2010-2020 vue du smartphone : une décennie d’évolutions et d’innovations

Pierre Crochart
Spécialiste smartphone & gaming
30 décembre 2019 à 12h00
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Si le smartphone tel qu'on le connait aujourd'hui est né à la fin des années 2000, personne ne viendra remettre en cause le fait qu'il ait pris une dimension inédite dans notre quotidien ces dix dernières années. En ce mois de décembre propice aux classements et rétrospectives en tout genre, nous ne pouvions décemment pas laisser passer une occasion de rendre hommage à dix ans d'évolutions et d'innovations.

Qu'il paraît loin, le premier iPhone. Loin aussi, les balbutiements d'Android sur le HTC Dream en 2008. Si les années 2000 ont connu la naissance de l'objet smartphone, celui-ci ne s'est véritablement révélé qu'au cours des dix dernières années.

Prenant le pas sur les téléphones classiques (que l'on appelle maintenant feature phone, c'est dire), on estime que 42,63 % de la population mondiale dispose aujourd'hui d'un smartphone — soit 3,3 milliards d'utilisateurs dans le monde.

Dans l'Hexagone, il apparaît que plus de 75 % des Français ont aujourd'hui un « téléphone intelligent » dans la poche. En 2011, ils n'étaient que 17 %. Le nombre, datant de 2018, titillait déjà celui des possesseurs d'ordinateurs — 78 %.

Bref : le smartphone s'est imposé dans notre quotidien et nos usages. Mais comment s'y est-il pris exactement ? Jetons un coup d'œil dans le rétroviseur, sur dix ans d'innovations d'un objet de niche devenu, au fil des ans, l'appareil technologique le plus mainstream qui soit.

Evolution smartphones

2010 : Samsung et Google entrent sur le ring

L'histoire, vous la connaissez. En 2007, Apple lance l'iPhone et bouleverse à jamais le marché de la téléphonie mobile. Désormais, un téléphone doit être intelligent, pouvoir prendre de belles photos et, surtout, être connecté en permanence à Internet.

Android n'attendra pas bien longtemps avant de se poser en concurrent évident du système d'exploitation d'Apple. Néanmoins, on ne peut pas dire que le HTC G1 (ou « Dream »), sorti en octobre 2008 et premier véritable smartphone propulsé par Android (version 1.1 « Petit Four ») ait marqué les esprits. Il faudra attendre 2010 et l'arrivée de Samsung dans le game du smartphone pour voir, enfin, l'ogre du smartphone chavirer.

En juin 2010, Apple en est déjà à son quatrième iPhone, et aucun concurrent de taille sous Android ne semble être en mesure de mettre à mal sa popularité grandissante. C'est le moment que choisit le géant sud-coréen Samsung pour se retrousser les manches et attaquer son rival californien sur le terrain du haut de gamme, avec le Galaxy S.

Un smartphone sous Android qui, sur le papier, est sensiblement identique à ce que propose la Pomme avec son quatrième modèle. Processeur monocoeur 1 GHz, 512 Mo de RAM, appareil photo 5 mégapixels avec autofocus, batterie de 1 500 mAh... Il est pourtant un point essentiel sur lequel Samsung se démarque de son concurrent : son écran qui, dès 2010, est déjà Super AMOLED. Les iPhone, eux, resteront scotchés à la technologie LCD jusqu'en 2017.

Samsung Galaxy S
En 2010, Samsung lance son premier smartphone haut de gamme : le Galaxy S.

L'écart de prix qui sépare les deux produits, lui, est alors moins important qu'on le croit. Considéré aujourd'hui comme le constructeur le plus onéreux du marché, Apple s'inclinait pourtant en 2010 devant Samsung sur l'échelle des tarifs. Dans leur version de base, l'iPhone 4 et le Galaxy S se négociaient ainsi respectivement à 519 € et 539 €.

Focus sur l'iPhone 4 :


Téléphone portable Apple iPhone 4 32Go - Blanc
Sorti le 24 juin 2010, l'iPhone 4 se fait le vecteur du premier changement esthétique majeur pour les smartphones de la marque à la pomme. Abandonnant ses courbes au profit de tranches droites, il est — selon les dires de Steve Jobs — le smartphone le plus fin du monde, à cette époque.

Premier modèle à embarquer un appareil photo avant, l'iPhone 4 fait entrer le smartphone dans l'ère du selfie. Il marque également un tournant dans l'histoire de la marque en termes de finesse d'affichage, grâce à son écran Retina.

Reste que son lancement ne se fait pas sans encombre. Suite au choix — toujours aussi discutable — d'intégrer les antennes de son téléphone directement sur son châssis, de nombreux utilisateurs sont victimes de « décrochages » intempestifs du réseau mobile. Des impairs que des mises à jour d'iOS sont parvenues à résoudre par la suite.


Samsung n'est alors pas le seul à enfoncer la porte de l'industrie du smartphone en ce début de décennie. Si Google est, de fait, responsable d'une part grandissante du parc de smartphones, il ne s'est pas encore lancé dans la jungle du hardware. Un pas qu'il franchira en réalité avant Samsung — en mai 2010 — par l'intermédiaire du constructeur HTC, à qui Google a délégué la fabrication de son Nexus One.

Ce dernier est un drôle d'objet. Tranchant radicalement avec le design de ses concurrents, il navigue en réalité entre deux mondes, avec la présence d'une trackball sous ses boutons virtuels de navigation. Mais malgré sa fiche technique plutôt avantageuse pour l'époque (écran AMOLED 3,7 pouces, SoC 1 GHz et appareil photo 5 mégapixels), le smartphone « destiné à montrer aux constructeurs comment bien réaliser un téléphone Android » s'est (très) mal vendu. De quoi couper Google dans son élan et lui passer l'envie de remettre le couvert... Du moins avec un Nexus Two.

