Le fondateur de Huawei sort de son silence et nie en bloc les accusations d'espionnage

Alexandre Boero Contributeur
15 janvier 2019 à 19h16
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Ren Zhengfei, le fondateur de Huawei, a tenu à mettre les points sur les « i » concernant les accusations d'espionnage adressées à l'encontre de son entreprise. Une bonne fois pour toutes ?

Il est l'un des hommes les plus influents de Chine et sa notoriété est à l'image de l'entreprise qu'il a créée il y a plus de 30 ans : monumentale. Ren Zhengfei, fondateur de Huawei, est sous pression depuis plusieurs mois, secoué par les États-Unis et d'autres grandes économies mondiales qui accusent l'entreprise d'espionner les puissances occidentales pour le compte du gouvernement chinois. En prenant la parole (ndlr : ce n'est que la troisième fois qu'il s'adresse à des médias étrangers) un mois après le président de l'entreprise Ken Hu, Zhengfei espère provoquer un électrochoc, plus qu'une prise de conscience.

Zhengfei vante la politique de Trump


Ren Zhengfei, 74 ans, a tenu à écarter les accusations américaines d'espionnage tout en affirmant que Donald Trump, qui a la Chine dans son viseur, est un « grand président ». Le dirigeant chinois, qui est même allé jusqu'à saluer la décision du président américain de diminuer les impôts dans son pays, s'inquiète tout de même de la volonté des USA de faire extrader sa fille aînée Meng Wanzhou, actuellement retenue au Canada (sous de contraignantes conditions) pour des soupçons d'aide apportée aux banques dans le but de contourner les sanctions à l'encontre de l'Iran.

Forcément, cette situation maintient une tension réelle entre la Chine et les États-Unis. Et l'arrestation d'un responsable commercial de Huawei en Pologne il y a quelques jours, lui aussi accusé d'espionnage et licencié depuis, est peut-être ce qui a poussé Zhengfei à s'exprimer.
« J'aime mon pays, je soutiens le Parti communiste », affirme Zhengfei, qui a l'honnêteté de ne pas être langue de bois sur ce sujet. « Mais je ne ferai rien pour nuire au monde », concède-t-il en se justifiant de ne pas mêler ses « convictions politiques personnelles avec les affaires de Huawei ».

Pour le fondateur de Huawei, son entreprise n'est pas le centre du conflit sino-américain


L'homme d'affaires a ensuite tenté de minimiser le rôle de Huawei dans les tensions actuelles entre Pékin et Washington. Pour lui, « Huawei n'est qu'une graine de sésame dans le conflit commercial entre la Chine et les États-Unis ».

Huawei fait peur, aux États-Unis notamment. En 2018, le fabricant a dépassé Apple sur le marché des smartphones et est en train de faire fondre Samsung, chaque trimestre un peu plus. Zhengfei prédit même un chiffre d'affaires dépassant les 125 milliards de dollars en 2019, faisant encore mieux qu'en 2018, où celui-ci aurait dépassé les 100 milliards de dollars, déjà un record.

Zhengfei renouvelle sa volonté de transparence


Malgré le manque - connu - de preuves de la collaboration de Huawei avec le gouvernement chinois et en dépit de la volonté de son fondateur de montrer sa bonne foi, celui-ci paiera sans doute encore longtemps sa carrière passée d'officier de l'armée et ses convictions politiques.

En attendant, Zhengfei a promis que Huawei poursuivrait son processus de transparence en matière de cybersécurité et de confidentialité, et resterait engagé auprès des gouvernements du monde entier pour les aider à comprendre sa société, en rappelant qu'il est le « fervent partisan d'un monde où régnerait une norme technologique unifiée ». Désormais, le fondateur du géant chinois espère que les arrêts, blocages ou limitations du matériel Huawei dans divers pays du globe (USA, Australie...) finiront par cesser en 2019.

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