Patrice POIRAUD : IBM et le Grid Computing

23 mai 2002 à 00h00
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JB - Monsieur Patrice POIRAUD, bonjour. En quelques mots, pouvez vous me présenter votre parcours ?

PP - Bonjour. Je suis directeur marketing logiciel chez après avoir été chef de projet informatique. Avant de rejoindre IBM, j'ai travaillé chez Unilever, dans la distribution de produits surgelés.

Jb - Pouvez vous expliquer le concept du Grid Computing ?

PP - Le Grid Computing, c'est un peu comme le marché de l'énergie, mais appliqué à la capacité de calcul. Qu'elles soient thermiques, éoliennes, nucléaires ou hydrauliques, des centrales produisent de l'électricité qui est distribuée aux consommateurs. Le réseau de distribution met en commun la capacité de production pour pouvoir livrer les clients. Le Grid computing adopte le même principe. Si une entreprise a un calcul complexe à faire, cela peut durer une journée entière. Si elle fait appel aux capacités de calcul sur d'autres machines, le calcul peut être réalisé en deux heures. Cette technologie est utilisée dans la recherche pétrolière, les universités ou encore les laboratoires de recherche.

JB - Techniquement, ce sont des grappes de serveurs reliées par internet ?

PP - Ce sont des ordinateurs, soit reliés par le net, soit reliés localement. Ensuite, il y a des logiciels normalisés par l'OGSA pour permettre ce calcul distribué, le monitoring et la gestion des ressources.

JB - SetiAtHome était du grid computing ?

PP - Ce projet peut être qualifié de "pre" grid computing en effet.

JB - Le temps des supercalculateurs comme Deep Blue est révolu ?

PP - Non, un de nos concurrents (ndlr : Nec) continue d'en produire. Il y a deux choses économiquement différentes. Certaines entités préfèrent disposer de leur propre super calculateur tandis que des laboratoires de recherche ou des universités, avec des moyens plus limités, auront recours au Grid Computing. J'ajoute d'ailleurs qu'on peut parfaitement trouver un supercalculateur dans un réseau Grid.

JB - Tout comme pour Linux et Internet, les universités et les chercheurs sont les premiers à utiliser cette technologie. Quelles sont les applications ?

PP - Pour l'instant, les applications sont tournées vers le calcul 75 000 ordinateurs participent au decryptage du génôme au sein du "decrypthon" et il existe de nombreuses applications scientifiques dans la recherche pétrolière, la météorologie, la connaissance de la matière ou encore la recherche nucléaire.

JB- Que peuvent en tirer les entreprises ? créer leur propre réseau Grid ou s'appuyer sur les ressources en ligne ?

PP - Aujourd'hui, les micro-ordinateurs d'une entreprise ne sont pas toujours utilisés à 100% de leurs capacités. L'idée du grid computing est d'utiliser et d'optimiser la capacité de la puissance informatique d'une entreprise.

JB - Quels sont les liens entre les réseaux Grid et le concept de Web Services ?

PP- L'OGSA (Open Grid Services Architecture), l'organisme chargé de normaliser le Grid Computing, travaille sur des sujets comme la gestion des ressources ou encore le monitoring, avec des protocoles divers et variés. L'idée de l'OGSA est de s'appuyer sur les mêmes protocoles que ceux des web services (WDSL, SOAP, UDDI, XML, etc...) pour le développement du Grid Computing. Mais la différence, c'est que les web services sont persistants tandis que le Grid Computing correspond à des utilisations ponctuelles. Marier ces deux problématiques est une question tant technique que commerciale.

JB - Le modèle de la "location" ne se limite donc pas qu'au logiciel ? il s'applique aussi à la puissance de calcul ?

PP - Exactement. Tout comme les entreprises sous-traitent souvent la messagerie (modèle ASP), elles peuvent "louer" à des entreprises comme IBM de la puissance de calcul. Nous pouvons facturer très précisemment à l'opération par exemple.

JB - Quelle est l'offre IBM en matière de grid ?

PP - Aujourd'hui, notre offre couvre aussi bien le matériel (x-series, p-series), que les logiciels et les services. Nos dernieres annonces Websphere supportent les les initiatives Grid Computing.

JB - Souhaitez vous ajouter quelque chose ?

PP - IBM continue d'être un innovateur, tout en respectant les standards de l'industrie informatique. Nous dépensons 6 milliards de dollars par an dans la recherche et le développement et nous déposons de nombreux brevets. Au délà des discours, nous sommes un acteur concret du développement de cette industrie.

JB - Monsieur Poiraud, je vous remercie.
Modifié le 18/09/2018 à 14h10
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