En décembre de la même année, et cette fois en partenariat avec Samsung, Google dévoile ainsi le Nexus S : une version revue et corrigée de son smartphone inaugural et, surtout, le premier du marché à intégrer la fonctionnalité NFC.

Téléphone portable Google Nexus S
Le Nexus S de Google (produit par Samsung)

Une industrie en quête d'identité

La « smartphonie » du début des années 2010 est un vrai trésor d'inventivité. De tentatives ratées en coups de génie, il n'est pas un acteur de l'industrie qui ne se lance dans des bizarreries en espérant chaque fois tenir sa killer feature, susceptible de faire basculer les habituels clients d'Apple vers leur produit.

À l'heure où les smartphones ont encore des tailles modestes, Samsung nage par exemple à contre courant et fait un pari audacieux : celui d'augmenter la taille de l'écran du Galaxy de l'ordre de 32 %, avec le tout premier Galaxy Note, sorti en septembre 2011.

Focus sur le Samsung Galaxy Note :


Samsung Galaxy Note 1
Renouant gentiment avec les « assistants personnels » de la décennie précédente, le Galaxy Note et son stylet font poliment sourire les sceptiques, tout en les frappant d'une acide jalousie.

Il faut dire que le Note premier du nom embarque une fiche technique très avantageuse pour l'époque, et son écran HD+ (le premier du marché !) de 5,3 pouces attise la curiosité de celles et ceux qui s'imaginent déjà regarder films et séries sur leur téléphone portable. Ou plutôt leur « phablette », comme on disait à l'époque.

Déjà pourvu d'un processeur dual core, le Galaxy Note est une petite bombe de puissance, dont les prouesses techniques n'ont de commune mesure que le prix de l'appareil, vendu à partir de 599 €.


« Samsung s'affirme dès 2011 comme le leader de l'industrie du smartphone »


Désormais lancé sur un rythme de sortie biannuel auquel il ne déroge plus, Samsung s'affirme dès 2011 comme le leader de l'industrie du smartphone. Passé second, Apple ne ménage pourtant pas ses efforts pour séduire, lançant la même année un iPhone 4S doté d'une fonctionnalité étonnante : vous pourrez désormais parler à votre smartphone, et il vous comprendra... Enfin, à peu près.

Voici les prémisses des assistants vocaux. Nous sommes bien sûr encore loin de la science-fictionnelle présentation de Google Duplex de 2018.

En 2011, le nouveau venu Siri suscite des avis plutôt partagés quant à l'avenir de la reconnaissance vocale. On reproche notamment à l'assistant d'Apple son manque de flexibilité, particulièrement en ce qui concernant les accents. Mais, c'est un début, qui profitera d'ailleurs davantage à la concurrence qu'à Apple, nous y reviendrons...

La chute des géants

En 2012, déjà conscients que la guerre des parts de marché ne se jouera pas que sur le design et la puissance du hardware, de nombreux constructeurs se lancent dans des paris un peu fous du côté de la photographie. Un modèle en particulier a fait cas d'école : le Nokia 808 PureView et son gigantesque capteur 1/1,2 pouce de 41 mégapixels. À ce jour encore, rares sont les modèles à se doter d'un capteur aussi large.

Une prouesse répliquée dans une moindre mesure (le capteur rétrécit pour atteindre le 1/1,5") sur le Nokia Lumia 1020 un an plus tard. Malheureusement pour lui, Nokia misera cette fois sur le mauvais cheval en choisissant Windows Phone pour propulser son modèle, à l'heure où le marché est déjà très favorable à Android. Une erreur critique, qui achèvera de mettre à mal le constructeur finlandais, déjà démis de son piédestal quelques années auparavant.

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Le Nokia Lumia 808 PureView reste un photophone aux spécifications intéressantes, même aujourd'hui.

En 2013, il est aussi un autre cador de l'industrie qui doit accuser le coup d'une belle leçon d'humilité : j'ai nommé BlackBerry. Le constructeur canadien RIM (qui, on l'oublie souvent, se cache derrière BlackBerry), surfant encore et toujours sur la vague du succès passé avec l'indémodable Curve (2009), s'accroche bon an mal an à son OS propriétaire.

Un OS qui, il faut bien le dire, n'intéresse pas du tout les développeurs qui inondent progressivement l'App Store et le Google Play Store de leurs créations. Résultat ? Les utilisateurs BlackBerry s'ennuient ferme sur leur smartphone ultra sécurisé. Cet immobilisme provoquera la lente déliquescence d'une marque qui a franchi un cap particulièrement notable en 2017 : sa part de marché est tombée à 0,0 %.

Focus sur le BlackBerry Z10 :


Téléphone portable BlackBerry Z10 (noir)
S'il n'est pas le premier BlackBerry à se passer de clavier physique (le Torch 9860 le devance de peu), le Z10 a fait date en tant que premier smartphone du constructeur à embarquer l'OS BlackBerry 10... Et ses promesses.

Lancé fièrement début 2013, le smartphone entre dans une cour où l'iPhone 5 et le Galaxy S3 (bientôt S4) jouent les caïds. En bon bizut, le Z10 en prend pour son grade. Si son design n'est pas inintéressant et que ses performances se défendent, son store applicatif manque cruellement de références sur lesquelles les utilisateurs peuvent se faire les dents.

Une gageure avouée à demi-mot par le constructeur, qui annonçait en amont de la sortie de son smartphone que les fichiers .APK des applications Android pouvaient être portées sur BBOS 10 par les développeurs. Malheureusement, ces derniers ont été peu nombreux à saisir la perche. Résultat : deux ans plus tard, RIM abandonne totalement son OS au profit d'Android sur le BlackBerry Priv. Un revirement toujours d'actualité aujourd'hui sur le BlackBerry Key 2, sorti en 2018 dans la plus grande confidentialité.


