Missions Discovery : la NASA se tourne résolument vers l'exploration de Vénus

09 juin 2021 à 14h42
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Veritas Venus © JPL Caltech Nasa
Vue d'artiste de la mission VERITAS, capable de cartographier Vénus à travers ses nuages d'acide. © JPL-Caltech/NASA

Les jeux sont faits ! Après plus d’un an de débats et d’analyses comparatives, la NASA a sélectionné les deux prochaines missions du programme Discovery. Si l’exploration des lunes de Jupiter et de Neptune était envisagée, ce sont finalement les missions DAVINCI+ et VERITAS qui ont été sélectionnées, toutes deux à destination de Vénus .

Après plus de trois décennies d’absence, la NASA se tourne donc à nouveau vers notre plus proche voisine.

Doublé gagnant pour l’exploration de Vénus

Depuis le milieu des années 1990, le programme Discovery a permis le lancement de nombreuses missions robotisées généralement destinées à explorer le système solaire à un coût abordable. Parmi les plus fameuses missions Discovery, on peut citer Mars Pathfinder , Lunar Prospector, la sonde DAWN , ou encore le télescope spatial Kepler, tourné vers la détection d’exoplanètes. À l’automne 2021, la sonde Lucy devrait décoller en direction des astéroïdes troyens, suivie en août 2022 par Psyche, destinée à explorer un astéroïde ferreux de la ceinture principale.

Mais depuis février 2020, l’avenir des missions Discovery restait incertain. Quatre missions avaient été présélectionnées, pour deux places disponibles. TRIDENT proposait d’explorer Triton, la lune méconnue mais très active de Neptune. IVO (Io Volcano Observer) avait pour ambition de se rendre autour de Jupiter afin d’enquêter sur l’activité volcanique engendrée par les immenses forces de marées de la planète sur son petit satellite Io.

Suivaient ensuite deux propositions à destination de Vénus : DAVINCI+ (Deep Atmosphere Venus Investigation of Noble gases, Chemistry, and Imaging Plus) et VERITAS (Venus Emissivity, Radio Science, InSAR, Topography, and Spectroscopy). Et si certains observateurs ont longtemps pensé que la NASA pourrait choisir une mission lointaine et une mission vénusienne, c’est finalement la jumelle tellurique de la Terre qui a emporté tous les suffrages.

Vénus sur le devant de la scène médiatique

Il faut dire que ces dernières années, après la Lune et les exoplanètes, c’est véritablement Vénus qui a su attirer l’attention du public, et celle des scientifiques du monde entier. D’une part, l’épaisse atmosphère de notre voisine en fait un astre encore bien mystérieux et inaccessible, contrairement à Mars, pourtant bien plus lointaine. Si certaines sondes continuent de l'explorer , parfois en chemin vers une autre destination, Vénus continue de conserver ses principaux secrets.

D’autre part, la planète pourrait bien être un laboratoire géant pour l’étude de l’effet de serre, qui a transformé son atmosphère en véritable fournaise. Mieux connaître Vénus, et notamment son histoire, pourrait nous en apprendre beaucoup sur l’avenir de notre propre planète, mais aussi sur la catégorisation des exoplanètes, dès lors que l’on sera en mesure de détecter leur atmosphère.

DAVINCI+ NASA © Nasa
La descente à travers l'épaisse atmosphère acide de Vénus devrait prendre près d'une heure à la sonde DAVINCI+. Outre l'analyse de l'atmosphère, elle devrait pouvoir transmettre des photos en haute résolution prises à basse altitude. © GFCS/NASA

Enfin, en fin d’année dernière, la découverte – très controversée – de phosphine dans l’atmosphère de Vénus a relancé des fantasmes vieux de plus d’un demi-siècle : et si la vie était possible dans la très haute atmosphère, bien plus clémente, de la planète ? Phosphine ou pas, la seule manière d’en apprendre plus sur les conditions atmosphériques et la surface de Vénus reste encore de se rendre sur place. Et c’est ainsi que la NASA semble se positionner en validant à la fois DAVINCI+ et VERITAS.

