eduPad

01 juin 2018 à 15h36
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Citation :

''Lorsqu'on démarre une entreprise, on se demande toujours si on a la légitimité pour le faire. Moi je pense qu'à un moment donné, il faut avoir du bon sens.”



  • Nom : eduPad
  • Activité : développement d'applications éducatives
  • Création : mai 2010
  • Localisation : Paris
  • Fondateurs : Daniel Jasmin, Jérôme Serre
  • Effectifs : 2 associés, 6 salariés
  • Mise de départ :
  • Clients : élèves du primaire et collège et entreprises
  • Modèle économique : vente des applications
  • Chiffre d'affaires : 500 000 euros en 2013
  • Equilibre : oui
  • Salaire du patron : non communiqué
  • Levée de fonds : non
  • Concurrents : Chocolapps
  • Projets : développer les applications en Afrique


Savoir son cours sur le bout des doigts


Daniel aime tellement entreprendre qu'il en a fait son métier. A eduPad bien sûr, dans d'autres sociétés, et même lorsqu'il joue au volley. Pour lui, c'est la meilleure façon d'avoir gagné la liberté.


Il existe des fondateurs de start-up impétueux qui, refusant l'autorité, lâchent leur formation en cours de route. et commencent dans un garage ou dans leur chambre. D'autres, quand ils se lancent, sont plus méthodiques, qualifiés, expérimentés. C'est plutôt dans cette deuxième catégorie que se range Daniel. Physicien de formation, il se spécialise dans le plasma et les gaz ionisés, chacun son dada. En 1995, au même moment qu'il découvre Internet, il poursuit sur un MBA en physique, en management, et en finance. Plus tard, il enseigne la physique pendant deux ans en Turquie.

Avant de vendre ses applications éducatives en 2010, au sein d'eduPad, Daniel se fait surtout connaître des entrepreneurs avec ExploLab. Encore active aujourd'hui - c'est le cocon d'eduPad -, cette structure voit le jour en 2007 de la rencontre avec Jérôme, futur compère et associé. ExploLab c'est un incubateur hébergeant des embryons d'entreprises qui, en échange d'un apport de 10 000 euros, prend de 20 à 40% du capital. C'est ainsi que, de fil en aiguille, ils accumulent assez de fonds pour porter eduPad. « L'idée était de gagner de l'argent pour investir dans les start-up. »

La sainte tablette


Mine de rien, eduPad centralise à ce jour 160 applications disponibles dans tous les environnements mobiles et utilisées par 2 millions d'élèves. Si ces applis n'étaient conçues que par des enseignants, nul doute que les élèves les sècheraient comme des cours. L'un des secrets d'eduPad est d'avoir fait appel à des développeurs de jeux vidéo. Et là ça leur parle plus, aux élèves. Ces mécaniques ludiques servent à les engager. Lorsqu'ils reçoivent un trophée, même virtuel, ils continuent à jouer pour en amasser de nouveaux.

« Nous avons conçu quelque chose de simple, le plus maigre possible, pour que l'apprentissage dure le moins longtemps possible », explique Daniel. Il raconte cette anecdote : « Un enfant autiste avec trois ans de retard s'est mis à utiliser nos applications après avoir testé plusieurs autres méthodes pédagogiques, sans succès. Il a découvert alors une nouvelle façon d'apprendre car elle était courte et ciblée, lui évitant de se déconcentrer. Finalement il a réussi à combler en partie son retard. » Quand l'enfant n'est pas contraint et qu'il décide lui-même de son cours, l'apprentissage serait plus efficace. Et ces applis sont en ligne avec les programmes officiels.

Dire que tout cela est parti d'un sacré pari. Il faut rappeler que la société a été enracinée, en 2010, dans une terre inconnue : l'iPad - personne ne prédisait que la tablette s'écoulerait à plus de 200 millions d'unités dans le monde, en moins de quatre ans. Mais Jérôme et Daniel étaient persuadés que cela marcherait. « Nous avions travaillé auparavant sur les tablettes PC et identifié les freins à l'adoption. Puis l'iPad est arrivé, comme un ovni. Il avait tout compris », s'enthousiasme encore l'entrepreneur. C'est cette simplicité qui transformerait le projet en succès.