Ils sont aussi nombreux, ces constructeurs venus d'autres horizons, qui ont tenté à leur façon de croquer un petit morceau du marché naissant du smartphone. Bien avant de s'acoquiner avec un certain Huawei, l'opticien allemand Leica était partenaire de Panasonic sur la fabrication d'un certain Lumix Smart Camera CM1. Un photophone en puissance qui, du haut de son capteur 20 mégapixels ƒ/2,8, remporte encore tous les suffrages en termes de qualité optique. La proposition de Panasonic est aussi parmi les premières à être en mesure de filmer en 4K (bien qu'à 15 images par secondes seulement).

Panasonic Lumix DMC-CM1
À mi-chemin entre appareil photo compact et smartphone, le Panasonic Lumix Smart Camera CM1 est un véritable ovni.

Une étrangeté, assurément, mais qui n'a fait finalement que répondre à la Galaxy Camera lancée par Samsung en 2012, et dont le retour dans une version améliorée début 2014 n'a pas moins fait soupirer les photographes professionnels.

L'arrivée des killers

En 2014, alors que l'industrie poursuit ses expérimentations et que la majorité des ventes sont toujours trustées par Samsung et Apple, ceux-ci commencent à jeter des regards inquiets vers ce qu'il se passe en Chine. C'est un fait : leur part de marché est peu à peu grignotée par de nouveaux acteurs, dont la triade Huawei, Xiaomi et Lenovo s'impose comme le troisième plus gros vendeur de smartphones.

Seulement, ces marques restent encore en grande partie confidentielles dans l'Hexagone — et en Europe en général. Tout du moins jusqu'à ce qu'un certain OnePlus vienne apporter son grain de sel à l'histoire.

« Il est indéniable qu'il y a eu un avant et un après OnePlus dans l'industrie du smartphone »



Après des mois de teasing et un marketing de la rareté géré aux petits oignons, le OnePlus One est officiellement disponible le 23 avril 2014.En tout cas pour celles et ceux ayant eu la chance d'obtenir une invitation permettant d'acheter le fameux « iPhone killer », comme la presse s'est plu à le baptiser alors.

Il est indéniable qu'il y a eu un avant et un après OnePlus dans l'industrie du smartphone. Plus que ses nobles ambitions de tirer vers le bas des prix jusqu'alors particulièrement sujets à l'inflation, OnePlus s'érige en arbre qui cache la forêt... Une forêt dans laquelle Huawei, OPPO, Vivo, Xiaomi et bien d'autres attendent en embuscade pour se lancer à la conquête de l'Europe.

Focus sur le OnePlus One :


OnePlus One
À une époque où les smartphones haut de gamme se négocient désormais autour de 700 € (le tout récent iPhone 6 s'affichait à partir de 709 €), l'annonce du OnePlus One fait l'effet d'une bombe. Le nouveau constructeur basé à Shenzhen est en effet en mesure de proposer un appareil qui a tout du flagship pour ... 269 €.

Le piège ? Il n'y en aura pas pour tout le monde. En effet pour avancer prudemment, OnePlus ne commercialisera qu'un million d'exemplaires de son OnePlus One, qui plus est uniquement via un étrange système d'invitations.

Toujours est-il que pour celles et ceux ayant fait partie des élus, c'est une révolution. Pour moins de 300 €, il est possible de s'offrir un smartphone doté d'un SoC quad-core 2,5 GHz, d'un écran Full HD de 5,5 pouces, de 3 Go de RAM et de 64 Go de stockage. Le tout surmonté d'un appareil photo 13 mégapixels (5 mégapixels à l'avant). Un avant et un après on vous dit.


De par la nature hautement confidentielle de OnePlus à cette époque, Samsung et Apple se frottent les mains de voir apparaître un nouveau concurrent. En termes de volumes, les deux géants restent en tête de la course. Mais les consommateurs commencent à s'interroger sur les marges et les politiques tarifaires des plus gros constructeurs de smartphones.

Le problème, pour nos ténors, c'est que OnePlus n'est pas le seul à se lancer dans la course. Huawei, déjà présent en France depuis 2009, mais encore assez peu agressif, importe en 2014 sa filiale Honor dans l'Hexagone. Mue par la même ambition que OnePlus de niveler les prix vers le bas (le Honor 6 est lancé à 299 €), celle-ci servira surtout de tremplin à Huawei pour augmenter graduellement la qualité de ses produits et opérer des montées en gamme successives.

Huawei Ascend P6
En 2013, Huawei est déjà présent en France, notamment via sa gamme de smartphones Ascend, dont voici le P6.

Vers de nouveaux formats de smartphones

De son côté, l'innovation n'attend pas et se moque bien de la hausse des prix des smartphones. Nous sommes en 2015, et voilà que notre téléphone nous demande maintenant de scanner nos empreintes digitales pour le déverrouiller.

Popularisé grâce à l'iPhone 5S et son Touch ID, le déverrouillage biométrique n'est pas né la veille. L'histoire retiendra que c'est le Pantech GI100 qui l'a introduit... en 2004 !

Pantech G100
Le Pantech GI100 est le premier téléphone à se doter d'un capteur d'empreintes... en 2004.

En 2015, en revanche, nombreux sont les constructeurs à se poser des questions existentielles quant à l'avenir du smartphone.

C'est notamment le cas de Samsung qui, la même année, aurait présenté un premier prototype d'un certain Galaxy X, pliable, à la presse. En effet, l'industrie du smartphone n'a pas attendu 2019 pour remettre profondément en question le rôle de l'écran et les usages du smartphone.

Focus sur le LG G Flex :


LG G Flex
Puisqu'on parle de questions existentielles et de remise en cause de la place de l'écran, difficile de faire l'impasse sur un certain LG G Flex.

