XML : un langage universel pour l'internet et le commerce électronique

Par Jérôme Bouteiller
le 02 avril 2000 à 00h00
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XML est ce nouveau langage normalisé par le W3C depuis le 10 février 1998 et déjà largement supporté par la plupart des éditeurs de logiciels. Les instituts de normalisation jouent déjà un rôle important dans son évolution. Bien plus qu'un nouveau langage

XML est ce nouveau langage normalisé par le W3C depuis le 10 février 1998 et déjà largement supporté par la plupart des éditeurs de logiciels. Les instituts de normalisation jouent déjà un rôle important dans son évolution. Bien plus qu'un nouveau langage

Les bases de XML et l'offre des éditeurs

Les travaux qui ont mené à l'élaboration de XML se sont appuyés sur SGML, normalisé par l'ISO en 1986. Les éléments qui font de SGML un langage complexe ont été revus afin de faire de XML un langage adapté à un usage plus vaste. Ainsi, la technologie de lecture de documents XML ("parsing") est parfaitement maîtrisée par les éditeurs qui proposent aujourd'hui une large gamme d'outils apte à traiter XML de façon native :
- des bases de données XML (Oracle8i),
- des parseurs XML (IBM XML4J),
- des serveurs de stockage XML (ObjectDesign eXcelon),
- des serveurs d'application XML (Bluestone XML Server),
- des navigateurs XML (Microsoft IE5)
- des éditeurs XML (Visual XML).

Le rôle des instituts de normalisation

On voit apparaître des consortiums d'entreprises (souvent utilisatrices) par secteurs d'activité pour définir les vocabulaires XML dédiés. Ces vocabulaires ont pour fonction de définir au sein d'un secteur d'activité un terrain d'échange d'informations s'appuyant sur XML et de faciliter le partage de données. Les instituts de normalisation, notamment le W3C, jouent un rôle primordial pour assurer l'évolution de XML en ce sens. Ils organisent et valident le travail de ces consortiums, afin de garantir un large support des standards dans l'industrie. C'est ainsi que les langages dérivés de XML et dédiés aux secteurs de la finance et de la chimie sont déjà apparus.

Une méthodologie conduisant à une spécialisation des développeurs

XML contraint le concepteur à séparer le contenu d'un document (ses données et sa structure) de sa représentation physique (sur l'écran d'un PC, sur une imprimante, sur l'écran d'un téléphone portable, etc.), ce qui implique l'amélioration de la qualité des applications et une spécialisation des acteurs :
- Architecte documentaire : il établit la relation entre les documents, définit les données communes au sein d'un référentiel, décrit les structures types de documents appliquées à l'entreprise, applique les normes de son secteur d'activité.
- Architecte d'application : il définit les modes de gestion des données et documents, choisit et qualifie les composants applicatifs adaptés à l'entreprise, organise leur collaboration en vue d'établir une cartographie de composants apte à fournir la qualité de service attendue.
-Architecte de réalisation : il définit l'aspect physique des documents en tenant compte des besoins du lecteur et de son support de lecture.

Le choix de XML pour ses qualités

Sur le plan de l'intégration des applications (EAI), l'utilisation de XML permet de concentrer les efforts de développement sur l'information à échanger et non sur son format, le respect du format étant confié au parseur XML. De nombreux ponts entre applications du marché s'appuyant sur XML exploitent déjà cette qualité.

Sur le plan des données, le parseur XML est chargé de contrôler que les données sont bien formées voire valides lorsqu'elles s'appuient sur une DTD. L'utilisation optionnelle d'une DTD permet d'encadrer le rédacteur du document et ainsi d'homogénéiser la production en vue de faciliter son retraitement. Par cet aspect, XML deviendra l'outil indispensable des applications de gestion des connaissances, en fournissant les guides nécessaires à la production d'information structurée, tout en autorisant une extension des structures.

Sur le plan de la représentation physique, les premières implémentations de XSL, qui n'est autre qu'un langage XML, offrent d'intéressantes perspectives pour la réalisation d'outils de reporting adaptés à l'environnement de consultation, mais sans que cela n'impacte le contenu des documents XML.

