S’il est impossible d’obtenir un son de casque hifi sur un modèle gaming, pourquoi ne pas prendre le problème à l’envers ? Le concept de modèle HiFi avec microphone (détachable ou fixe) est déjà présent chez Beyerdynamics, Audio-Technica ou plus récemment Audeze. C’est au tour d’Asus de s’essayer à l’exercice. Sous l’égide de Hifiman, la marque taïwanaise présente le ROG Kithara, sa propre interprétation du casque de gaming audiophile.

L'asus ROG Kithara est un casque de gaming qui adopte en tous points les codes esthétiques et techniques d'un modèle Hifi © Guillaume Fourcadier pour Clubic
L'asus ROG Kithara est un casque de gaming qui adopte en tous points les codes esthétiques et techniques d'un modèle Hifi © Guillaume Fourcadier pour Clubic

Sur le papier, rien de révolutionnaire, puisque le ROG Kithara s’appuie sur une base de casque de salon ouvert avec coussinets circum-auriculaires. Il est livré à la fois avec un câble comprenant un microphone et une télécommande, et un câble classique avec terminaison modulaire. Si son design a été largement modifié par Asus, ce Kithara trouve comme base les créations Hifiman. Cet acousticien, bien connu des hifistes, est le spécialiste (avec Audeze) des haut-parleurs dits planaires, un genre qui a largement le vent en poupe.

Les plus
  • Son extrêmement technique, maitrisé, détaillé
  • Rendu particulièrement précis dans les basses
  • Captation du microphone naturelle
  • Confortable malgré les 420 g
  • Très bonne qualité de fabrication
Les moins
  • Aigus un peu trop en avant
  • Microphone sensible au souffle (placer relativement loin de la bouche)
  • Pas taillé pour les très petites têtes
  • Câble avec microphone un peu court

Design moderne, mais pas pour les petites têtes

Assez sobre et plutôt imposant, l’Asus ROG Kithara est presque une œuvre d’art pour qui connaît les casques Hifiman d’entrée et de milieu de gamme, dont certains détails de conception sont un peu datés. Ici, la patte Asus donne un résultat plaisant.

Sans être extrêmement beau, le Kithara se démarque assez favorablement dans la petite jungle des casques de jeu filaires © Guillaume Fourcadier pour Clubic

La robe noire du casque lui offre un côté passe-partout, très sobre, les coques ovoïdes avec un triangle aux angles arrondis (très Asus) apportent une touche d’élégance, la texture striée du bord des coussinets hybrides est assez moderne, et le système de double arceau très fin et de repose-tête flottant est discret. En somme, nous pouvons percevoir l’orientation gaming de l’Asus Kithara, sans que cela ne soit mis ostensiblement en avant. Hifiman ferait bien de s’inspirer d’Asus pour ses prochains casques.

Pas trop lourd en pratique, l'Asus ROG ne s'adresse en revanche pas aux petites têtes, coques/coussinets Hifiman étant toujours très hautes © Guillaume Fourcadier pour Clubic

En matière de conception, les choses sont plutôt positives. Au-dessus de la mêlée pour un casque de jeu, l’appareil mêle le plastique très dense (les coques) et le métal avec une certaine réussite. Pas d’approximation dans l’assemblage, une certaine souplesse, difficile de trouver de réels défauts. Nous pouvons pointer du doigt le fait que la structure n’est pas pliable, mais le Kithara ne prend pas trop de place une fois ses coques rabattues. Dommage de ne pas avoir livré de housse protectrice ici.

Malgré ses 420 g, le ROG Kithara est agréable à porter © Guillaume Fourcadier pour Clubic

Avec ses 420 g, ce qui est classique pour un casque planaire mais plutôt lourd pour un modèle gaming, nous aurions pu craindre un confort en demi-teinte. En l’occurrence, ce point est très soigné, puisque le repose-tête très large (et légèrement rembourré) ne génère aucune pression sur le sommet du crâne, même après de longues sessions, et le serrage du casque n’est absolument pas excessif, au contraire.

À la base du Kithara, il y a le Hifiman Ananda Stealth Magnet, un modèle bien plus sommaire côté design, portant modernisé par rapport à d'ancienne création de la marque © Hifiman

Hifiman met les petits plats dans les grands en accompagnant son modèle avec deux jeux de coussinets : une paire hybride avec intérieur en tissu et contour en similicuir traversé de stries parallèles ; un entièrement en velours. Ceux-ci sont particulièrement amples, doux et très respirants.

