Le programme spatial Phantom Express tombe à l'eau car Boeing jette l'éponge

Eric Bottlaender
Spécialiste espace
23 janvier 2020 à 11h15
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Phantom Express
Vue d'artiste du projet de lanceur Phantom Express

L'industriel avait remporté le contrat de développement pour un véhicule spatial capable d'être réutilisé dix fois en dix jours. C'est le dernier d'une longue série d'échecs pour l'agence américaine DARPA.

Boeing l'avait appelé « Phantom Express », et le programme méritera finalement son nom. Ce 22 janvier, le géant de l'aéronautique a publié un communiqué signalant l'arrêt de ses travaux sur le programme XSP (Experimental Spaceplane). Un projet initié par l'agence américaine de recherche sur la défense DARPA en 2013, et dont Boeing était devenu le maître d'œuvre en 2017... après un processus de sélection qui avait vu les propositions de Masten Space et Northrop Grumman éliminées. Malgré l'attribution de 146 millions de dollars, le projet ne s'envolera pas.

Pourtant, c'était bien avancé !

L'objectif du Phantom Express était de disposer d'une navette robotisée de 30 mètres de long et 19 mètres d'envergure, décollant à la verticale et capable d'atteindre Mach 10 au-dessus de l'atmosphère, avant de larguer un petit second étage (et un satellite) et de revenir se poser sur une piste d'aéroport.


L'expérience acquise avec la petite navette X-37B n'aura donc pas suffi... C'est un coup dur pour la DARPA, mais aussi pour plusieurs sous-traitants du projet, comme Aerojet Rocketdyne qui fournissait la propulsion du Phantom Express, un ancien moteur de navette remis au goût du jour et rebaptisé RS-22. En 2018, Aerojet Rocketdyne avait prouvé au banc d'essai que son moteur était capable de réaliser 10 vols en 240 heures.

Oh non, encore ?

S'il faut bien reconnaître que c'est dans l'ADN d'une agence qui soutient le développement de projets ambitieux, ce nouvel échec advient après une longue suite d'autres ratés. La défense américaine, qui souhaite se doter de lanceurs capables de décoller (presque) sans préavis vers une orbite donnée et avec une haute cadence, devra encore attendre.


En 2015, on se souvient que, déjà avec Boeing, le projet ALASA pour envoyer des satellites avec un missile modifié depuis un chasseur F-15 avait échoué. Et récemment, l'agence a lancé le « Darpa Launch Challenge », offrant 10 millions de dollars à une entreprise capable de tirer deux lanceurs dans un court intervalle. Pas de chance, deux des trois seuls candidats (Virgin Orbit et Vector) se sont déjà retirés de la course.

Source : Space News
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