Test Shure Aonic 215 True Wireless : des écouteurs ultra-techniques, à l'ergonomie hésitante

Guillaume Fourcadier
Spécialiste Audio
29 décembre 2020 à 12h10
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Bien que le concept des écouteurs True Wireless modulables ne soit pas totalement nouveau, il reste encore assez peu répandu, surtout auprès du grand public. Le but est assez simple, se servir d’écouteurs déjà existants en
filaire, détachables, et leur adjoindre un récepteur Bluetooth par côté, l'ensemble fonctionnant alors comme des True Wireless un peu volumineux. Shure, avec ses Aonic 215 True Wireless, a poussé le concept dans un produit tout-en-un, avec boite de recharge. Un concept ambitieux, et pas forcément simple à réussir.

Test Shure Aonic 215
  • Sonorité très technique
  • Isolation passive excellente
  • Bonne autonomie
  • Boite très imposante
  • Ergonomie et application moyennes
  • Signature sonore atypique

True Wireless en mode grand format

Pour éviter tout malentendu, nous parlerons d'Aonic 215 ou d'Aonic 215 True Wireless pour désigner le même produit, à savoir la version True
Wireless des écouteurs. En effet, sur le site de la marque, il existe les Aonic 215 True Wireless (le modèle testé), et les Aonic 215, ces derniers n’étant que la version purement filaire des premiers, sans les récepteurs Bluetooth. La base (écouteurs) est exactement la même, mais le prix très différent.

Le paradoxe des Shure Aonic 215 s’amorce avec les écouteurs en eux-mêmes, extrêmement compacts, mais surtout totalement dans le design des habituelles productions Shure. De l’intra-auriculaire à l’ancienne (pas
péjoratif), coque en acrylique semi-opaque, ne dépassant absolument pas de l’oreille une fois en place.

Mais à côté de chaque petit écouteur, un immense appendice Bluetooth se love autour de l’oreille, façon écouteurs de sport. On ne parlera pas de la forme étrange voire suggestive de ce récepteur, mais cela donne à
l’ensemble un poids et un volume finalement très conséquent pour des True Wireless. Le récepteur se fixe à l’écouteur par une connectique MMCX, l’un des standards pour les câbles détachables des intra-auriculaires. Ces récepteurs ne sont pas uniques au système Aonic 215, mais utilisés dans tous les écouteurs TW Aonic, sous la dénomination TW1. Il est parfaitement possible de les acheter à part. À la connexion, les écouteurs seront d’ailleurs reconnus comme Aonic TW1 et non Aonic 215 (pensez à les renommer). Il est ainsi possible d'acheter plus tard un modèle plus haut de gamme, type Aonic 4, et de conserver les récepteurs
ainsi que la boite de recharge (paragraphe suivant). Mais surtout, cela permet de ne pas rendre inutilisables les écouteurs une fois la batterie morte. Un exemple trop rare de non-obsolescence qu'il faut saluer.

Enfin, pour recharger, ranger et protéger les Aonic 215, une boite de recharge est livrée. Particulièrement imposante, elle reprend presque
trait pour trait le design des boites de rangements des écouteurs intra-auriculaires, en forme de palet avec ouverture zippée en son milieu. Si
on ne retrouve pas de charge par induction, l’USB-C est au moins de la partie. La mise en place des écouteurs dans la boite ainsi que leur déplacement demande un peu plus de temps et de doigté que les modèles type AirPods ou Jabra Elite. Ici, il faut utiliser ses deux mains, ne pas se précipiter. Le concept ultra rapide des True Wireless est un peu entravé par l’aspect hybride du modèle.

Si la qualité de fabrication ne souffre d’aucun défaut réel, rien n’est pas vraiment luxueux non plus. Bon assemblage, aspect relativement robuste, mais que du plastique. Les écouteurs, bâtis pour être très légers à
l’origine (issus d’une très longue lignée de modèles filaires), manquent un peu de densité pour se confronter à des modèles type Momentum TW2 côté luxe.

