Gronde des actionnaires Amazon, qui vend son système de reconnaissance faciale à la police

le vendredi 22 juin 2018
Amazon a développé une technologie de reconnaissance faciale très contestée, Rekognition. La firme a ainsi provoqué la colère de certains de ses actionnaires, qui n'acceptent pas la revente de ce système aux autorités américaines.

Le géant Amazon est-il entré dans le monde de la surveillance ? L'entreprise de Jeff Bezos a récemment mis au point une technologie de reconnaissance faciale, appelée Amazon Rekognition, qui permet d'identifier, de suivre et d'analyser les personnes en temps réel. Pire, elle peut reconnaître jusqu'à 100 individus à partir d'une seule et même image, dans des lieux de grosse fréquentation, comme les aéroports par exemple.

fotolia reconnaissance faciale


Une terrible entorse aux libertés et droits civils, qui tombe au moment où l'administration Trump fait des émules au sujet des migrants mexicains séparés de leurs enfants. Et ce qui a provoqué la colère d'actionnaires et employés d'Amazon, c'est la vente de cette technologie aux autorités policières et gouvernementales américaines, à laquelle ils s'opposent.

La reconnaissance faciale au service de la surveillance


Les employés d'Amazon ont été particulièrement touchés par la situation qui a provoqué la séparation de plusieurs milliers d'enfants de leurs parents, causée par la politique de tolérance zéro prônée par l'imprévisible Donald Trump. Et même si ce dernier a depuis signé un décret mettant fin aux séparations, cette fois, ce fut trop.

Au mois de mai, l'Union américaine pour les libertés civiles (ACLU) avait soulevé la dangerosité d'Amazon Rekognition. L'association, qui défend les droits de l'homme, s'était procurée plusieurs documents prouvant que le shérif du comté de Washington et la ville d'Orlando étaient devenus des clients de cette technologie, et ce depuis 2017. « Le comté de Washington a construit une base de données d'au moins 300 000 photographies d'identité à utiliser avec Rekognition », affirmait l'ACLU. Une application mobile permettrait même aux adjoints du shérif de relier l'image obtenue à la base de données à l'aide d'un simple scan.

Ce partenariat « privé-public » soulève de majeures questions éthiques, dont les employés d'Amazon ont conscience, puisque « la militarisation historique de la police, le ciblage renouvelé des activistes noirs et la croissance d'une force fédérale d'expulsion dans les violations des droits de l'homme » sont autant de conséquences que cette surveillance peut entraîner.

De nombreuses organisations protectrices des droits civiques mais aussi des membres du Congrès américains, dont ceux du Black Caucaus, critiquent et s'opposent fermement au développement et à la vente du service. Les actionnaires et employés Amazon, eux, espèrent l'arrêt de la vente du service aux autorités américaines.

Modifié le 22/06/2018 à 17h01
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