Test Devialet Gemini : des basses maîtrisées mais une autonomie qui laisse à désirer

25 mai 2021 à 15h05
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Devialet Gemini
© Guillaume Fourcadier pour Clubic

Bien que lancés officiellement en novembre, les écouteurs True Wireless Gemini de Devialet ont connu une première sortie un peu chaotique, marquée par un problème logiciel sur certains modèles. Réussissant visiblement à rattraper cette bévue, le constructeur français a corrigé le problème et réintroduit sur le marché les Gemini « tels qu'ils devraient être ».

Devialet Gemini
  • Excellente isolation
  • Qualité sonore
  • Fabrication
  • Confortable
  • Autonomie en deçà de la moyenne
  • Ergonomie limitée
  • Boitier volumineux

Pas luxueux mais pas loin

Placés dans ce que l'on pourrait un appeler la « tranche supérieure » du haut de gamme True Wireless, les écouteurs Gemini de Devialet sont vendus à 300 euros. Si on retrouve des produits plus chers sur ce segment, dont les récents PI7 de B&W , la marque française se permet tout de même de faire plus dispendieux que des acteurs phares comme Apple et ses Airpods Pro .

À ce prix, les Devialet Gemini profitent toutefois d'un certain raffinement formel et technique, même si tout n'est pas parfait.

Le premier contact se fait via la boite de transport/charge, qui ne brille pas par sa compacité. Nous ne sommes pas dans le gigantisme de la boite des Sony WF-1000xm3 , mais loin des formats contenus des produits Apple ou Samsung. En revanche, le plastique brillant et un peu cheap de ces derniers laisse place ici à une fabrication plus sérieuse. L'extérieur de la boite est toujours en plastique, mais d'une matière plus dense, enveloppée d'un revêtement mat plus accrocheur. Ce boitier est aussi compatible avec la charge à induction.

Devialet Gemini
© Guillaume Fourcadier pour Clubic

Pour le design, nous vous laisserons seuls juges. Sans être novatrice, la forme des Gemini est assez originale, et rappelle quelques spécificités du constructeur.

Contrairement à l'essentiel des produits du marché, l'ouverture se fait ici par un système de coulisse. On aurait pu craindre un côté un peu trop lâche voire grinçant du mécanisme (qui pourrait s'ouvrir tout seul dans la poche) mais Devialet a effectué un travail soigné sur ce point. Le rendu n'est pas ultra-luxueux, et ne confère pas la sensation de solidité qui émane du boitier des Klipsch T5 II , mais le résultat reste très bon.

Et sans surprise, la taille relativement importante du boitier donne l'impression que les écouteurs, pourtant loin d'être microscopiques, se perdent dans un si grand espace. Soulignons pour finir que l'intérieur du boitier est revêtu d'aluminium.

Les écouteurs Devialet Gemini, eux, sont suffisamment saillants pour dépasser du boitier et assurer une bonne préhension ; les sortir de la boite est ainsi plus simple qu'avec des écouteurs arrondis type Airpods Pro ou Galaxy Buds Pro .

Esthétiquement parlant, le constat est à peu près le même qu'avec le boitier. Intra-auriculaires à canule courte, les Devialet Gemini ne sont pas les moins volumineux du genre, mais misent à fond sur leur aspect mat plutôt élégant, que vient trancher avec un dos métallisé rappelant un peu la surface des premiers ampli classe D de la marque.

Devialet Gemini
© Guillaume Fourcadier pour Clubic

Là encore la construction n'est pas luxueuse à proprement parler, pas aussi travaillée que celle des Master & Dynamics MW07 par exemple, mais Devialet se place tout de même un peu au-dessus de la moyenne des écouteurs de cette gamme de prix. Dommage que le constructeur ne soit pas allé plus loin qu'une certification IPX4, ce standard tacite que des marques comme Samsung ont largement excédé (IP67 sur les Buds Pro).

