Sécurité, espionnage, 5G, revenus records… le président de Huawei veut rassurer

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Le 23 décembre 2018
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Ken Hu, président de Huawei

Face à la crise, symbolisée par de prétendus liens avec le gouvernement chinois, Huawei a tenu à mettre les choses au point par l'intermédiaire de son président, Ken Hu.

Le 18 décembre, Ken Hu, président de Huawei, donnait une conférence de presse depuis le tout nouveau campus de la société, à Dongguan. Le dirigeant a d'abord évoqué l'excellente santé financière de l'entreprise chinoise, dont les revenus devraient dépasser les 100 milliards de dollars en 2018. Il est ensuite revenu sur d'épineux dossiers comme ceux de la 5G, de la cybersécurité ou de l'arrestation de la directrice financière de la firme, qui renforcent la méfiance d'entreprises et gouvernements du monde entier.

5G : Huawei revendique l'expédition de 10 000 stations dans le monde

C'est le symbole d'une riposte. Huawei vit une année 2018 délicate et souffre d'une sévère dégradation de son image. La société basée à Shenzhen est soupçonnée d'entretenir une étroite relation avec les services de renseignement chinois ce qui, de fait, entraîne la méfiance de nombreuses nations comme les États-Unis, le Royaume-Uni, l'Australie, la Nouvelle-Zélande et dans une moindre mesure le Japon ou la France, pour ne citer qu'elles.

Ken Hu a d'abord mis le sujet de la 5G sur la table, en affirmant d'emblée que Huawei avait signé 25 contrats commerciaux, faisait de son entreprise le principal fournisseur d'équipements de TIC, avec l'expédition de 10 000 stations 5G. Le dirigeant a rappelé que les potentiels problèmes de sécurité ont été réglés en collaboration avec les différents gouvernements et opérateurs. Hu en a profité pour dénoncer ces problèmes comme un « prétexte » utilisé pour nourrir des spéculations qui ne reposent que sur des « considérations idéologiques ou géopolitiques ».

« Aucune preuve » d'une quelconque menace pour la sécurité

Le président de Huawei a également tenu à rappeler que la sécurité demeure la priorité numéro un de la société et qu'elle a accepté de se plier aux différents examens et filtrages des régulateurs et clients des pays au sein desquels elle est implantée. Ken Hu s'est même dit prêt à évoquer la création de centres d'évaluation de la cybersécurité dans des pays comme les États-Unis, l'Australie, le Canada, le Royaume-Uni ou l'Allemagne, pour identifier, traiter et atténuer les problèmes directement.

Hu a par ailleurs précisé, pour tenter de rassurer les différentes parties, qu'« aucune preuve n'indique que les équipements Huawei constituent une menace pour la sécurité. » Les autorités chinoises ont officiellement annoncé qu'aucune loi ne force les entreprises à installer des portes dérobées obligatoires. Huawei a de nouveau brandi sa volonté d'indépendance, d'ouverture et de transparence.

L'arrestation de Men Wanzhou ? Pas d'impact sur les activités de Huawei

Enfin, Ken Hu est revenu sur la très médiatisée arrestation - puis libération sous caution et conditions - de Meng Wanzhou, fille du fondateur de Huawei et directrice financière de la société. S'il n'a pas souhaité rentrer dans les détails, le dirigeant a précisé que l'affaire n'aurait pas d'impact sur les événements commerciaux.

Huawei maintient donc -officiellement- sa confiance dans « l'équité et l'indépendance » des systèmes judiciaires américain et canadien. Définitivement, Huawei veut rassurer. Le géant chinois y parviendra-t-il ?

Modifié le 21/12/2018 à 14h45

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