Elon Musk assure que la pollution lumineuse de Starlink restera négligeable

Eric Bottlaender
Spécialiste espace
11 mars 2020 à 09h46
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Starlink
La constellation comptera plusieurs milliers d'unités.

Dans un exercice de questions-réponses, à la keynote du salon Satellite 2020 à Washington, Elon Musk a balayé d'un revers de la main les inquiétudes de la communauté spatiale sur la constellation Starlink.

Un peu bougon

Le public de 1 200 personnes, rassemblé pour écouter Elon Musk au salon Satellite 2020 est reparti globalement déçu, le fondateur de SpaceX n'ayant pas dévoilé de grande nouveauté concernant le programme à venir de l'entreprise. Peut-être fatigué de son trajet dans l'après-midi depuis Boca Chica (au Sud du Texas), ou déçu d'avoir perdu plusieurs milliards de capitalisation à cause des difficultés de la bourse, Elon Musk a expliqué, comme il l'a déjà fait des dizaines de fois, son objectif de rendre possibles les voyages interplanétaires, ainsi que les ambitions de la constellation internet Starlink. Il estime que son système en cours de déploiement pourrait, à terme, rapporter environ 30 milliards de dollars par an, soit 5 % du marché, avec un débit qu'il n'a pas chiffré mais « suffisamment pour regarder un film ou un jeu vidéo sans difficulté ».


Un drôle de dialogue

Aux inquiétudes renouvelées de la communauté astronomique en ce début d'année (SpaceX a déjà envoyé en orbite 300 satellites Starlink), l'entrepreneur s'est voulu rassurant : « Je suis confiant, quoi qu'il arrive, nous ne causerons aucun impact sur les découvertes astronomiques, zéro. [...] Nous prendrons des mesures correctives si le risque est supérieur à zéro ». Elon Musk a surtout argumenté le fait que les satellites étaient très visibles depuis le sol durant leur transfert vers l'orbite à 550 km d'altitude, et très peu une fois en place.

En cela, il n'a que partiellement raison, car si les satellites ne sont plus visibles à l'œil nu une fois sur la bonne orbite, les longues durées d'exposition sont une constante de l'astronomie amateure comme professionnelle. Une étude de l'ESO montre que 3 % des observations futures du Very Large Telescope (VLT) pourraient être impactées par Starlink, qui affecterait aussi entre 30 et 50 % des activités du futur télescope à large champ Vera Rubin (LSST). Et ce d'autant plus que les moyens de ces centres permettent de prévoir les passages des satellites grâce aux éphémérides, un exercice que peu d'astronomes amateur peuvent se permettre.

Le train Starlink
Un « train starlinké peu après le lancement. © MARCO LANGBROEK - AFP

Pas d'entrée en bourse

Elon Musk, qui se refuse pour l'instant à parler d'une séparation de Starlink et d'une entrée en bourse, a aussi évoqué des discussions avec les astronomes pour mettre en place différents moyens de réduire la réflectivité des satellites, comme une peinture sombre, ou un « pare-soleil ». Il faut toutefois noter qu'un premier exemplaire équipé d'un revêtement ne fait pas l'unanimité : plusieurs astronomes ont signalé qu'ils l'avaient détecté aussi bien que les autres. Les astronomes, eux, ne sont pas tous d'accord sur la réponse à apporter à ces constellations qui se déploient très rapidement.

Interrogations ou non, l'entreprise continue, pied au plancher ; le prochain décollage pour 60 satellites Starlink est prévu ce dimanche 15 mars.

Source : Space Daily
Modifié le 11/03/2020 à 09h53
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