Pascal Pouquet : Venture Director chez Venturepark Paris

Jérôme Bouteiller
29 décembre 2000 à 00h00
0
Venture Director chez Venturepark Paris, un nouvel incubateur d'origine allemande, Pascal POUQUET est à la recherche de nouvelles start-up à vocation pan européenne.

JB - Monsieur Pouquet, bonjour. En quelques mots, pourriez vous présenter votre parcours ainsi que votre société Venturepark ?

PP - Avant de rejoindre Venturepark comme Directeur des Participations, j'étais Directeur Commercial de TPS, le bouquet de télévion par satellite dont j'ai été l'un des cadres fondateurs en 1996. Auparavant, j'étais consultant chez Gemini consulting dans le domaine des médias/telecoms. Venturepark est une société pan européenne, implantée à Paris, Berlin, Madrid et Munich, qui accompagne les entreprises dans leur stratégie de développement en leur apportant capital, conseils opérationnels et stratégiques et accès aux réseaux. Nous intervenons sur plusieurs types d'entreprises : sur des start up que nous aidons à émerger, sur des entreprises de la nouvelle économie ayant déjà une assise nationale et que nous aidons dans leur déploiement européen, et auprès de grands groupes que nous accompagnons dans la définition et la mise en place de leurs stratégies internet.

JB - Vous êtes soutenus par PixelPark, une filiale de Bertelsmann. Comptez vous vous spécialiser plus particulièrement dans les sites de contenu ? Quelle est votre stratégie d'investissement ?

PP - Pixelpark s'est aperçu que beaucoup de start up qui frappaient à sa porte pour développer leurs sites avaient d'abord besoin de conseils pour préciser leur vision, leurs marchés, leur business model,... Bref, il y avait besoin d'un entreprise intervenant en amont, d'où Venturepark. Nos choix d'investissement sont eux de la seule responsabilité de Venturepark, en application d'une stratégie définie avec nos actionnaires : nous ciblons prioritairement le BtoB et les solutions technologiques

JB - Vous semblez vous limiter aux projets à dimension européenne. Mais n'est-il pas parfois illusoire de pousser de très jeunes structures às'internationaliser, alors quelles ne disposent pas d'une base nationale solide ?

PP - Pour nous, le cadre européen est pertinent pour deux types d'entreprise : d'abord les start up de technologie pour lesquelles le marché cible n'est pas domestique mais, au minimum, continental. En effet, la technologie ne parle pas de langue et ne connait pas les frontières. Si une entreprise de technologie trouve son marché en France, elle le trouvera, en même temps, ailleurs en Europe. Et si elle n'y va pas, c'est la concurrence, qui est elle mondiale, qui viendra la menacer très rapidement. Bref, pour réussir, les start up de technologie doivent viser au minimum l'Europe. Nous les y aidons grâce à notre réseau; autres entreprises candidates à l'internationalisation, les champions nationaux, bien implantés localement et pour lesquels la croissance passe par le développement européen pouracquérir une masse critique. Là encore, nous leur apportons le capital et notre connaisance des marchés pour percer.

JB - BtoB, CtoC, BtoB, PeertoPeer, WAP, les modes se succèdent dans la NetEconomie. Quel est votre sentiment sur cette tendance ?

PP - Les innovations arrivent par vagues car elles correspondent à un dégré de maturation de la technologie et des marchés. Ces vagues sont amplifiées par l'engouement des médias et le comportement quelquefois grégaire des investisseurs. Mais au delà de la mode, il y a le fonds : dans chacune des catégories que vous évoquez, et qui correspondent à des innovations de technologie ou de service, vont émerger des champions. Notre rôle est de les détecter et de les aider à s'imposer.

JB - Les incubateurs sont apparus dans une phase spéculative. Votre activité peut-elle survivre en gérant des entreprises traditionnelles ? Etes vous des financiers ou des industriels ?

PP - Je crois que les incubateurs correspondent à un vrai besoin : ils apportent le capital d'amorçage, territoire largement délaissé par les autres investiseurs, et accélère, par leurs conseils et leurs réseaux, le développement des start up. Mais il est vrai que leur activité est à risque car la création d'entreprise est une activité à risque. D'où le déploiement d'une activité orientée "corporate" rémunérée par des honoraires et qui stabilise le modèle. Quant à notre nature, elle est hybride car elle est à la croisée de 3 métiers : le capital risque, le conseil et la création d'entreprise. Nos cadres, 60 professionnels en Europe, viennent d'ailleurs de ces 3 univers.

JB - Les valeurs TMT n'en finissent pas de chuter. Croyez vous à un rebond en 2001 ?

PP - Sur des cycles courts, les valeurs TMT font et continueront de faire les montagnes russes. Mais la tendance long terme est elle fondamentalement haussière. Il faut l'analyser sur 5 ou 10 ans.

JB - Monsieur Pouquet, je vous remercie.

Entretien réalisé en décembre 2000 par Jérôme BOUTEILLER
Modifié le 18/09/2018 à 14h08
0
0
Partager l'article :

Les actualités récentes les plus commentées

La Model 3 échoue lors d'une démonstration de son système de freinage autonome
Orange : un forfait 5G avec data illimitée pour 80 euros par mois pourrait être bientôt lancé
L'énergie nucléaire continue de perdre du terrain face au solaire et à l'éolien
RTX 3080 : de nombreux bugs chez les premiers acheteurs de modèles custom (MàJ)
Le code source de Windows XP en fuite sur les réseaux
Environnement : Renault vous invite à couper votre moteur devant les écoles
Un ancien cadre dévoile la stratégie de Facebook pour être aussi addictif que le tabac
PlayStation 5 : le gameplay de Demon's Souls montré par Sony ne tournait pas en 4K
Beyond Good & Evil 2 : une enquête lève le voile sur un développement chaotique
scroll top