Le confort à l’ancienne, l’isolation à la dure

Tout le monde ne supporte pas les intra-auriculaires, chose qu’Apple a assez bien compris en proposant l’entre-deux plus universel AirPods
Pro. Avec les Shure Aonic 215 vous n’aurez pas l'approche classique d'intra-auriculaires True-Wireless, mais de l’écouteur intra à l’ancienne, tout droit sortie de l’héroïque époque des pionniers du début des années 2000, Shure et Etymotic en tête, une ère ou il était normal de s’enfoncer des embouts triflange jusqu'à la surface du tympan (légère exagération). Sans aller jusque-là, les Aonic 215 s’appuient sur une canule très fine, mais également très longue. Ainsi, les embouts vont assez loin dans le canal auditif, ce qui sera tout simplement insupportable pour une
partie de la population. Les embouts en mousse pourront améliorer les choses, paraissant moins intrusifs et un pourtant un peu plus isolants, mais sans changer réellement la donne.

Pour les autres, le produit n’est certes pas le plus reposant du monde, la pression dans l’oreille étant toujours là, mais le modèle ne bouge absolument pas une fois en place, le tour d’oreille est bien équilibré et ne se déplacera que dans un usage sportif (et encore), usage sportif qui n’est pas forcément, du fait de la surpression sur l’oreille. La marque a une
petite parade pour cela, le mode environnement.

Ce côté intrusif porte tout de même ses fruits, puisque l’isolation est réellement impressionnante, excepté sur les basses fréquences. C’est simple, il est difficile de faire mieux sur les haut-médiums et aigus, presque totalement éradiqués (40 dB ou plus). Le genre de modèle qui, à moins de se trouver près de gros moteurs ronronnant, nous place dans une vraie bulle silencieuse.

Grâce au microphone intégré dans les récepteurs, il est possible de déclencher un mode « environnement », à savoir un retour sonore des sons atténués par les embouts. Assez efficaces, surtout à forte puissance, il permet surtout de rester alerte en pleine rue, et de libérer un peu la sensation de pression. Faute de pouvoir retrouver la totalité des
fréquences, le naturel n’est forcément pas incroyable.

Ergonomie parcellaire, application locale

Pas d’automatisation type capteur optique ou accéléromètre sur les Aonic 215, tout repose sur l’unique bouton présent à la racine des récepteurs Bluetooth, au milieu du cercle. En plus de l’allumage, extinction (automatique si replacés dans la boite) et appairage, trois actions sont
possibles, avec un clic, deux clics ou un clic prolongé. Cela permet de
déclencher respectivement : la lecture/pause, le retour sonore, l’appel à
l’assistant vocal par défaut du smartphone. En somme, pas possible de naviguer dans les pistes, ou de régler le volume. Cela ne permet de jouir que d’une petite partie de l’expérience qui tendait les bras à de si imposants récepteurs, ayant largement la place de placer d’autres boutons.

L’application Shure Play, utilisée pour toute la galaxie Aonic (dont le casque Aonic 50), est toujours un peu en demi-teinte. Assez claire, avec un design sombre s’éloignant un peu des standards, elle ne peut effectuer que quelques petits réglages.

Premier point, elle permet d'adapter légèrement la puissance sonore et le réglage des récepteurs Bluetooth pour les écouteurs ciblés. L’application
reconnaissant seulement les récepteurs Aonic TW1, il faut penser à préciser, via une invite de commande, quel modèle Aonic est utilisé. En, plus de cette petite adaptation sonore, pas inutile, Shure Play permet de mettre à jour le modèle, ou encore de régler la puissance du mode « environnement ».

En revanche, impossible de paramétrer les fonctions déclenchées par les différents clics sur l’écouteur. De la même façon, s’il existe bien un égaliseur, très poussé en l’occurrence, celui-ci n’est actif que via le lecteur
intégré de l’application, lecteur ne prenant en charge que les fichiers locaux. En 2020, alors que tout le monde ou presque passe par le streaming, cela rend son intérêt à peu près nul, ce qui est vraiment dommage.

AptX, mais pas Multipoint

Gros récepteurs, mais toujours soumis aux limites de puissance et d’autonomie des True Wireless, les Shure Aonic 215 vont au max de ce qui
existe à l’heure actuelle en matière de codecs intégrables, SBC, AAC et AptX. Largement suffisant en pratique. En revanche, pas de connexion multipoint, ce qui est dommage pour un produit haut de gamme.