Confort correct, mais tenue perfectible

Comme nous le disions, Devialet se repose sur une architecture dite intra-auriculaires, avec un système de canule et d'embouts venant se placer dans le conduit auditif. Une solution qu'emploient pratiquement tous les constructeurs du marché. Ici, à l'image de Jabra ou Samsung, la canule est très courte, ce qui permet de ne pas avoir la sensation d'un écouteur trop intrusif, comme on peut le ressentir avec les Klipsch (pourtant corrects) ou les Shure Aonic 215 . Ainsi le confort est très bon, et la présence de quatre tailles d'embouts en silicone permet aux Gemini de correspondre à peu près à toutes les oreilles.

Devialet Gemini
© Guillaume Fourcadier pour Clubic

Néanmoins le système de « vissage » dans l'oreille des Devialet Gemini est un peu moins bien pensé que celui des modèles de Jabra. Surtout, l'intérieur des écouteurs n'épouse pas aussi bien l'intérieur des oreilles.

Cela ne pose pas de problème rédhibitoire pour une utilisation bureautique, mais dès que la mâchoire se met à bouger, ou qu'un mouvement un peu brusque survient, l'un ou l'autre des écouteurs peu rapidement choir. En d'autres termes, les Gemini ne sont définitivement pas des écouteurs pensés pour les sportifs, et l'utilisation d'embouts bien adaptés est primordial.

Ergonomie un peu trop simple

Alors que certains constructeurs proposent un contrôle presque total du son depuis les écouteurs, les Devialet Gemini sont dans ce qui se fait de plus épuré dans le haut de gamme (façon Airpods Pro). De base, la zone tactile des écouteurs, peu réactive (latence assez importante) mais assez large, ne permet que d'enclencher la pause d'une piste (une pression), de basculer entre les modes de réduction de bruit (pression longue), et de passer à la piste suivante ou revenir en début de piste/piste précédente (deux tapes, respectivement à droite et à gauche). Pas de réglage de volume, ou d'appel à l'assistant par défaut. L'application dédiée, sobrement appelée Devialet Gemini, permet quant à elle de modifier la commande des deux tapes en un appel à assistant, au prix de la piste suivante/précédente, les deux écouteurs étant liés par cette action.

Devialet Gemini

Parlons application justement : plutôt intéressante, elle est sans doute un peu trop simpliste en ce qui concerne les options. Néanmoins l'application Devialet Gemini reste assez claire, permet un réglage un peu plus fin des modes de réduction de bruit, et intègre un égaliseur assez avancé et précis dans ses réglages. Il est également possible d'effectuer une petite balance droite/gauche, assez pratique pour certains utilisateurs ou certaines pistes.

Pas d'autre fonction avancée à relever. Si on a vu pire en la matière, un produit aussi premium aurait pu se permettre d'aller plus loin.

AptX et presque pas d'accrocs

 Avant de parler connectivité, précisons que notre modèle de test n'est pas forcément représentatif de tous les exemplaires lancés sur le marché. Devialet annonce en effet avoir corrigé les problèmes des premières versions, et nous nous en tenons à leur bonne foi, mais restons vigilants en cas de retours négatifs trop nombreux.

L'appairage est assez classique, puisque les écouteurs n'intègrent pas de fonction Google Fast Pair. Une petite pression sur l'unique
bouton du boitier permet ainsi de passer les Devialet Gemini en profil d'appairage.

Sans proposer une déferlantes de fonctions, Devialet assure une expérience assez efficace. La puce Bluetooth 5 utilisée supporte les codecs SBC, AAC, mais également AptX (probable puce Qualcomm donc).

Devialet Gemini
Face au boitier des Samsung Galaxy Buds Pro, le boitier des Gemini est pour le moins imposant © Guillaume Fourcadier pour Clubic

La portée est plutôt correcte, même si les limites de l'AptX (plus demandeur en bande passante) se font sentir. Au moins, nous n'avons pas
expérimenté de nombreux décrochages du signal.

Parfait ? Pas tout à fait. Quelques sauts de son peuvent survenir, mais de manière assez rare. En revanche, la connexion à l'application a presque systématiquement déclenché un petit saut dans l'écouteur gauche, le temps du démarrage. À voir si cela provient de notre version ou s'il s'agit d'un problème récurrent.

Les Devialet Gemini ne supportent malheureusement pas la connexion multipoints. Difficile toutefois de voir cela comme un gros défaut, les constructeurs étant encore très rares à le proposer, même dans le haut de gamme.