XML propose ainsi un format de données homogène tout au long de la chaîne de traitement des informations : échange de données, structuration et représentation physique. Le système d'information se présente ainsi sous un aspect homogène, ce qui facilite son intégration aux processus du commerce électronique.

Concernant les sites Web, qu'ils soient réservés à l'entreprise (Intranet), ou publics (Internet), l'usage de XML entraîne une rigueur dans la conception, mais surtout permet d'offrir une richesse de services à moindre coût. Il propose par exemple d'étendre les modes de navigation (XLink, XPointer) et de dépasser ainsi les limites de l'hypertexte.

Enfin, la simplicité des règles d'écriture de XML le rend moins complexe que HTML qui s'appuie sur un jeu défini de balises et de règles de construction strictes à apprendre. Par contre, l'aspect générique de XML en fait un langage difficile à appréhender dans la mesure où il confie aux trois profils d'architectes identifiés plus haut le soin de définir eux-même les règles d'écriture des documents.

En conclusion, ses qualités font de XML un composant essentiel des systèmes d'information. L'ASCII et plus largement Unicode jouent pour les codes de caractères ce que XML jouera demain pour les informations. Gageons qu'il se répandra au rythme du e-businness à l'expansion inexorable pour lequel il semble avoir été conçu.

Techniques mûres, outils abondants, simplicité et puissance : il n'est plus aujourd'hui que le manque de compétences disponibles sur le marché qui puisse freiner l'essor de XML.
Juin 1999, Michael TARTAR, Consultant Euriware, mitartar@euriware.fr

Glossaire

DTD : Document Type Definition. Annexée au document principal, c'est une description formelle optionnelle. On y définit les règles syntaxiques que devra respecter le document. C'est aussi là qu'on définit les concepts et les balises qu'utilisera le document. La DTD n'est pas obligatoire, mais dans ce cas, le respect des règles basiques de XML devra être encore plus strict.

HTML : HyperText Markup Language. Language hypertexte à balises, parfaitement adapté au web, il décrit très bien la forme d'un document, mais se révèle très limité quand on veut en respecter la logique. La version actuelle, la 4, n'est pas encore implémentée par tous les navigateurs.

INSTANCE : Document présenté en XML, composé d'une arborescence, d'éléments balisés et de liens vers toutes sortes d'objets (sons, vidéos, fichiers, autres liens...)

PARSER : Interprétateur XML. Valideur, il vérifie que l'instance est conforme à la DTD et à la spécification XML ; non-valideur, il vérifie que l'instance est bien formée.

SGML : Standard Generalized Markup Language. Décrit un document en séparant sa structure logique de sa forme. Idéal pour les recherches et présentations rationnelles, mais très peu convivial, complexe et très lourd à mettre en place, il nécessite plusieurs catégories de logiciels pour fonctionner. Les coûts de développement n'en sont que plus élevés. De lui dérivent HTML et XML.

XML : eXtensible Markup Language. Ainsi nommé car le nombre de ses balises est extensible à volonté, selon la nature du document à présenter, pour peu qu'elles aient été définies dans la DTD.

XLL : eXtensible Link Language. Langage de description des liens hypertextes en XML. Deux composantes : XLink, pour des liens classiques, ou bidirectionnels, ou multiples, ou vers des bases de liens ; et Xpointer, vers des éléments, des chaînes de caractères, ou d'autres parties d'un document XML.

XQL : eXtensible Query Language. Langage de recherche dans une arborescence XML. Il reconnaît la structure du document, et décrit ses propres critères de recherche : sous-éléments à rechercher dans un élément, par exemple.

XSL : eXtensible Style Language. Langage de description des feuilles de style XML : fonte, couleur, taille et apparence y sont définies. La puissance d'une description XSL est telle que le document sera compris par toutes les applications.
Juin 1999, Nicolas ROBAUX
Modifié le 01/06/2018 à 15h36
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