Sorti en 2014, le Flex est — comme l'écrit notre testeur d'alors — un LG G2 en plus grand... Et doté d'un écran incurvé. Pour quelle raison ? La question est légitime. Et trouve une réponse en forme de pirouette marketing dans la communication officielle : « ;pour mieux épouser la forme du visage pendant un appel ;». Il fallait y penser !

Reste que, pour 800 € dans sa version de base en 32 Go, le LG G Flex reste avant tout une curiosité qui n'a pas vraiment attiré les foules. Bien essayé. Mais il faut aussi préciser que le constructeur sud-coréen est coutumier des tentatives hasardeuses. En 2011 déjà, il est le premier à commercialiser un smartphone avec écran 3D... Le fait qu'on n'en ai pas parlé plus haut devrait vous donner une vague idée de la réussite du projet.


Le milieu de la décennie se fait le vecteur d'un changement assez important dans notre appréhension des smartphones. C'est l'ère des « Plus », des « XL » et des « Max ». Désormais, un nouveau modèle doit obligatoirement être accompagné d'une déclinaison de plus belle taille. Il faut aussi dire que la vidéo à la demande se démocratise (Netflix est accessible depuis 2013 en France), et les constructeurs se doivent de répondre à des usages naissants.

iPhone 6 6 Plus
En 2014, Apple décline son iPhone 6 dans une version « Plus » dotée d'un écran de 5,5 pouces. Désormais, plus aucun constructeur ne produira de smartphone sans en proposer une version plus grande.

Google figure ainsi parmi les bons élèves de l'époque. Après avoir passé les six dernières années à naviguer entre flops et jolies propositions sur sa gamme Nexus, l'heure est venue pour le géant de Mountain View de sortir du nid et de construire lui-même ses smartphones. En 2016, Google présente officiellement le Pixel et le Pixel XL : deux smartphones embarquant la toute dernière version d'Android (7.1 Nougat), et particulièrement convaincants en photographie (ils obtiennent à l'époque le score de 89 — le plus haut — par le laboratoire DxOMark).

Google devra néanmoins se montrer patient avant de se faire une place au soleil. Fin 2016, la marque n'aurait écoulé que 2 millions d'exemplaires de ses Pixel. Il faut aussi préciser que la marque ne jouit pas de l'exposition médiatique d'aujourd'hui pour ses téléphones, qui s'écoulent encore de façon assez confidentielle. Le Google Pixel premier du nom n'est d'ailleurs même pas officiellement distribué en France.

Focus sur le Samsung Galaxy S6 Edge :


Samsung Galaxy S6 Edge
2015 marque un véritable tournant dans le monde des écrans pour smartphone. Outre l'excentricité à peine assumée de LG, Samsung se lance à sont tour dans un défi de taille cette année-là : proposer un smartphone doté d'un écran incurvé sur les bords.

Présenté conjointement à un Galaxy S6 doté d'un écran — classique — plat, le Galaxy S6 Edge impressionne par ses courbes audacieuses et la plus haute résolution jamais vue sur un smartphone : 577 pixels par pouce, pour une définition QHD sur un écran Super AMOLED.

Le Galaxy S6 fait aussi date (de façon un peu triste) en étant le premier smartphone Samsung à ne plus profiter d'une batterie amovible (donc remplaçable facilement)  c'est également l'un des premiers modèles à supporter la recharge sans-fil via la norme Qi. Un petit bijou technologique donc, qui se négocie à sa sortie à partir de 859 €.


L'ère des assistants vocaux

En 2017, le smartphone fait partie intégrante de notre quotidien. Une étude relayée par la BBC montre qu'un adulte consulte son téléphone en moyenne toutes les 12 minutes pendant la journée. Pourtant, la part des appels téléphoniques passés depuis un smartphone aurait baissé dans le même temps.

La raison est toute simple : la part de temps passée par les utilisateurs américains sur les applications de messagerie (et sociales en général) a bondi de 394 % entre 2015 et 2016, d'après Flurry Analytics.

« Une immense majorité de tentatives aura finalement été foireuse »



Est-on pour autant condamné à rester mutique et à pianoter en silence sur le clavier virtuel de nos smartphones ? Pas le moins du monde. Outre les fonctionnalités de messages vocaux disponibles sur WhatsApp et d'autres applications de messagerie, la voix de l'utilisateur est mise à contribution de bien d'autres manières, notamment par le biais des assistants vocaux.

Vous vous souvenez de Siri ? L'assistant vocal inauguré par Apple sur l'iPhone 4S en 2011 a fait des petits. Mais s'il n'y a pratiquement aucun constructeur qui ne se soit pas engouffré dans la brèche, une immense majorité de tentatives aura finalement été foireuse.

Citons en vrac le Bixby de Samsung, Cortana de Microsoft, le Xiao AI de Xiaomi, le YoYo de Honor ou encore le BlackBerry Assistant. Inutile de préciser qu'en dehors de leurs propres pays, où ils peuvent éventuellement se substituer à des solutions plus globales, aucun de ces prétendants n'a réussi à voler la vedette à la nouvelle star de cette fin 2016 : Google Assistant.

Google Pixel 1
Après des années à travailler sur la gamme Nexus, Google inaugure le Pixel Phone en 2016, et démocratise par la même l'utilisation des assistants vocaux.

En gestation depuis de nombreuses années (notamment via Google Now), l'assistant vocal de la firme de Mountain View est dopé à l'intelligence artificielle, et parvient — sur le papier du moins, et en langue anglaise — à vous faciliter la vie d'une façon parfaitement inédite. Grâce à des commandes vocales simples et intuitives, il est possible de réaliser certaines actions bien plus rapidement en interagissant avec son assistant qu'en lançant manuellement une application. Faisant partie intégrante du Pixel récemment annoncé, Google Assistant arrivera finalement en version française en mai 2017 par l'intermédiaire de la messagerie Google Allo.