Isolation au sommet

Nous attendions forcément Devialet sur l'isolation active, de par sa certaine maitrise de l'électronique et le tarif haut de gamme des Gemini. Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'une fois les bons embouts trouvés, la marque fait presque un carton plein.

Sans ANC, l'isolation est déjà étonnamment efficace. Les écouteurs sont forts d'une isolation assez forte dans les aigus, et bien au-dessus de la moyenne dans les médiums. Dans ce registre, il est possible de tabler jusqu'à 20 dB.

Devialet Gemini
Mesure de l'isolation des Devialet Gemini. En rouge, le signal témoin (sans écouteur ; en vert foncé : avec ANC ; en orange : mode passif ; en vert clair : mode transparence=

Avec l'ANC, que ce soit en mode « Fort » ou en mode « Avion » (peu de différences) les Devialet Gemini accentuent encore l'isolation dans les médiums, et atténuent les bruits parasites de manière tout aussi importante dans les basses. Dans ce domaine, ils se hissent parmi les meilleurs du genre. Sans être aussi efficaces qu'un casque Sony WH-1000Xm4 ou Apple Airpods Max , les Gemini assurent, à l'écoute, un résultat similaire à ce que proposent les Airpods Pro, en se payant le luxe d'être meilleurs sur les aigus.

Les écouteurs sont tout aussi efficaces sur les bruits réguliers (type moteur) que sur des sons plus soudains, comme la frappe sur un clavier. Seul bémol, assez classique sur les True Wireless, on relève une isolation assez faible autour des 1 kHz, pour ne pas dire pratiquement inexistante, ce qui laisse passer plus facilement certains sons spécifiques.

La mode « Transparence » n'est pas le meilleur que nous ayons pu tester, mais le résultat est assez correct en pratique, car plutôt régulier dans les médiums (pour entendre les voix). À partir des aigus, les Devialet Gemini n'arrivent que très partiellement à rattraper l'isolation des embouts.

Une autonomie un peu faiblarde

Talon d'Achille de ces Devialet Gemini, l'autonomie est annoncée « jusqu'à 6 heures ». Dans les faits, en utilisation ANC avec codec AptX, nous sommes à peine arrivés à 3 heures 50 minutes avant recharge, ce qui est pour le moins faible. Sans ANC, l'autonomie grimpe à environ 4 heures 30 minutes.

Les 6 heures d'autonomie, elles, sont sans doute atteignables sans ANC, avec codec AAC. Techniquement, une telle autonomie est dans la veine de ce que garantissent les Airpods Pro (bloqués en AAC), mais cela reste faible pour des écouteurs haut de gamme de 2020-2021.

De la basse et de l'ouverture, pour un son qui en vaut la peine

On attendait également la marque sur la partie sonore. À côté des Sony et leur signature assez tranchante, ou des Sennheiser Momentum TW2 et leur semi-douceur, ou encore des Airpods Pro et leur équilibre, se faire une place à part entière sur le segment du son premium n'est pas chose facile.

Heureusement, malgré leur architecture sonore assez classique en apparence, les Devialet Gemini réussissent à proposer un signature singulière, sans toutefois singer (même si des similitudes apparaissent) le son des enceintes Phantom .

Ici, le constructeur se repose sur des transducteurs dynamiques de 10 mm à « forte excursion ». Toutefois un diamètre de transducteur ne dit pas grand-chose, Sennheiser a par exemple réussi un produit très haut de gamme avec un modèle de taille réduite sur ses IE900 .

Aussi, Devialet s'est concentré sur plusieurs points assez intéressants pour définir le son de ses écouteurs ; à noter avant toute chose qu'il faut tout de même bien séparer le ton emphatique du marketing et la réalité sonore du produit.

Devialet Gemini
La réponse en fréquence (compensée, lissage psychoacoustique) des Devialet Gemini. En rouge, avec ANC ; en vert : ANC désactivé. On remarque la très forte emphase dans les basses, ainsi que (avec ANC) la ointe très resserrée et marquée dans les 1 kHz

La personnalité des Devialet Gemini transparait dès les premières secondes d'écoute à travers un élément précis : les basses, qui ressortent en quantité comme en qualité. Comme nous pouvions nous y attendre, la marque n'a pas été timide et se permet un montée régulière et inaltérable des haut-médiums (autour des 1 kHz) jusqu'aux basses. Presque 20 dB de boost sont ainsi constatés autour des 20 - 40 Hz. Néanmoins, l'oreille étant de moins en moins sensible en descendant dans les extrêmes basses, cela ne se ressent pas réellement comme une hausse mais plutôt comme une continuation des fréquences un peu plus élevées (60 -100 Hz déjà bien boostées).