On ajoutera également que, d’un strict point de vue médiatique, l’envoi de deux missions coup sur coup à proximité de la Terre devrait permettre à la NASA de créer une véritable effervescence autour de ce sujet, en fournissant bien plus rapidement et en bien plus grande quantité des données exploitables (et diffusables) auprès du grand public. Alors que l’agence spatiale américaine doit lutter plus que jamais pour préserver son budget scientifique face à une mission Artemis hors de prix, il s’agissait sans doute d’une décision stratégique.

DAVINCI+ et VERITAS, deux missions complémentaires

Orbiteur ambitieux, VERITAS a pour objectif de cartographier très précisément toute la surface de Vénus, dans la continuité de ce qu'avait fait Magellan , mais avec bien plus de détails. La sonde utilisera pour cela un radar à ouverture de synthèse, capable de fournir une image détaillée et en 3D du sol vénusien. Cela devrait permettre d’identifier la présence de plaques tectoniques, de volcans ou d’impacts météoritiques, par exemple. VERITAS devra aussi cartographier la planète dans la bande infrarouge, ce qui permettra de repérer des volcans actifs, et d’étudier les interactions entre la surface et l’atmosphère.

DAVINCI+, de son côté, à des ambitions moins larges. La mission devrait également se composer d’un petit orbiteur capable de fournir une imagerie, de moindre précision toutefois, et comprendra surtout un atterrisseur. Contrairement aux missions Venera de l’époque soviétique, l’intérêt scientifique de DAVINCI+ sera moins d’explorer la surface de Vénus que son atmosphère. Des capteurs disposés dans une sphère protégée viendront analyser en continu l’atmosphère vénusienne tout au long de la longue descente vers la surface, transmettant les données vers l’orbiteur. Fondamentalement bien plus courte que VERITAS, en raison des conditions infernales qui limitent la durée de vie d’un atterrisseur à quelques heures au mieux, DAVINCI+ devrait cependant apporter des réponses inédites aux questions soulevées récemment par la communauté scientifique. Ensemble, DAVINCI+ et VERITAS devraient notamment permettre de comprendre comment Vénus, sans doute une véritable jumelle de la Terre à l'origine, est devenue un « Paradis perdu » alors qu'elle se trouve dans la zone habitable de notre soleil.

Pour l’heure, le calendrier précis de ces missions n’est pas encore connu. Leur lancement devrait cependant avoir lieu vers 2028-2030. D’ici là, il n’est pas impossible que la distribution des instruments scientifiques entre les deux missions soit revue, maintenant qu’il est entendu qu’elles se dérouleront bien toutes les deux.

Source : NASA

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nicgrover
Article très intéressant mais il faudra patienter bien des années pour en savoir plus.<br /> Quelques petites erreurs dans les phrases.<br /> «&nbsp;Il faut dire que ces dernières années, après la Lune et les exoplanètes, c’est véritablement Vénus qui a su attirer l’attention du publique, mais également des scientifiques du monde entier.&nbsp;» C’est l’attention du public et non publique qui est un adjectif.<br /> «&nbsp;…de phosphine dans l’atmosphère de Vénus a relancer des fantasmes vieux de plus d’un demi-siècle…&nbsp;» Relancé et non relancer<br /> Je constate que les fautes n’ont pas été corrigées et c’est un minimum que l’on peut attendre d’un journaliste.
pecore
C’est peut être la lassitude d’entendre toujours parler de Mars, mais je suis beaucoup plus intéressé par ce qu’on pourrait apprendre de Venus. J’ai le net sentiment que cette planète est plus intéressante que le gros caillou rouge et poussiéreux dont on nous rebat les oreilles en ce moment.
smover
Hâte de voir ce qu’ils vont trouver… des traces de protomolécule ? <br /> Les projets spatiaux se multiplient en ce moment, c’est génial à suivre pour les passionnés et merci Clubic pour tous ces articles !
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