Qui est OpenAI, l'entreprise derrière ChatGPT ?

Mathieu Grumiaux
Publié le 24 avril 2023 à 18h35
© T. Schneider / Shutterstock.com
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Tout le monde connait aujourd'hui ChatGPT, mais savez-vous qui se cache derrière cette intelligence artificielle qui fait tant parler ? On vous explique aujourd'hui l'histoire de la société qui pourrait changer le monde dans les prochaines années.

ChatGPT est la technologie la plus populaire et la plus prometteuse du moment. En quelques mois seulement, les résultats et les réponses apportées par le chatbot ont bouleversé le monde de la technologie, et la société dans son ensemble.

Il est rare de voir une technologie aussi vite adoptée par des millions d'utilisateurs, et son développement ultra-rapide pose de nombreuses questions portant sur le marché de l'emploi, ou notre dépendance à la technologie.

Si nous sommes nombreux à déjà utiliser ChatGPT dans notre quotidien ou dans notre profession, nous connaissons mal la société qui a mis au point cet outil révolutionnaire. Partons donc à la découverte d'OpenAI et de son histoire.

OpenAI : une association fondée, entre autres, par Elon Musk

L'histoire d'OpenAI débute en 2015. La structure est à l'époque une association née de l'alliance entre Sam Altman, son fondateur, et d'Elon Musk.

Sam Altman est un entrepreneur ayant monté plusieurs start-up dans la Silicon Valley, notamment une application de réseautage social, Loopt, qui a été vendue plus de 44 millions de dollars en 2011. L'homme, qui a étudié l'informatique, va ensuite rejoindre une entreprise visant à financer des projets de start-up avant de monter OpenAI le 11 décembre 2015.

© TechCrunch
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Pour mettre en place son projet, Sam Altman va s'associer à Elon Musk, alors à la tête de Tesla et de SpaceX, mais également de Peter Thiel, le co-fondateur de PayPal, ou encore d'Amazon Web Services. Tous ces investisseurs apportent 100 millions de dollars pour lancer OpenAI sous la forme d'une association à but non lucratif.

L'objectif pour les fondateurs est de développer un laboratoire permettant d'expérimenter les possibilités liées à l'intelligence artificielle, et en particulier dans le domaine du raisonnement artificiel. L'idée étant d'éviter qu'elles ne tombent entre de mauvaises mains, à savoir des états ou encore des entreprises qui pourraient en tirer profit sans se soucier des questions éthiques. Les partenariats avec différentes start-up sont encouragés, mais les brevets resteraient en open source.

Des premiers projets encourageants et un départ marquant

Dès l'année 2016, OpenAI lance plusieurs solutions d'intelligence artificielle prometteuses, comme OpenAI Gym, un outil de machine learning permettant d'entrainer une intelligence artificielle à l'aide de différentes sources de données. À la fin de cette même année, OpenAI dévoile Universe, une nouvelle plateforme de machine learning qui est basée sur l'apprentissage à partir des actions réalisées par des gamers sur une grande collection de titres.

Après ces premiers résultats plutôt encourageants, coup de théâtre ! Elon Musk décide en 2018 de quitter la direction d'OpenAI. La version officielle donnée par Musk est le risque d'un conflit d'intérêts entre les travaux d'OpenAI et ceux de Tesla. Le constructeur automobile est également très porté sur les sujets d'intelligence artificielle, avec la réalisation d'un système de conduite autonome.

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La raison plus officieuse, et donnée par Sam Altman, est que le turbulent milliardaire n'était pas convaincu par la pertinence des travaux d'OpenAI et pensait que d'autres acteurs, comme Google, très en pointe sur le sujet de l'intelligence artificielle, avaient une longueur d'avance qu'OpenAI ne pourrait rattraper, sauf à en prendre la direction. Un souhait rapidement réprimé par le conseil d'administration. Elon Musk, malgré sa promesse, n'a plus effectué la moindre donation à OpenAI.

Cet évènement peut d'ailleurs expliquer à lui seul les réserves émises par Elon Musk à propos de ChatGPT, et son idée récente de développer parallèlement un propre système d'intelligence artificielle.

La naissance du modèle GPT-2

Qu'à cela ne tienne, OpenAI a continué son petit bonhomme de chemin et est devenue entre temps une société à but lucratif. L'objectif de ce changement de statut est d'attirer plus d'investisseurs afin d'accélérer son développement.

Microsoft va rapidement sauter sur l'occasion et injecter un milliard de dollars dans l'entreprise, contre un accord permettant une collaboration étroite entre les deux entités.