L'écoute est donc marquée par une assise très prononcée, un son très puissant, démonstratif, viscéral même, que l'on pourrait qualifier de « bass-boost ». Et pour enfoncer le clou, Devialet maitrise extrêmement bien cette caractéristique. Le son est percutant, jamais trainant, avec beaucoup de nuances dans le bas du spectre.

En parallèle, les médiums existent, restant malgré tout dépendants de la pente régulière dans laquelle ils se trouvent. Les voix féminines, par exemple, ne sont pas les plus précises ni les mieux mises en avant.

Devialet Gemini
© Guillaume Fourcadier pour Clubic

On s'attendrait aussi à avoir des haut-médiums et des aigus en retrait, ou marqué par de gros creux ; or Devialet choisi d'éviter ce qui est généralement perçu comme un écueil. Au contraire, un premier gros pic, très resserré dans les médiums, existe, apportant une sorte d'aération de la scène sonore, en la plaçant légèrement en avant (caractéristique d'une accentuation dans ces fréquences).

D'une manière générale, la scène sonore est franchement bonne, car assez profonde et surtout très large. Il y a encore plus spacieux en la matière, mais le niveau de détails et la séparation des instruments (sorte
de capacité à agencer précisément les détails sonores) est en revanche digne des meilleurs modèles, type WF-1000xm3 de Sony.

Sir les aigus, eux, ne sont pas fabuleux, ils restent relativement maitrisés. On ne relève pas d'accentuation agressive, même si un pic assez caractéristique dans les 7-8 kHz donne une certaine clarté à l'ensemble. Un élément à manier avec une certaine retenue, car il peut vite aboutir à une sonorité « artificielle ».

Avec tous ces éléments, les Devialet Gemini sont relativement polyvalents, et déjà très agréables à faible volume. Justement, les écouteurs ont rapidement tendance à monter dans les décibels, si bien qu'il est rarement nécessaire de dépasser les 40 % de volume avec notre Pixel 3 XL utilisé pour le test.

Devialet Gemini
© Guillaume Fourcadier pour Clubic

Le tarif important (300 euros contre 250 euros pour d'autres modèles haut de gamme) des Devialet par rapport à celui des modèles de Sony ou Apple, se joue peut être sur cette différence sonore qui fera le bonheur des amoureux des basses, entre autres. Pour les adeptes de neutralité ou d'équilibre, en revanche, même l'égaliseur, assez efficace, ce pourra pas corriger totalement la personnalité des écouteurs.

Avant de conclure, notons tout de même que le son est légèrement différent en mode passif (ANC off), puisque les médiums sont un peu
réhaussés, et la pointe très marquée des 1 kHz disparait. Le son n'est pas
fondamentalement meilleur, mais il peut ici devenir encore plus polyvalent.

L'avis de Clubic

Bien conçus, extrêmement isolants et dotés d'une sonorité très expressive, technique et témoignant de la maîtrise sonore de la marque, les Devialet Gemini ne sont pas nécessairement les meilleurs du genre, la faute à une autonomie un peu faible et une ergonomie perfectible. Ils ont néanmoins leur place dans le segment haut de gamme des True Wireless.

On regrette alors surtout leur tarif un peu trop élevé pour le haut de gamme classique.

Devialet Gemini

8

Quelque peu atypiques et assurément haut de gamme, les Devialet Gemini sont des True Wireless certes chers, mais profitant d'une technologie maitrisée.

Les plus

  • Excellente isolation
  • Qualité sonore
  • Fabrication
  • Confortable

Les moins

  • Autonomie en deçà de la moyenne
  • Ergonomie limitée
  • Boitier volumineux

Fabrication 8

Confort 8

Ergonomie 6

Isolation 9

Autonomie 6

Qualité sonore 9

Modifié le 04/06/2021 à 11h52
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