Réforme de l'audiovisuel : une holding toujours en cours, mais Arte préfère garder son indépendance

31 août 2019 à 09h52
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Les chaînes concernées vont découvrir la semaine prochaine le contenu de la loi audiovisuelle, qui laisse toujours perplexe Arte.

Attendue par les uns, redoutée par les autres, la grande réforme de l'audiovisuel public français va doucement arriver à son terme. Il reste tout d'abord l'étape de la présentation des grandes lignes de la loi audiovisuelle par le ministre de la Culture Franck Riester aux professionnels du secteur (chaînes, représentants et associations) avant son examen en Conseil des ministres, au début du mois de novembre, puis son passage par l'Assemblée nationale, en janvier 2020.

Arte pas emballée du tout par le projet de holding

Nous l'avions déjà évoqué sur Clubic, le gouvernement étudie la possibilité de rassembler l'audiovisuel public (France Télévisions, Radio France, l'INA, France Médias Monde et Arte) sous un holding. L'hypothèse n'enchante guère Arte, qui a répété son scepticisme lors de sa conférence de presse de rentrée, le 29 août, en affirmant qu'une holding est rarement créée pour « préserver l'indépendance des parties concernées ».

La constitution de cette holding entraînerait la nomination des présidents des différentes chaînes par son conseil d'administration. « Franck Riester pousse pour cette solution, mais le plus sommet de l'État n'a encore donné son feu vert (...). Il y a de grandes chances que ça se fasse, mais sur un calendrier long », confirme un spécialiste aux Échos.

La chaîne franco-allemande a par ailleurs annoncé le lancement, prévu au premier semestre 2020, d'une plateforme avec France Télévisions et les Allemands ARD et ZDF, sur laquelle seront proposés des documentaires, reportages ou magazines traduits en quatre langues.


Publicité, cinéma et piratage seront au menu des discussions

Plusieurs chantiers accompagnent la réforme de l'audiovisuel. Le premier concerne la publicité, un dossier ô combien important pour les diffuseurs. Celle sur les promotions appliquées par la grande distribution ne devraient pas être autorisées, contrairement au cinéma, qui pourrait être toléré. La publicité segmentée, elle, devrait aussi être de la partie. Basée sur votre localisation, celle-ci était réclamée depuis longtemps par les diffuseurs, même si celle-ci sera strictement encadrée, pour ne pas trop défavoriser la presse et la radio. L'autorité de la concurrence avait conforté ce désir d'ouverture.


Concernant l'interdiction de diffuser des films à la télévision à certains moments, la pratique devrait être ouverte à certains jours, selon le type. Indispensable pour dégager l'illusion d'une lutte avec des plateformes comme Netflix.

Enfin, les discussions promettent d'être intéressantes et passionnées s'agissant du piratage, dont un volet est prévu dans la réforme. Des listes noires devraient être mises en place et les sites miroirs pourraient, eux, plus facilement être écartés de la Toile.

Source : Les Échos
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