SpaceX prépare son nouveau décollage de Starship ! Objectif, tester son impressionnant bouclier

Eric Bottlaender
Par Eric Bottlaender, Spécialiste espace.
Publié le 23 mai 2024 à 19h02
Starship est la plus grande fusée au monde actuellement (121 mètres de haut) © SpaceX
Starship est la plus grande fusée au monde actuellement (121 mètres de haut) © SpaceX

Deux mois après le vol précédent, les équipes de SpaceX sur la Starbase, au Texas, sont sur la dernière ligne droite pour le quatrième décollage de Starship. Cette fois non plus, elles ne viseront pas l'orbite, mais tenteront de progresser sur les points majeurs qui permettront de rendre rapidement le véhicule réutilisable.

Ce 20 mai, c'est la vue désormais familière d'un Starship entièrement assemblé avec son grand étage propulsif SuperHeavy qui accueillait les visiteurs dans le paysage de la Starbase, la base de SpaceX sur la côte texane, à quelques encablures de la frontière mexicaine. Impossible ce jour-là de se rapprocher, car les équipes menaient un nouvel essai. Le Starship SN29 et le booster BN11 ont subi ensemble une simulation de compte à rebours, incluant le remplissage de leurs gigantesques réservoirs. Le test était réussi, selon SpaceX, ce qui devrait logiquement conduire rapidement à la campagne de vol pour ce véhicule. Elon Musk annonce le décollage pour « dans deux semaines environ », ce qui est cohérent avec les essais en vol précédents !

Si c'est le cas, les équipes de la Starbase auront à nouveau démontré qu'elles sont capables d'accélérer le rythme des décollages, passant de 4 mois à moins d'un trimestre entre les vols. Cette cadence devrait encore grimper cette année, compte tenu du nombre d'exemplaires qui sont au stade final de leur assemblage au sein de la « Starfactory », à quelques kilomètres du site d'essais.

Des progrès pour la réutilisation

Pour l'instant, chaque décollage de Starship a montré des progrès significatifs par rapport au vol précédent. Lors du 3e tir au mois de mars, le booster SuperHeavy a réussi à envoyer le Starship jusqu'aux frontières de l'espace avant de faire demi-tour et de tenter de se poser à une position précise dans le golfe du Mexique. Mais il a échoué à se stabiliser et surtout à rallumer correctement ses moteurs. L'un des objectifs de ce quatrième tir sera donc de tenter de corriger ces problèmes. En cas de succès, les équipes considèrent une récupération du booster dès le vol numéro 5. Mais il faut encore que tout s'emboîte comme prévu.

De son côté, le Starship SN29 aura lui aussi une tâche ardue, en rapport avec sa future réutilisation. Après une insertion en quasi-orbite (en réalité une trajectoire balistique qui le conduira au-dessus de l'océan Indien), il tentera de survivre, grâce à son bouclier aux 18 000 tuiles thermiques, à une traversée et un freinage atmosphérique. Lors du 3e vol, cette étape ne s'était pas bien passée, à cause notamment de problèmes d'orientation. Le Starship tournait sur lui-même, et la porte qui simulait une éjection de charges utiles ne s'était pas refermée correctement.

Les vues depuis Starship promettent en tout cas d'être particulièrement excitantes © SpaceX
Les vues depuis Starship promettent en tout cas d'être particulièrement excitantes © SpaceX

La NASA n'en perd pas une miette

Alors, l'entreprise californienne réussira-t-elle à faire mieux qu'au mois de mars ? La responsable du projet HLS pour Artemis, qui pour rappel devrait utiliser Starship pour faire atterrir les astronautes américains sur la Lune d'ici 2026 (date annoncée), attend surtout de l'industriel qu'il montre la fiabilité acquise de son système. C'est-à-dire que Starship puisse une fois de plus atteindre l'espace sans problème majeur.

Et en effet, à trop vouloir observer des améliorations à chaque vol (forcément, il reste beaucoup à prouver), il ne faudrait pas oublier l'essentiel : avant de revenir se poser, Starship doit atteindre l'espace. Souvent. Le tir qui s'annonce y participera.

