourds. Face à ces changements, les constructeurs disposent encore de cartes à jouer.

Villes saturées, coût d'un véhicule important ou encore la faible utilisation quotidienne d'une voiture sont autant de raisons qui permettent d'expliquer les offensives de géants de l'informatique dans le secteur de l'automobile. Aux Etats-Unis, Google mène actuellement des tests en conditions réelles de son véhicule autonome. De son côté, Apple peaufinerait son projet Titan, une voiture connectée dont les détails sont pour le moment relativement secrets.

L'ambition de ces acteurs traditionnels du Web ou de l'informatique est volontairement hégémonique. En proposant de nouveaux moyens de déplacement, Google entend permettre aux individus de dégager davantage de temps pour qu'ils utilisent d'autres services du groupe (et accessoirement aient facilement accès à des contenus publicitaires). Google complète ainsi sa vision de permettre aux hommes de vivre mieux en limitant par exemple les accidents routiers.

Apple, quant à lui, tente de développer au travers de ses appareils des plateformes faciles d'utilisation. Une approche « user friendly » que la marque pourrait vouloir appliquer à l'automobile. Si d'autres acteurs du secteur comme Tesla ou Uber font également bouger les lignes, les constructeurs traditionnels n'ont pour autant pas rendu les armes.

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Le logiciel est central



Selon les conclusions d'un rapport édité par le cabinet A.T. Kearney, le marché du véhicule autonome est promis à un bel avenir... mais pas avant 2035. A cet horizon, il pourrait générer 500 milliards d'euros, pour l'industrie automobile.

Remi Cornubert, responsable en charge de l'Automobile au cabinet A.T. Kearney explique : « Le modèle actuel est en bout de course car les villes sont complètement saturées. On perd beaucoup de temps à ne rien faire et trop de véhicules restent inutilisés. L'industrie fait donc face à un changement de paradigme. Elle a besoin de compétences en interne pour accompagner cette transformation mais devra passer par des partenariats ou des rachats ».

Les constructeurs traditionnels n'ont pourtant pas attendu les expérimentations des groupes américains pour travailler sur les voitures connectées. Peugeot Citroën a par exemple signé un partenariat avec IBM afin de permettre l'analyse et le traitement des informations produites par les voitures connectées. D'autres acteurs du milieu, comme Michelin, réfléchissent également aux enjeux en termes de mobilité par le prisme du « challenge Bibendum ».

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De nombreux acteurs, mais les constructeurs demeurent centraux


Côté IT, le virage a également été anticipé. Des groupes comme Atos développent des solutions spécifiques à l'analyse de la mobilité et des voitures connectées. L'objectif est de proposer aux sociétés disposant de flottes de véhicules de rationaliser cette ressource via l'analyse des habitudes de chacun, du trafic, du diagnostic de la voiture...

Remi Cornubert précise : « le logiciel va être la clé car c'est lui qui va fournir toute l'intelligence. En cela le modèle proposé par Tesla est intéressant car la marque améliore ses véhicules régulièrement grâce à des mises à jour de son système. Les voitures intègrent ainsi de nouvelles fonctionnalités, ce qui représente une rupture au regard de ce qui se faisait auparavant ».

Une évolution lente



Si le marché automobile devrait connaître une évolution dans les prochaines années, celle-ci devrait se faire par strates. Les prochains véhicules devraient dans un premier temps disposer d'outils permettant d'automatiser une partie de la conduite, avant que le conducteur ne disparaisse totalement.

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D'ici 2035, les routes aussi devront être connectées


Selon A.T Kearney, les « robots conducteurs » ne sont donc pas pour aujourd'hui d'autant que plusieurs freins subsistent. En Europe, les législations ne sont pas encore prêtes à encadrer l'absence de conducteurs. Côté constructeurs, les travaux de standardisation, en particulier en termes de communication, demeurent difficiles.

Reste enfin la sécurité de ces véhicules. Un point encore, noir comme l'ont récemment démontré plusieurs hackers. Certains d'entre eux ont été capables de prendre le contrôle d'une Jeep Cherokee. Suite à leur démonstration, Charlie Miller et Chris Valasek ont intégré Uber et sa division chargée de développer des voitures sans chauffeurs. La société a d'ailleurs déjà entamé des tests en circulation depuis le mois de mai.

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Modifié le 01/06/2018 à 15h36
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