Le géant du logiciel a probablement dû accélérer sa décision avec la première démonstration de GPT-2, un modèle capable de rédiger des textes et des articles de presse à partir d'un simple début de phrase ou de paragraphe. Les premiers résultats sont bluffants et l'intelligence artificielle est capable de comprendre le contexte de chaque proposition et de proposer un texte cohérent.

En juillet 2020, OpenAI lance la version bêta du GPT-3, une amélioration notable du modèle d'intelligence artificielle qui peut répondre à des questions et en 2021, c'est au tour de DALL-E, un générateur d'images par intelligence artificielle qui est lancé.

OpenAI lance ChatGPT et devient l'entreprise la plus prisée du monde de la tech

Si ces différentes innovations ont été remarquées par les spécialistes de l'intelligence artificielle, ainsi que par les technophiles, rien ne pouvait prévoir le succès délirant de ChatGPT.

Dérivé du modèle GPT-3.5 et présenté en novembre 2022, cet outil gratuit et disponible pour tous les utilisateurs et les curieux est basé sur un nombre encore plus vaste de données textuelles. Les premiers testeurs sont épatés par la qualité et la rapidité à laquelle ChatGPT est capable de donner une information, de composer un poème ou encore une rédaction. Il lui suffit de quelques secondes pour comprendre le contexte et proposer une solution plus ou moins longue en fonction des demandes. ChatGPT est également capable de prendre en compte les premiers messages saisis par l'utilisateur, pour donner le sentiment de tenir une conversation avec la machine.

© Ben Maffin / Unsplash

OpenAI entre en quelques semaines dans la cour des grands. La presse généraliste se passionne pour ce nouvel outil révolutionnaire. Microsoft annonce en début d'année un investissement de 10 milliards de dollars pour accompagner les développements de l'entreprise, et présente dans le même temps son nouvel outil, un assistant intégré aux applications Office et au moteur de recherche Bing.

OpenAI concurrence aussi des géants comme Google ou Meta, qui semblent dépassés sur des sujets qu'ils maitrisent pourtant depuis plusieurs années. Ces deux mastodontes sont obligés aujourd'hui de courir après OpenAI pour rattraper leur retard, avec des résultats pour le moment discutables.

En quelques semaines, OpenAI revendique 100 millions d'utilisateurs. C'est la plus forte croissance en si peu de temps pour une application.

Un grand pouvoir, et de grandes responsabilités

OpenAI ne s'est pas reposé sur ses lauriers et a intégré GPT-4, son dernier modèle de langage par intelligence artificielle, à ChatGPT. Ce dernier est plus puissant et capable de traiter à la fois du texte et des images.

ChatGPT essaie également de gagner de l'argent avec ChatGPT Plus, une version par abonnement de son outil conversationnel qui fait sauter les limites de requêtes par jour et de listes d'attente mises en œuvre sur la version gratuite.

© Choong Deng Xiang / Unsplash

L'entreprise va devoir toutefois répondre aux problèmes posés par sa technologie. On peut citer le domaine de l'éducation, où son usage est déjà interdit dans plusieurs universités, comme Sciences Po en France, alors que des petits malins ont déjà laissé ChatGPT répondre à leurs devoirs à leur place.

Les dirigeants d'OpenAI vont devoir également travailler à limiter les réponses de leur outil, afin d'éviter des propos racistes, sexistes ou offensants. Pour le moment, ChatGPT n'est pas connecté au web pour éviter tout abus, et OpenAI travaille à un système de plug-ins pour s'assurer des sources d'où proviennent les informations.

OpenAI sera enfin, et pour longtemps, la tête de proue du développement de l'intelligence artificielle, une nouvelle technologie qui pourrait bouleverser le marché de l'emploi. Les plus pessimistes estiment déjà que ChatGPT et d'autres systèmes équivalents pourraient entrainer la suppression de plusieurs millions de postes dans le monde. Nul doute que la toute jeune entreprise sera contrainte, de gré ou de force, et notamment par les régulateurs des différents états, de prendre en compte ce paramètre et d'évaluer les conséquences des développements de leurs technologies.

  • Chat dans différentes langues, dont le français
  • Générer, traduire et obtenir un résumé de texte
  • Générer, optimiser et corriger du code

Créé par OpenAI, ChatGPT est un chatbot avancé propulsé par le modèle linguistique de dernière génération GPT-4. En exploitant des technologies d'apprentissage en profondeur et d'intelligence artificielle, ce chatbot a la capacité de déchiffrer et de comprendre les demandes des utilisateurs. Grâce à son habileté à générer du texte de manière ingénieuse, ChatGPT offre des réponses adaptées et pertinentes, garantissant une interaction de chat fluide et une expérience utilisateur optimisée.