Source : ArsTechnica

Par Eric Bottlaender
Spécialiste espace

Je suis un "space writer" ! Ingénieur et spécialisé espace, j'écris et je partage ma passion de l'exploration spatiale depuis 2014 (articles, presse papier, CNES, bouquins). N'hésitez pas à me poser vos questions !

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Commentaires (10)
Mr-Ragga

J’espère qu’ils vont réussir en 4 essais ils ont hyper bien avancé …

Martin_Penwald

Au 3ème vol, un des buts étaient de simuler un atterrissage de S28 après un passage dans l’espace.
Au 4ème vol, le but est de réussir la rentrée atmosphérique après un passage dans l’espace.

C’est pas le bon ordre pour tester les choses.
Ou alors il va falloir m’expliquer comment simuler un atterrissage sans rentrer dans l’atmosphère.

ebottlaender

Au 4è vol, le but est d’aller plus loin qu’au vol précédent en corrigeant les erreurs. C’était déjà le but du 3è vol également. Les erreurs du 2è étaient principalement au niveau du 1er réallumage des moteurs du booster principal, et ça a été corrigé. Egalement, Starship n’avait pas pu arriver en quasi-orbite à cause d’un incendie menant à son autodestruction → ça avait été corrigé.
Après évidemment si le véhicule arrive plus loin, le test va plus loin. Pour ce 4è vol, SpaceX (et notamment son fondateur) a clairement exprimé son objectif de corriger les points principaux pour récupérer booster et véhicule : le freinage dans la dernière phase pour le booster, et la rentrée atmosphérique pour Starship.
Soit les deux points qui avaient raté au 3è vol.

C’est plus clair ?

Martin_Penwald

C’est pas ma question.
Ma question est : pourquoi SpaceX n’a pas eu l’air de se préoccuper de la rentrée atmosphérique lors du vol 3 alors que ça a eu l’air de complètement foirer, surtout si le plan impliquait une manœuvre qui nécessitait que cette rentrée se passe sans problème ?

C’est bien beau de procéder par itérations, mais il faudrait penser à tester les choses dans l’ordre.
C’est comme si je cherchais à atteindre la vitesse maximum avec une voiture dont les roues ne sont pas encore fixées.

ebottlaender

Je vous ai déjà donné la réponse : SpaceX s’est déjà préoccupé de la rentrée atmosphérique lors du vol 3, car Starship a pu dépasser les étapes du vol 2 (la mise en quasi-orbite).

Je ne sais pas où vous avez lu que SpaceX ne s’en était pas préoccupé…

Schématiquement, on peut dire que le plan de vol est le même depuis le vol n°1 en avril 2023. Il y a 5 étapes (décollage, mise en quasi-orbite, atterrissage booster, rentrée atmosphérique, atterrissage Starship).
Lors du 1er vol, ils ont réussi l’étape 1, c’était l’objectif principal, même si ça a été chaotique.
Lors du 2è vol, étape 1 et pas tout à fait étape 2.
Lors du 3è vol étape 1 et 2 validées, ça bloque aux étapes 3 et 4.
Lors du 4è vol, l’objectif principal est donc de s’attaquer aux 3 et 4.
Si les 3 et 4 réussissent, le starship est équipé pour la 5.

hellcat1944

Un feu d’artifice polluant et cher.

xryl

Remarque très intéressante.

Chirokee

Pas très original. Tous les lancements sont ainsi et je ne parle même pas de ceux qui mettent en jeux des boosters solides de grande puissance. Et entre nous, crois-tu que tous les missiles lancés dans les conflits en cours - ainsi que tous les essais à longueur d’année partout dans le Monde - soient pavés de roses ?
Faut-il cesser toute recherche spatiale ?

Martin_Penwald

Tiens, en parlant d’objectifs, qu’en est-il du transfert d’ergols ? Je n’ai pas vu d’article qui explique si ça a marché.

ebottlaender

Ca a fonctionné, ils en parlent un peu dans l’article qui est en source du mien. La NASA l’avait confirmé dans une slide sur Artemis, mais ils n’en ont jamais fait des caisses non plus.