Un peu de bon sens !


Une entreprise se crée « d'échecs en succès », rappelle Daniel. L'ancien physicien en a gardé le champ lexical et sait qu'une innovation « induit des résistances ». En clair, lorsque des personnes ont pris l'habitude d'un usage, il n'est pas toujours évident d'en changer. A moins que cet usage s'impose de lui-même, qu'il devienne comme une évidence. C'est la démarche de Daniel. Rien n'est écrit à l'avance et lorsqu'on entreprend, on navigue parfois à vue.

D'où la nécessité d'embarquer une sérieuse dose de bon sens. « Quand j'ai démarré Weborama, j'étais convaincu que je n'avais pas l'expertise, alors je l'ai travaillée pendant trois ans, mais avais-je fini par l'obtenir ? », se demande encore Daniel. Comme les choses se passent bien, il peut l'affirmer : « Il n'y a pas de raison qu'on ne réussisse pas à accomplir quelque chose parce qu'on a une formation X ou Y. A un moment donné, on a du bon sens. »

Justement, comment commence-t-on à étudier la transformation d'un gaz en plasma pour enchaîner sur la transmission de connaissances éducatives à des enfants via une tablette ? Pour Daniel, la physique est le terrain de la transformation et de l'expérimentation. « Un phénomène que je ne comprends pas, je vais le tester pour le comprendre. C'est un concept hyper prégnant dans l'innovation », explique-t-il, et puis « les entrepreneurs venaient de la physique car c'étaient les premiers utilisateurs du Web, avant qu'il soit le Web ».

Coeur d'entrepreneur

Daniel a tellement embrassé le monde de l'entrepreneuriat qu'aujourd'hui, il gère « en même temps » une quinzaine de projets, au sein d'ExploLab. « J'injecte là où je peux apporter de la valeur », dit-il. Pourtant, il soutient que depuis qu'il entreprend, il a « repris la maîtrise de son temps ». C'est vrai, sauf que lui a choisi de l'occuper à 100%. « Quand on est salarié, on a des horaires, des réunions, et le temps est accaparé par ça », estime Daniel.

Père de trois enfants, qui « ont l'impression que papa travaille tout le temps », l'entrepreneur peut « choisir de ce qui est prioritaire, ce qui a un impact direct sur la famille ». « Si on juge que la priorité est d'accompagner ses enfants, on le fait », apprécie-t-il. Il partage pourtant avec eux le constat qu'il travaille énormément, mais il estime partager plus de moments avec eux. Pas question, en somme, que Daniel redevienne salarié, c'est « trop risqué ».

En entreprise aussi, il entreprenait. Il appelle ça l' »intrapreneuriat ». Pour Daniel, il est aussi dur de prendre des risques au sein d'un grand groupe que lorsque l'on démarre « from scratch » avec sa start-up. « N'importe qui peut démarrer des choses, mais en entreprise, il faut répondre à sa hiérarchie et il peut en coûter sa place », souligne ce patron, qui préfère être à son compte.

Même lorsqu'il s'amuse, il entreprend. Quand on demande à Daniel ce qu'il fait pour se détendre, il sourit, et répond : « Je m'occupe de mes enfants, et je joue au volleyball... j'ai d'ailleurs monté quelques clubs en entreprise ». C'est à se demander si ça n'est pas entreprendre, qui l'amuse vraiment. Il ajoute en pincer pour la complexité, qu'il adore réussir à transformer.

« J'ai en tête l'image du Génie de la Bastille, sur un pied, un peu en déséquilibre, il porte la flamme dans une main mais n'est pas sûr que cela éclaire, et on ne sait pas s'il va s'envoler ou se casser la binette », livre l'entrepreneur. Mais Daniel oublie de mentionner que ce Génie tient aussi, dans sa main droite, un morceau de chaîne brisée. Symbole de la liberté.


Thomas Pontiroli
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