« Tel un adolescent glissant vers l'âge adulte, le smartphone commence à perdre ses boutons »



De son côté, un certain Amazon — qui se remet à peine du cuisant échec de l'Amazon Fire Phone en 2014 — travaille dur sur son propre assistant : Alexa. Il faudra néanmoins attendre 2018 pour voir débarquer des enceintes connectées intégrant le majordome d'Amazon.

Amazon Fire Phone
Bardé de publicités à l'honneur d'Amazon, le Fire Phone est un flop retentissant en 2014.

Pour l'amour du geste

Tel un adolescent glissant vers l'âge adulte, le smartphone commence à perdre ses boutons. À l'occasion des dix ans de son entrée sur le marché du smartphone, Apple présente, au terme d'une conférence soporifique concernant l'iPhone 8, un modèle qui va tout changer : l'iPhone X. Un smartphone au design radicalement différent de ce qui avait été fait jusqu'à présent — ce qui lui vaudra aussi de nombreuses moqueries de la part de la concurrence.

C'est qu'il est particulier, l'iPhone X. Doté d'un écran Super Retina « bord à bord » à encoche, il est le premier iPhone à ne pas afficher de bouton « Home ». La navigation repose donc intégralement sur des gestes effectués du bout du pouce.

Focus sur l'iPhone X :


iPhone X
Apple frappe fort pour les dix ans de son iPhone. Vendu à prix d'or (à partir de 1 159 € en France), le smartphone apparaît plus luxueux que jamais, et affiche la liste d'ajouts la plus longue jamais enregistrée sur un iPhone depuis 2007.

Écran OLED à encoche, technologie de reconnaissance 3D réputée infaillible (selon Apple), mode portrait... l'iPhone introduit presque autant de nouveautés qu'il ne rattrape de retard sur la concurrence Android devenue de plus en plus agressive en termes de fonctionnalités innovantes.

Autant de nouveautés qui ne font finalement qu'occulter la sortie conjointe des iPhone 8 et 8 Plus qu'Apple était à l'origine venu présenter ce 12 septembre 2017.


Aussi, et si Apple n'est certainement pas le premier constructeur à débarrasser l'écran de son téléphone de ses boutons, c'est finalement la philosophie de la navigation qui doit être repensée à l'aune du lancement de l'iPhone X. L'industrie se met d'ailleurs rapidement en chantier pour satisfaire à cette nouvelle demande.

Il faudra attendre courant 2018 pour qu'Android 9.0 « Pie » introduise officiellement la navigation gestuelle aux smartphones. Aussi les constructeurs n'ont pas attendu que Google débloque la situation pour commencer à travailler sur leurs propres solutions.

Dès 2017, on trouve déjà les prémices d'une navigation dépourvue de boutons dans le MIUI 9 de Xiaomi. EMUI, la surcouche Android de Huawei (renommée Magic UI pour les téléphones Honor) intègre elle aussi rapidement la navigation gestuelle dans son cahier des charges. Tout comme l'OxygenOS de OnePlus, et j'en passe.

Mais plus encore que ce nouveau mode d'interaction avec son smartphone, ce sont les écrans qui entrent dans une nouvelle ère. Bien que critiquée de toute part, la fameuse encoche de l'iPhone X a poussé les acteurs de l'industrie dans leurs retranchements pour maximiser la surface d'affichage.

D'abord, ils ont été nombreux à répliquer l'idée d'Apple et l'encoche de l'iPhone X. Du Huawei P20 Pro au OnePlus 6, en passant par le Google Pixel 3 XL ou encore le V40 ThinQ de LG : tous s'y mettent... Et tous se cassent les dents sur l'intransigeance de consommateurs rejetant en bloc cette mode esthétique.

LG V40 ThinQ
Même LG se met à l'encoche avec le V40 ThinQ.

Alors pour répondre à la grogne, une grande majorité de constructeurs se dirige vers ce que l'on appellera dorénavant la « goutte d'eau ». Autrement dit : un emplacement dédié à l'appareil photo avant, qui rogne légèrement sur l'écran afin d'en maximiser toujours plus la surface.

Dans le même temps — en 2018 donc — on commence aussi à voir apparaître une nouveauté qui relevait il y a quelques années encore de la science-fiction : un capteur d'empreintes qui s'intègre désormais sous l'écran.

À ce petit jeu, c'est le chinois Vivo qui coiffe tout le monde au poteau. Au Consumer Electronic Show (CES) de 2018, Vivo présente le X20 Plus : le tout premier smartphone à embarquer un capteur d'empreintes optique sous sa dalle OLED.

Vivo X20 Plus
Le Vivo X20 Plus est le premier smartphone à embarquer un capteur d'empreintes optique sous l'écran.

Désormais lancés sur plusieurs fronts simultanés, les constructeurs se livrent une bataille sans répit pour décrocher la palme volatile du « premier qui réussira à... ». Car si le marché s'organise désormais autour d'un quatuor de constructeurs que rien ni personne ne semble à même de déloger (dans l'ordre Samsung, Huawei, Apple et Xiaomi), force est de constater que la course à l'innovation a pris des airs un peu boulimiques ces toutes dernières années.

La boulimie de l'innovation

Si la roue de l'innovation n'a jamais cessé de tourner concernant notre sujet du jour, impossible de ne pas s'apercevoir que les progrès techniques ont fait des bonds de géants ces deux ou trois dernières années.

« Les performances ne semblent même plus être un véritable problème en 2018 »



Tout d'abord, les performances ne semblent même plus être un véritable problème en 2018. Embarquant — même sur l'entrée de gamme — des puces gravées en 12 nm, il n'est plus un seul smartphone qui ne réponde pas au doigt et à l'œil de l'utilisateur. Bien entendu, il reste certains usages (les jeux 3D en tête) sur lesquels les modèles haut de gamme continuent de surpasser tous les autres.

