Deepfake : une nouvelle appli chinoise, Zao, rencontre succès et critiques éthiques sur la confidentialité

03 septembre 2019 à 20h31
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Après la russe FaceApp, une nouvelle application deepfake, chinoise cette fois, vient de faire son apparition. Il ne lui a fallu que quelques jours pour créer la polémique et les inquiétudes, tout en devenant virale.

Avec les progrès incessants de la technologie, l'émergence de la technologie deepfake a pu créer une sorte de fascination chez les observateurs, du moins au démarrage. Mais alors que le mouvement anti-fake news s'est renforcé ces dernières années, une telle technologie s'avère plus dangereuse que jouissive. Voilà pourquoi l'application chinoise Zao, mise en ligne vendredi dernier et déjà très populaire, suscite l'inquiétude.

Zao réclame une série de selfies pour vous incruster dans une vidéo

Zao propose de remplacer un visage, le vôtre par exemple, par un autre, que ce soit celui d'une célébrité, d'une star du sport ou d'un acteur. Certains se sont ainsi déjà amusés, vous le voyez sur notre photo de couverture, à faire un remake de Game of Thrones ou de Titanic.


Développée par Momo Inc, une entreprise chinoise cotée au Nasdaq, connue pour être la spécialiste des applications chinoises locales, Zao est déjà populaire en Chine, avec des milliers et des milliers de téléchargements déjà recensés, effet de curiosité oblige.

Pour utiliser l'application, vous devez lui fournir une série de selfies, représentant chacun une expression faciale différente. Zao se charge ensuite de décortiquer vos photos puis les utilise pour par exemple faire disparaître Kit Harington (l'acteur qui incarne Jon Snow dans GoT) et le remplacer par un autre.


Des photos postées sur Internet, accessibles à tous

Mais comme souvent, il existe des effets pervers. L'éditeur de Zao fait concéder aux utilisateurs un droit « irrévocable, permanent et transférable » sur les photos. Comprenez bien : cela sous-entend que vos photos ne vous appartiennent plus et que Momo Inc. peut en faire ce qu'il désire. Cela n'est pas sans rappeler la polémique créée par l'application russe FaceApp, qui vous permet, entre autres, de voir votre tête avec 30 ans de plus.


Face à la grogne, Zao a pris la peine d'ajuster ses conditions d'utilisation ce week-end, promettant ainsi de n'utiliser les photos et vidéos fournies par les utilisateurs que pour améliorer l'application. L'éditeur indique aussi que chaque contenu effacé par les internautes sera écarté de ses serveurs. L'application est tout de même susceptible de fournir les images postées (et hébergées donc en ligne et non sur le téléphone, contrairement à FaceApp) aux autorités, si celles-ci venaient à mener une enquête. Décidément, IA, progrès et vie privée ne font pas bon ménage.

Source : The Guardian
Modifié le 04/09/2019 à 09h49
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