Par Mathieu Grumiaux

Grand maître des aspirateurs robots et de la domotique qui vit dans une "maison du futur". J'aime aussi parler films et séries sur les internets. Éternel padawan, curieux de tout ce qui concerne les nouvelles technologies.

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Than

Merci pour le récap’.

Francis7

OpenAI me fait penser à GNU/Linux. Ce qui donnerait : OpenAI/ChatGPT.

Ce qui veut dire que si OpenAI est open source, ChatGPT ne l’est pas forcément, et pour cause il devient payant à l’usage. ChatGPT n’est pas open source. Il se ferme encore plus et devient hermétique.

Il y aura bientôt un GPT-5 qui aura fini son entrainement à la fin de l’année 2023 mais…

ChatGPT is NOT the Future : CNF/ChatGPT ! :smiley:

rexxie

Vous connaissez 1984 ?
On est en train de réécrire l’histoire.
Numerama . com/tech/651582-pourquoi-elon-musk-rale-contre-openai-alors-quil-en-est-le-fondateur.html

rexxie

Le but de OpenAI était de trouver une façon d’empêcher le débordement hors de contrôle des AI. En 2015, ça paraissait sensé, mais ça a évolué tellement vite que Musk s’en est allé avec ses billes, en 2018, travailler sur la sienne qui pilotait déjà les Tesla.

En 2020 il écrivait : « Cela semble être le contraire de l’ouverture. OpenAI est essentiellement capté par Microsoft ».

Dans le cadre du deal entre OpenAI et Microsoft, annoncé le 22 septembre [2020], il est évoqué que « Microsoft s’associe à OpenAI pour la licence exclusive du modèle de langage GPT-3 ». C’est de toute évidence la notion d’exclusivité qui a fait tiquer Elon Musk, car cela ne colle guère avec le concept d’ouverture de l’intelligence artificielle, qui figure pourtant dans le nom même d’OpenAI et dans sa promesse initiale.

Dans cette affaire, Elon Musk n’est plus guère qu’un simple spectateur d’OpenAI, car l’intéressé a pris ses distances de l’organisation début 2018 pour éviter tout conflit d’intérêts. Il a ainsi démissionné du conseil d’administration. Il demeure toutefois l’un des donateurs majeurs de la structure et reste relativement influent et audible du fait de sa notoriété et son intérêt pour les sujets liés à l’IA.

Le contrat conclu entre Microsoft et OpenAI est aussi perçu comme une sorte de renvoi d’ascenseur après un investissement à hauteur d’un milliard de dollars que la firme de Redmond a annoncé à l’été 2019.

"Créée dans l’ancien quartier Mission de San Francisco en 2015, l’entreprise se définissait à ses débuts comme « une organisation à but non lucratif ».

Aux commandes de cet ovni de la Silicon Valley, des fondateurs de grands noms : le multimilliardaire Elon Musk, patron de Tesla, et l’homme d’affaires américain Sam Altman. Fort de ces deux appuis, OpenAI s’est doté dès sa naissance d’un milliard de dollars pour atteindre un objectif clair : développer une intelligence artificielle accessible à tous et qui profiterait « à toute l’humanité » selon le premier communiqué de presse de la jeune entreprise. Pour cela, l’ensemble de ses recherches et résultats sont disponibles en « open source », c’est-à-dire gratuitement et sans limite sur Internet."

Autrement dit, le but de OpenAI d’établir des garde-fous contre le danger des intelligences artificielles développés sans contrôles autres que la recherche de profits et la capture de parts de marchés, s’est retourné contre son créateur par la prise de contrôle d’un des pires GAFAM à but lucratif.

Comme à peu près tout ce que touche Microsoft, le but a été perverti et les importants travaux de pointe de l’open source (légalement) volés.

tfpsly

Non. Comme d’hab, tout ta longue tirade dogmatique n’est que du vent.

Francis7

Je crois qu’il faut envisager OpenAI, par analogie peut-être simpliste, comme un système BSD, par exemple. Il est libre. Microsoft, Sony et Apple et d’autres l’ont adopté, l’ont transformé en le combinant avec d’autres systèmes pour en faire le leur pour leurs serveurs et leurs consoles…et qui cesse dès lors d’être libre. Oui, c’est légal et ce n’est pas du vol.