Pocophone F1
Lancé sous la barre des 360 €, le Pocophone F1 fait date dans l'histoire du smartphone, notamment grâce à une fiche technique proche du haut de gamme.

Cependant les chiffres montrent bien que le marché se concentre désormais autour des smartphones à bas coût. D'après l'UFC Que Choisir, les Français ont dépensé en moyenne 326 € pour leur dernier appareil.

Cela n'empêche tout de même pas les constructeurs de faire toujours plus, et de viser toujours plus haut. C'est simple : alors même que les ventes globales déclinent, il n'y a jamais eu autant de smartphones sur le marché. En avril 2019, le site Android Authority dénombrait déjà plus de 60 nouvelles références, soit un nouveau smartphone (Android) toutes les deux semaines.

C'est que les constructeurs sont désormais beaucoup plus nombreux à se partager le gâteau, et qu'ils n'hésitent plus à décliner chaque nouveau modèle en un, deux, trois, quatre ou même cinq appareils, à l'image de Xiaomi et son Mi 9.

C'est un fait : en un peu moins de dix ans, ce qui n'était qu'un gadget réservé à quelques geeks fortunés est devenu un produit de consommation de masse accessible à partir de 100 € ou moins.

Mais si l'essentiel des consommateurs n'est pas en mesure de dépenser plus de 400 € dans un nouveau téléphone, les constructeurs redoublent d'ingéniosité pour justifier des prix toujours plus élevés sur le segment du très haut de gamme.

En 2019, on a ainsi pu distinguer trois chevaux de bataille sur lesquels les ténors de l'industrie se sont écharpés : la surface d'affichage de l'écran, l'autonomie, et surtout les performances photographiques de leur nouvel appareil.

Tous photographes

Comme il y a eu un avant et un après à l'iPhone X, il y a également eu une turbulence dans la matrice après la sortie du Huawei P20 Pro, en 2018. Fort d'une campagne marketing tapageuse mettant à l'honneur un certain Antoine Griezmann (en pleine Coupe du monde de football de surcroît), le constructeur chinois Huawei se révèle au public français et réaffirme ses ambitions naissantes sur le segment du très haut de gamme.

Focus sur le Huawei P20 Pro :


Huawei P20 Pro
Encore régulièrement cité parmi les meilleurs smartphones jamais sortis, le Huawei P20 Pro est le premier au monde à intégrer trois capteurs photo. Mais le géant chinois ne s'est certainement pas limité à l'intégration d'un module supplémentaire ; la qualité optique était bel et bien au rendez-vous, devançant même largement les attentes d'alors.

Doté d'un module grand-angle, d'un téléobjectif (permettant un zoom hybride 5x) et d'un dernier capteur permettant de sublimer les clichés en noir et blanc, le P20 Pro s'impose en mars 2018 comme le meilleur photophone du marché. Et ses prouesses ne se limitent pas qu'à la photo. Le P20 Pro est également doté du nec plus ultra des SoC de HiSilicon avec le Kirin 970, 6 Go de RAM et une épaisse batterie de 4 000 mAh.

Bref, le P20 Pro est une réussite sur tous les plans, même s'il reste particulièrement onéreux pour un smartphone Huawei : 899 €, soit 100 € de plus que le Mate 10 Pro sorti un peu plus tôt.


Cette belle claque renverra tous les concurrents de Huawei dans les cordes et contribuera à inscrire la firme chinoise au panthéon des marques qui commencent vraiment à peser en Europe. La concurrence justement — vous l'imaginez — se met au pas et commence à introduire davantage de capteurs photo dans ses mobiles.

Il suffit ainsi d'attendre le mois d'octobre de la même année pour voir apparaître un challenger au P20 Pro, en l'objet du Google Pixel 3 XL - le premier smartphone Google a être officiellement distribué en France.

Pixel 3 Photo
Le Google Pixel 3 se montre plus convaincant en photo que la quasi-totalité des smartphones équipés de plusieurs objectifs. Prouvant que le software est aussi, sinon plus important que le hardware.

Mais en dépit de la proposition hautement qualitative de Google en matière de photographie, il faut bien avouer que le Pixel 3 n'arrive pas à la cheville du P20 Pro en ce qui concerne la polyvalence des prises de vue. Avec son unique capteur 12 mégapixels à tout faire (dont le traitement numérique arrondit grandement les angles), il se frotte alors plus directement à l'iPhone XR.

Apple commence d'ailleurs à vaciller de son piédestal et ne fait plus rêver grand monde avec les photos de ses iPhone. Précisons à ce titre que c'est en 2018 que Huawei est officiellement passé devant le géant californien au rang de deuxième plus gros vendeurs de smartphones au monde.

Et le constructeur basé à Shenzhen de devenir un véritable moteur d'innovation pour l'industrie. Toujours en octobre 2018, Huawei démocratise l'inclusion d'un capteur ultra grand-angle avec son Mate 20 Pro, promettant, de fait, toujours plus de polyvalence en termes de photographie.

À compter de ce jour, plus aucun smartphone digne de ce nom n'osera sortir sans arborer la triade grand-angle, ultra grand-angle et téléobjectif. Mais précisons qu'en la matière, Huawei s'est surtout contenté de tirer la couverture à soi. En effet, c'est LG qui a véritablement été le premier à capitaliser sur un module ultra grand-angle : c'était en 2015, avec les G5 et V20.

LG G5
Le LG G5 est le premier à opter pour un objectif très grand-angle, en 2015.

