Test de la Devialet Phantom Reactor 900 : un format mini pour un son extra

le 04 juin 2019 à 18h10
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La note de la rédac
Alors que Devialet avait donné un grand coup de pied dans la fourmilière, en février 2015, en lançant son enceinte Phantom, le constructeur revient cette fois-ci avec un format plus compact : la Phantom Reactor est disponible en deux versions, l'une délivrant 600 Watts en puissance de crête et l'autre délivrant 900 Watts en puissance de crête. C'est cette dernière version qu'il nous a été possible de tester.

Mise à jour : Depuis que nous avons testé l'enceinte, La Phantom Reactor a reçu une mise à jour et profite désormais de la possibilité de coupler les enceintes pour une utilisation en stéréo. Malheureusement nous ne pourrons pas en dire davantage car nous n'avons pas pu les tester dans cette configuration.

Aujourd'hui, le constructeur français Devialet fait figure d'OVNI dans le paysage de l'audio, en France et dans le monde. Avec plus de 100 ingénieurs et presque 200 brevets, la marque française a reçu bon nombre de récompenses pour ses différentes technologies, plus ou moins révolutionnaires ; et garde toujours le même leitmotiv : « Faire profiter, à toujours plus de monde, le son le plus pur du monde ». Mais au-delà de ces grandes phrases de communicant, que propose réellement la Phantom Reactor vis-à-vis de son aînée, sortie il y a trois ans et demi ?

phantom reactor test.JPG
Le design de la grille de protection du tweeter n'est pas le seul point commun avec sa grande soeur

Un design hérité de la Phantom


La Reactor reprend trait pour trait le design de sa grande sœur, à l'exception de ses mensurations. En effet, elle est quatre fois moins grande et mesure seulement 219 x 168 x 157 mm.

Esthétiquement, la Reactor fait toujours penser à un « crâne d'alien ». L'arrière de l'enceinte est composé d'ailettes censées dissiper la chaleur tandis qu'à l'avant, nous retrouvons le tweeter protégé par une grille de protection reprenant le design typique de Devialet. Les boomers, situés, eux, sur les côtés, sont recouverts d'acrylonitrile butadiène styrène, un matériau qui présente deux utilités dans le cas présent : faciliter la diffusion des graves et des infra-graves, mais aussi créer un spectacle visuel qui laissera pantois quiconque passera devant l'enceinte.

Son design singulier fait ainsi de la Phantom Reactor un objet difficilement comparable à d'autres enceintes présentes sur le marché.

Sur la balance, c'est encore une autre histoire puisque la nouvelle enceinte de Devialet dépasse allègrement les quatre kilogrammes. Cette importante densité joue d'ailleurs un peu plus sur l'aspect « premium » du produit. Autrement dit, vous sentez que vous en avez pour votre argent.

Dans ces conditions on appréhende aisément le fait que la Reactor ne soit pas vouée à être déplacée régulièrement. D'ailleurs à cet effet, et comme pour les Phantom, Devialet a intégré un système de fixation pour monter l'enceinte sur des pieds.

Phantom reactor below.jpg

Devialet a, en outre, intégré une surface anti-dérapante sous l'enceinte. La combinaison de ces deux éléments confère à la Reactor une stabilité à toute épreuve malgré le débattement impressionnant des deux boomers.

Une connectique somme toute classique


La connectique, située à l'arrière de l'enceinte sous le dissipateur thermique, est composée : de l'alimentation secteur, du bouton on/off, d'une prise RJ45 gigabit, ainsi que d'une entrée commutable analogique et optique. Le premier autorise des débits allant jusqu'a 48kHz tandis que le second double ce débit pour atteindre 96kHZ. Pour rappel, la Phantom ne proposait qu'une entrée optique.

Devialet phantom reactor connectique.JPG

Autre nouveauté, Devialet a inséré un panneau de commandes tactiles sur le haut de son enceinte. Il intègre les boutons : play/pause, volume haut/bas, bluetooth et le bouton « link ,» qui vous permet de coupler l'application à l'enceinte lors du premier démarrage.

devialet phantom reactor panneau controle.jpg

Côté connectivité, l'enceinte de Devialet permet de se connecter via bluetooth (4.2), compatible avec les codecs AAC pour les possesseurs de produits Apple, et SBC pour les appareils équipés de puces Qualcomm. Avec une telle enceinte il serait néanmoins dommage de se limiter aux performances du bluetooth, qui dégrade le signal. La connexion Wi-Fi comprend quant à elle : Spotify Connect, Airplay et UPnP.

