Space X va mettre en orbite... une œuvre de Trevor Paglen

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Le 29 novembre 2018
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orbital reflector
Vue d'artiste sur L'Orbital Reflector © Trevor Paglen/Nevada Museum of Art

Est-il bien utile d'envoyer des objets complètement inutiles - d'un point de vue scientifique - en orbite ?

Après avoir propulsé le désormais célèbre Starman au volant de sa Tesla Roadster au-delà de l'orbite de Mars, Elon Musk s'apprête à lancer ce samedi 1er décembre, l'Orbital Reflector, une œuvre d'art de Trevor Paglen.

L'Orbital Reflector : un nanosatellite un peu particulier

Que l'on soit sensible à l'art ou non, il faut avouer que la démarche de Trevor Paglen est assez surprenante ! Selon cet artiste berlinois, notamment connu pour être l'auteur de nombreux livres traitant de la surveillance de masse et de la collecte de données, ce nanosatellite a pour but d'être « un objet de réflexion pour le plus grand plaisir et l'émerveillement ». Il définit d'ailleurs lui-même son œuvre comme étant de « l'art pur » et confie que l'Orbital Reflector « ne fait pas de discrimination ». Il explique : « Vous pouvez le voir, peu importe qui vous êtes, et c'est une lueur d'espoir. Cela aide les gens à devenir un peu plus curieux ».

Prévu pour le samedi 1er décembre, le lancement de la fusée Falcon 9 de Space X depuis la base de Vandenberg en Californie embarquera une charge utile composée de 64 petits satellites appartenant à 34 organisations différentes, réparties dans 17 pays. Tous ces satellites ont bien entendu une fonction, qu'elle soit scientifique ou non. L'Orbital Reflector sera l'exception de cette charge utile, l'improbable intrus n'ayant pour seul et unique but que de transmettre « un message contagieux d'enchantement ».

Une œuvre « magique » qui n'est pas du goût de tous, à l'instar de nos confrères de Gizmodo qui titrait il y a peu : « Hé artistes, arrêtez d'envoyer vos merdes brillantes dans l'espace » ou encore Mark McCaughrean, conseiller principal pour la science et l'exploration à l'Agence spatiale européenne, qui tweet : « C'est une déclaration artistique complètement vide ». Rappelons que sur Clubic notre but est de vous informer et de laisser notre regard personnel, notre subjectivité, dans la marge, afin que chacun puisse construire sa propre opinion.

Un objet réfléchissant de 30 mètres de long

Une fois en orbite le petit Cubesats, pas plus grand qu'une boite à chaussure, déploiera un ballon de près de 30 mètres de long et 2 mètres de large. Sa composition faite de polyéthylène haute densité, recouverte de poudre de dioxine de titane, lui permettra de réfléchir la lumière jusqu'à la Terre et d'être visible partout et par tous, à l'œil nu, telle une étoile dans le ciel ! Il sera possible de repérer facilement cette étoile artificielle grâce à l'application Star Walk 2 disponible sur le Play Store, mais aussi sur l'App Store sur iOS.

L'Orbital Reflector devrait pouvoir survivre au moins deux mois dans l'espace pour ensuite se consumer lors de sa rentrée atmosphérique. À propos de l'utilité de son œuvre, Trevor Paglen explique  : « Le but pour moi était vraiment de créer une sorte de catalyseur pour regarder le ciel et penser à tout, des planètes aux satellites, en passant par les déchets spatiaux et l'espace public, en demandant : " Qu'est-ce que cela signifie d'être sur cette planète ?" »

Une œuvre qui, sans aucun doute, ne laissera personne indifférent.

Source : Wired

Modifié le 29/11/2018 à 08h56

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