Écran(s) total

Si la dalle se fait de plus en plus présente dans l'esthétique de nos smartphones depuis l'iPhone X, les constructeurs déploient des trésors d'inventivité pendant toute l'année 2019 pour se débarrasser de cette encoche qui, définitivement, semble emmerder tout le monde.

La « goutte d'eau » ne faisant finalement office que de pis-aller dans cette conquête de l'écran total, les constructeurs se mettent à développer des écrans percés, dans lesquels ils viennent loger l'appareil photo avant de leur smartphone. Le premier à se lancer dans cette étrange manœuvre est Honor avec le View 20. Une petite prouesse technique, que Samsung répliquera quelques mois plus tard sur ses Galaxy S10.

Galaxy S10
En 2019, l'encoche disparaît pour laisser place aux écrans percés. Ici, le Galaxy S10+ de Samsung.

Certains sont cependant déjà passés à la vitesse supérieure, et ont totalement débarrassé leur écran d'encoche, tout en libérant drastiquement les bords de l'appareil. À ce jeu c'est notamment le Vivo Nex qui fait figure de référence et qui est, comble de l'excentricité, le premier smartphone à embarquer un système de caméra « pop-up » mécanique sortant du châssis de l'appareil.

Focus sur le OPPO Find X:


Oppo Find X.png
À l'été 2018, alors que son compère Vivo vient de présenter le premier smartphone doté d'une caméra escamotable, OPPO opte pour une philosophie toute différente sur son Find X. Entièrement dépourvu de distraction visuelle, et affichant le ratio écran-corps le plus élevé du marché d'alors (près de 90 %), le Find X laisse apparaître son appareil photo avant grâce à un mécanisme de glissière parfaitement inédit.

Une petite merveille d'ingénierie, également doublée d'un excellent smartphone. Écran AMOLED, Snapdragon 845 dernier cri, 8 Go de RAM et configuration à double APN 20+16 mégapixels... Tout y est.

Néanmoins, l'innovation se paie, et pour son arrivée en France, OPPO frappe fort. En septembre 2018, le Find X est commercialisé à partir de 999 €. Ouch.

Xiaomi s'inspirera néanmoins du mécanisme de la glissière sur son Mi Max 3 quelques mois plus tard, et proposera son terminal à partir de 649 €.


Dans une autre ambiance, on retrouve Sony (dont on n'a malheureusement pas parlé jusqu'à présent) qui, sur les derniers Xperia, essaie des choses nouvelles, en jouant notamment sur le ratio d'aspect de son écran. Figure de proue de ces nouvelles tentatives : le Xperia 1 et son écran 4K (!) au ratio d'aspect 21:9, faisant office d'ovni dans l'industrie.

Sony Xperia 1
Commençant à prendre un retard inquiétant en termes de ventes, Sony essaie d'innover avec l'écran 21:9 du Xperia 1.

Sous les écrans AMOLED, le capteur d'empreintes commence à se généraliser avec plus ou moins de réussite. Si les modèles choisis par OnePlus brillent par leur réactivité, ceux de Samsung (à captation ultrasonique plutôt qu'optique) font montre de lacunes inquiétantes en matière de sécurité.

Du côté de la photo, le nombre de capteurs intégrés aux smartphones ne cesse (encore) d'augmenter — suivant le sillon tracé par le Huawei P20 Pro. Les modules ultra grand-angle semblent désormais trouver une résidence permanente entre l'objectif principal et le téléobjectif, mais de petits nouveaux (souvent dispensables) font aussi leur apparition. C'est notamment le cas des capteurs dédiés à la macrophotographie, dont les bienfaits sont illusoires, ou encore des caméras 3D time of flight, dont les performances diffèrent beaucoup d'un constructeur à l'autre.

Comme nous l'évoquions précédemment, Google a aussi apporté sa pierre à l'édifice de la photophonie avec son Pixel 3. S'il n'est pas le premier à permettre de prendre des photos de nuit, ce smartphone se dote d'un algorithme de traitement tellement perfectionné que, jamais, les prises de vue en basse lumière n'avaient été aussi réussies. La firme de Mountain View ouvre ainsi une brèche, et les constructeurs ne pourront désormais plus s'empêcher de mettre en avant les capacités nocturnes de leurs appareils photo.

Le P30 Pro, toujours chez Huawei, fera lui aussi date en avril 2019 en devenant le premier smartphone équipé d'un téléobjectif périscopique. Grâce à celui-ci, il devient possible de profiter d'un zoom hybride 30x, et jusqu'à 50x en zoom numérique. Le smartphone franchit un nouveau cap en termes de polyvalence offrant une plage focale équivalente à un kit 16-1 343 mm sur un appareil photo plein format.

Huawei P30 Pro2.jpg
Le Huawei P30 Pro intègre un téléobjectif périscopique qui offre une longueur focale inédite sur un smartphone.

Comment ne pas terminer ce tour d'horizon de dix ans de smartphonie sans aborder le cas très particulier du Galaxy Fold de Samsung ? Pinacle d'une décennie d'innovations, le faux premier smartphone pliable de l'industrie a posé en septembre dernier les pierres d'un futur enthousiasmant en dépit d'erreurs de jeunesse évidentes.

Focus sur le Samsung Galaxy Fold :


Samsung Galaxy Fold test
Vous connaissez l'histoire par cœur. Annoncé en grande pompe en février 2019, le premier smartphone pliant de Samsung réalisait un faux départ deux mois plus tard, après que les premiers testeurs aient mis au jour des failles de conception majeures. Retour à l'atelier donc.

Cinq mois plus tard, Samsung retente le coup avec, cette fois, une sortie internationale pour son Galaxy Fold. Pari réussi pour le constructeur sud-coréen, qui signe une première proposition brillante sur bien des aspects. Prolongement évident de smartphones de plus en plus grand, ce téléphone hybride — à mi-chemin entre le smartphone et la tablette — est à même d'offrir un confort d'utilisation inédit à ses utilisateurs.