Or, c'est là que le bât blesse, car pour une enceinte commercialisée à ce tarif, nous serions en droit d'attendre un bluetooth 5.0 mais aussi une prise en charge de codecs proposant une dégradation minime, voire nulle - une grande pensée à l'apt-X HD ou au LDAC.

Enfin, l'application ne propose pas d'intégration native des services de streaming Hi-Res tels que Qobuz ou Tidal. L'utilisation de Bubble UPnP pour les android-users, ou Airplay, devrait cependant vous permettre de combler ces lacunes. Dernier regret : Airplay 2 n'est pas disponible à l'heure actuelle, et Devialet n'a pas annoncé de date de déploiement.

Ajoutons à cela qu'à l'heure où nous nous parlons, il n'est toujours pas possible de coupler ses enceintes, que ce soit pour profiter d'un rendu stéréo ou pour une utilisation multiroom.

Une jolie application... Sans grande utilité


Devialet nous propose une application au design soigné mais aux fonctionnalités limitées. En effet, si elle vous permet de configurer l'enceinte au premier démarrage, l'application n'aura par la suite que peu d'utilité : réglage du volume, sélection de la source, vérification des mises-à-jour, ainsi qu'une option permettant de réduire la latence entre le son et l'image au cas où vous utiliseriez la Reactor pour regarder des vidéos.

devialet app.jpg

Comme de nombreuses enceintes à l'heure actuelle, l'installation passe par l'application du constructeur.

« Une application au design soigné mais aux fonctionnalités limitées »


Pas de chance pour nous, malgré une connexion fibre de 1Gb/s et un positionnement à moins de 10 mètres du routeur, il s'est avéré impossible de se connecter via la connexion Wi-Fi. Afin de palier à ce problème, il nous a donc fallu opter pour le câble RJ45. Cette solution présente le principal désavantage de ne pas pouvoir positionner l'enceinte où on le souhaite.

devialet-application.jpg
Il ne vous reste qu'à trouver un joli petit nom

Connectée via le câble ethernet, la configuration de l'enceinte nous a pris moins de cinq minutes.

Maintenant que l'enceinte est reliée à l'application, la désagréable sensation de se sentir floué apparaît clairement. En effet, à part le réglage du volume, le choix de la source et la vérification de mise à jour, l'application n'a pas de grande utilité. Vous n'avez même pas la possibilité d'enregistrer une playlist ou un album sur un « bouton de presets ».

Enfin, on regrettera l'absence d'un égaliseur, bien que ce parti pris n'ai rien d'anormal pour une marque qui se targue de proposer « le son le plus pur du monde ».

Une exceptionnelle réserve de puissance pour un format si compact


La Phantom Reactor sait cependant très vite faire oublier ses lacunes liées à l'expérience utilisateur, et ce grâce à un son exemplaire dans la plupart des cas.

Notre playlist de test est composée exclusivement de pistes au format WAV ou FLAC encodé en 24 bits ou 16 bits.
  • Erik Truffaz - Bending New Corners
  • Elvis Costello - When did I stop dreaming
  • Social Distorsion - California (Hustle & Flow)
  • The Erised - Periphery
  • Ibrahim Maalouf - True Sorry
  • Dillon Francis - Masta Blasta
  • Massive Attack - Angel
  • Wim Mertens - Struggle for pleasure


La première chose qui nous frappe, c'est le son puissant que développe une si petite enceinte. En effet, avec un volume de 3L, la Reactor peut atteindre un volume maximal de 98 dB. De quoi voir venir dans une pièce de 30 m².

Ce qui est particulièrement intéressant ici, c'est que les boomers sont conçus de manière à causer le moins de vibrations possible. En prime, le montage à l'horizontal permet d'offrir, comme nous le disions en début d'article, un réel spectacle visuel.

Si vous aimez la musique underground, vous apprécierez la qualité des basses qui s'avèrent douces et percutantes, bien plus que tout ce que nous avons pu tester sur une enceinte du même gabarit. Attention toutefois, si vous poussez le volume.