Si la portée est assez bonne, nous avons malheureusement expérimenté quelques micro-désynchronisations droite/gauche, surtout en conditions nomades.

Autonomie au niveau

Annoncée à 8 h, sans plus de précision (généralement mesurée en AAC), l’autonomie est déjà très bonne sur le papier.

Avec codec AptX (plus énergivore), et à volume modéré mais suffisant (grâce à la forte isolation), nous avons atteint environ les 7 h, soit un excellent résultat pour ce genre de produit. En AAC, il sera assez
facile de dépasser les 8 h voire atteindre les 9 h.

Une sonorité typique, technique, mais pas universelle

Sur la partie sonore, Shure s’est légèrement écarté de ses habitudes. Alors que la plupart de ses écouteurs utilisent une structure multivoies (séparation des gammes de fréquences sur plusieurs transducteurs) à
base de transducteurs à armature équilibrée, un type particulier de
haut-parleur électrodynamique, les Aonic 215 intègrent un simple transducteur électrodynamique (classique) de 8mm par côté. Très travaillé, il n’a forcément pas les avantages des transducteurs à armatures, plus à l'aise sur les aigus notamment.

Les Aonic 215 conservent pourtant une partie des caractéristiques de la marque Shure. En premier lieu, la qualité toujours exceptionnelle des médiums. À la fois très naturels, précis, détaillés, absolument parfaits pour les genres vocaux, jazz en premier lieu. Sur ce point précis, difficile de lui trouver un concurrent. Le modèle est techniquement un cran au-dessus du lot, même face aux Sennheiser Momentum TW2, ou aux AirPods Pro, dont les médiums sont pourtant le point fort.

Le tableau n’est fatalement pas aussi rose sur le reste du spectre. Les basses, pourtant assez bien tenues même si plus en avant que le reste du
spectre, manquent encore un peu d’énergie. Enveloppantes, douces, elles n’ont pas autant de patates que les meilleurs TW, comme les Sony WF-1000Xm3 par exemple, plus dynamiques.

Les aigus sont également un peu étranges. Malgré une base technique vraiment évidente, cette gamme manque un peu de régularité. Légèrement montante, cette gamme de fréquences est surtout un peu oscillante, marquée par quelques creux et quelques pics assez secs. Cela peut donner, dans un même morceau, à la fois quelques très légers effets de voile, tout en ayant des sons un peu trop secs. Un pic, en particulier, se repère sur des instruments type violon, vite agressifs selon les signatures sonores.

Même si suffisamment polyvalent pour s’adapter à tout, les Aonic 215 sont bien plus à l’aise sur les genres vocaux et les genres un peu apaisés, pas trop agressifs, avec un mixage aéré. L’espace sonore est à la fois très large et très profond, extrêmement vaste pour un produit de ce type, même si parfois à la limite de la cohérence. Détaillés, d’une qualité technique au-dessus de la mêlé, les Aonic 215 auraient pu réussir encore mieux leur coup en proposant un réglage sonore plus régulier sur les aigus, et un peu plus dynamique sur les basses, moins atypique tout simplement. Pour une cible assez précise donc, qui pourrait bien être comblée par ces écouteurs.

L’avis de Clubic

Exemple même d’une hybridation True Wireless, le système Shure Aonic 215 True Wireless n’est pas loin de réussir quelque chose de grandiose. Bonne autonomie, isolation excellente, qualité technique évidente, les bases sont bien là. Reste que l’ergonomie et l’application sont encore trop
pauvres, les fonctions annexes inexistantes, et la réponse en fréquence un peu trop atypique pour être suffisamment universelle.

Shure Aonic 215

7

Technique, isolant, autonome, assez bien pensé, l'ensemble Aonic 215 de Shure reste légèrement coincé dans son format hybride, tout en proposant une ergonomie très perfectible. Un bon produit, mais pas pour tout le monde.

Les plus

  • Sonorité très technique
  • Isolation passive excellente
  • Bonne autonomie

Les moins

  • Boite très imposante
  • Ergonomie et application moyennes
  • Signature sonore atypique

Fabrication 7

Ergonomie 5

Autonomie 8

Isolation 8

Son 8

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