Cependant le Fold n'est pas dépourvu de défauts... Comme le premier iPhone n'était pas parfait. Radicalement différent de ce qui s'est fait pendant dix ans, le Galaxy Fold essuie les plâtres de plusieurs années d'expérimentations et semble promettre un futur où smartphones classiques cohabiteront avec ce nouveau type d'appareils hybrides.


Vers l'infini, et au-delà

Nous nous excusons d'avance pour la non-exhaustivité de ce dossier consacré à dix ans d'innovation du smartphone. Certaines marques, certains modèles, auraient bien entendu mérité plus d'emphase, ou a minima une vague mention dans un paragraphe. Aussi rendons-leur un court hommage pour rappeler qu'à leur manière, ils ont tous joué leur rôle dans cette histoire décennale du smartphone.

On peut ainsi citer, pêle-mêle, les Sony Xperia qui, durant la première moitié de la décennie, se sont souvent posés comme des alternatives très convaincantes aux mastodontes que sont Apple et Samsung. HTC mérite également sa mention, tant sa gamme HTC One a, elle aussi, contribué à un certain nombre d'évolutions majeures qu'accueillent les smartphones d'aujourd'hui (les haut-parleurs stéréo, notamment). Impossible de faire l'impasse sur Motorola et ses Moto Z qui, en 2016, rejoignent LG sur le coup du smartphone modulable grâce à différents accessoires pouvant se greffer au châssis, afin de leur ajouter des fonctionnalités.

Ajoutons aussi un mot sur ces petits constructeurs qui, à l'instar de Fairphone, essaient de rendre l'industrie meilleure en alertant sur ses dérives.

Fairphone 3
Fairphone nage à contre-courant de l'industrie en essayant de produire des smartphones de façon éthique et en permettant une réparation facilité de ses appareils.

D'autres événements auraient également mérité une certaine attention. De la combustion spontanée des Galaxy Note 7 au bend-gate des iPhone 6 Plus, en passant par le progressif abandon des constructeurs en ce qui concerne la prise jack des smartphones... Le présent dossier pourrait encore s'étaler sur des pages et des pages, que nous n'aurions pas couvert un tiers de ce qui a animé l'industrie au cours des dix dernières années.

Samsung Galaxy Note 7
Les explosions et combustions spontanées du Galaxy Note 7 ont particulièrement animé l'année 2016

Aussi le moment est venu pour nous de nous projeter vers l'avenir. De quoi demain sera-t-il fait ? Il semble raisonnable d'imaginer que la 5G, dont il se dit qu'elle deviendra majoritaire autour de 2023, occupera une large place dans notre quotidien. Grâce à elle, un nouveau champ des possibles s'ouvre, avec en ligne de mire l'interconnexion permanente et distante de millions d'appareils. De nouvelles perspectives deviendront également possibles en ce qui concerne le Cloud gaming, dont le lancement récent de Google Stadia donne déjà à voir les prémices.

Davantage de constructeurs devraient aussi s'intéresser de près aux smartphones pliables. Confiant, Samsung prévoit déjà de vendre 5 à 6 millions de ses Galaxy Fold en 2020. Mais d'autres acteurs sont déjà mobilisés sur le secteur, comme Xiaomi qui, à l'heure où sont écrites ces lignes, n'a encore fait que teaser son futur appareil.

Surface Duo
Microsoft lorgne également vers les appareils pliables avec sa Surface Duo.

La passerelle est toute trouvée pour aborder le cas de Huawei. Plus fragile que jamais, l'entreprise est d'ailleurs en passe d'être déchue de la deuxième place des plus gros vendeurs de smartphones au profit d'Apple. En cause ? Les sanctions américaines à son encontre et qui jugulent son développement. Aussi, la sortie du Mate X en Europe, le smartphone pliable censé concurrencer directement le Fold de Samsung, est plus que jamais remise en question.

En Chine, où il est disponible depuis fin novembre, le Mate X est en rupture de stock quasi-permanente.

Illustration parfaite de la situation dans laquelle se trouve Huawei : le Mate 30 Pro, son dernier fleuron, a été contraint de sortir sur le marché français totalement dépourvu des applications et services Google, entachant son potentiel succès...

Huawei Mate 30 Pro test
Sorti sans les applications ni services Google, le Huawei Mate 30 Pro voit ses chances de survie sur un marché ultracompétitif très réduites.

À défaut d'un apaisement prochain des relations entre Washington et Pékin, on assistera peut-être au désistement de l'un des constructeurs les plus influents de ces dernières années sur le marché européen. À moins, bien sûr, que Huawei parvienne à mettre sur pied une alternative convaincante à Android, avecHarmonyOS. Dans ce cas, il faudrait composer avec un nouveau concurrent pour iOS et le système d'exploitation de Google.

Mais sur ce point, l'histoire récente nous a déjà prouvé que le lancement d'un nouvel OS est généralement très froidement accueilli par les consommateurs. FirefoxOS, pour ne citer que lui, n'aura vivoté que durant trois ans avant que Mozilla ne décide de le débrancher. Et à l'heure où plus de 80 % des smartphones vendus dans le monde tournent sous Android, il faudra déployer force d'arguments pour convaincre les utilisateurs de tourner le dos au système d'exploitation qui leur permet de récupérer leurs données, applications, et de conserver dans le Cloud leurs photos et vidéos préférées.

Et vous, comment envisagez-vous l'avenir du smartphone dans la décennie à venir ? Quelles innovations ont véritablement changé votre vie durant ces dix dernières années&nbnsp;? Quel est, ou quels sont, vos smartphones préférés jusqu'à présent ? La parole est à vous dans les commentaires.
Modifié le 02/01/2020 à 11h13
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