Bardée d'électronique, la Phantom Reactor veille en permanence sur le boomer. Cela signifie que les musiques chargées de basses sont reproduites de façon exemplaire lorsque le niveau sonore est modéré. En revanche, dès que le volume est poussé, les basses se placent en retrait afin de conserver un équilibre global et laisser s'exprimer les autres fréquences. La qualité des basses est donc moins perceptible à très haut volume.

Les mediums et les aigus, eux, sont gérés par un seul haut parleur large bande. Cette conception fait simplement de la Reactor une enceinte deux voies.

À l'écoute, les mediums sont légèrement mis en avant par rapport aux aigus, ce qui améliore l'immersion sonore. Les voix restent très intelligibles et ce quelque soit le morceau écouté. Attention toutefois, car cette légère mise en avant à tendance à colorer certains morceaux.

Les aigus sont quant à eux extrêmement vifs et aériens. Les cordes pincées sont très présentes, tout comme les percussions. Attention alors au revers de la médaille : certaines percussions, comme les cymbales, ont parfois un aspect trop brillant voire chuintant.

Malgré le fait que la Phantom Reactor soit une enceinte deux voies, la gestion des différentes phases est parfaitement orchestrée et les différents sons se détachent bien les uns-des autres.

Néanmoins, dépendante d'un son monophonique et d'une conception qui laisse peu de place, la scène sonore de la Phantom Reactor semble vite confinée et étriquée. Ce ressenti se confirme d'autant plus lorsque nous lançons un morceau complexe comme peut l'être : Main Title Theme (From Star Wars de John Williams. De fait nous avons ici une reproduction écrasée et non très spacieuse, comme elle devrait l'être.

Malheureusement, à l'heure de notre test il était impossible de tester les fonctionnalités de couplage entre plusieurs enceintes. Il est très peu probable de retrouver ces problèmes avec des enceintes couplées en stéréo. La pilule d'une facture multipliée par deux est tout de même difficile à avaler, particulièrement lorsque l'on sait que les KEF LSX proposent de la stéréo pour à peine plus de 100€ qu'une seule Phantom Reactor.


Une enceinte qui ne ressemble à aucune autre


À première vue, Devialet a tenu son pari. Le constructeur a réussi à prendre l'intégralité de l'électronique contenue dans la Phantom (première du nom) pour la faire entrer dans une enceinte quatre fois plus petite ; une prouesse qui peut s'ajouter à celle de l'énorme réserve de puissance dont fait preuve cette enceinte compte tenu, toujours, de son petit format.

Malheureusement cette petite taille ne parvient pas à compenser un défaut : le manque de largeur de la scène sonore, comparé à d'autres enceintes. Un défaut qui pourrait être vite corrigé si Devialet développe rapidement le couplage des enceintes pour profiter d'un rendu stéréo, qui gommerait tous les défauts relevés sur la partie sonore.

«Vous profitez du caractère, du design et du son unique signés Devialet, et cela n'a pas de prix.»


Un peu capricieuse lors de la première connexion via la fibre, nous lui avons préféré une connexion RJ45, ce qui limite considérablement le choix de l'emplacement de l'enceinte - si on ne souhaite pas avoir à tirer un câble de plusieurs mètres au milieu de son salon. Hormis cela, l'application est jolie et agréable à utiliser, sans toutefois apporter un réel plus à l'utilisateur. Rappelons également qu'à l'heure actuelle l'application ne prend en charge qu'un nombre minime de services de streaming... Espérons qu'avec une mise à jour ce nombre tende à croître.

Aussi, s'il est possible de pardonner ces défauts sur un produit d'entrée de gamme, cela est plus difficile et moins compréhensible sur un produit commercialisé à 990€.

Malgré tout, et si vous passez outre les problèmes de connexion et d'application, que pourront régler des mises-à-jour, vous profiterez du caractère, du design et du son, uniques, que proposent les produits Devialet... et cela n'a pas de prix.

Phantom Reactor 900

Les plus
+ Design singulier repris de sa grande sœur
+ Construction et finitions soignées
+ Puissance phénoménale, sans distorsion notoire, au vu du format de l'enceinte
+ Débattement des boomers du plus bel effet
Les moins
- Application trop sommaire
- Connexion aux services de streaming trop limitée
- Configuration laborieuse via la connexion Wi-Fi
Design
Audio
Connectivité
4
Modifié le 05/06/2019 à 18h45
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