L'une des seules petites touches permettant de véritablement montrer son visage gaming, les coussinets hybride avec contour strié en simili © Guillaume Fourcadier pour Clubic

Tout irait pour le mieux dans le meilleur des mondes si le casque faisait un pas vers les petites morphologies. En effet, la hauteur des coussinets est telle que la partie inférieure déborde presque toujours (avec les petites têtes) sur le bas de la mâchoire. Cela n’est pas forcément synonyme d’inconfort, mais peut vite créer une sensation de gigantisme. Concernant la stabilité, celle-ci est correcte, mais ne résiste pas à un secouage de tête. Si nous devions replacer le casque face à ses deux seuls concurrents planaires d’Audeze, le LCD-GX et le Maxwell, l’Asus/Hifiman est bien plus recommandable, car plus respirant et bien plus léger (490 g et 495 g pour les Audeze).

Tout en filaire, pas de fioritures

L’expérience utilisateur d’un casque comme l’Asus ROG Kithara est plutôt simple à décrire, puisque, comme précisé plus haut, nous avons globalement affaire à un casque HiFi associé à une partie microphonique. Pas de liaison sans fil ni de traitement actif, pas de compatibilité particulière avec un logiciel, la seule contrainte est en théorie de trouver une sortie casque capable de s’accorder avec sa sensibilité de 96 dB/mW et son impédance nominale de 16 ohms. Dans les faits, de tels chiffres signifient tout simplement que pour atteindre un volume de 100 dB, une puissance d’à peine 5 mW est nécessaire, ce qui correspond à une tension de sortie de 0,28 V, tension que le moindre smartphone peut délivrer sans difficulté.

Le Kithara dispose d’une connectique assez standard, avec une embase jack 3,5 mm mono sur chaque coque. Ainsi, si le câblage proposé n’est pas satisfaisant pour l’utilisateur, ou s’il compte intégrer un autre microphone flexible en bout de câble, cela reste tout à fait envisageable.

La connectique est ici relativement standard, si bien qu'un utilisateur peut toujours prendre des câble (voire un microphone) optionnel chez un autre fabricant © Guillaume Fourcadier pour Clubic

Dans le packaging, Asus livre deux câbles. Le premier est un modèle de 1,8 m de long torsadé, se terminant par une connexion modulaire avec quatre trous et un détrompeur. Trois adaptateurs/terminaisons sont fournis : jack 3,5 mm, jack 6,35 mm, et jack 4,4 mm (connexion symétrique), généralement présente sur les bons ampli casques modernes.

Les plus tatillons se tourneront sans doute vers un DAC/ampli casque de qualité pour l'écoute standard, comme le Fiio K17 © Guillaume Fourcadier pour Clubic

Le second câble, lui aussi d’environ 1,8 m, dispose d’une terminaison à deux jack 3,5 mm, l’une pour la sortie casque, l’autre pour l’entrée microphone (sur une carte son). La connectique gauche côté casque est associée à un microphone flexible, et le séparateur comprend une télécommande avec commutateur mute pour le microphone, et une molette (analogique) d’atténuation du volume sonore.

Simple mais efficace, la télécommande du Kithara regroupe un commutateur pour le microphone, et un atténuateur © Guillaume Fourcadier pour Clubic

Afin d’être utilisable sur des configurations sans interface jack (PC portable, et smartphone), l’Asus ROG Kithara est également livré avec un adaptateur USB-C vers double jack. Seul manque, selon nous, un adaptateur jack à 4 broches (comprenant la connexion micro) vers double jack, afin par exemple d'associer le Kithara à une manette Xbox ou Playstation. Ce type d'adaptateur coûtant une poignée d’euros, ce n’est pas un réel souci.

A l’usage, l’Asus ROG Kithara se révèle simple à utiliser. La simplicité de son approche passive et filaire n’en fait pas un produit pour amateur de fonctions en tous genres, mais pour l’utilisateur se concentrant sur les deux points essentiels : qualité sonore et qualité du microphone. Ce dernier est très flexible, ce qui laisse une bonne marge d’ajustement (en l’approchant plus ou moins de la bouche), et la télécommande tombe parfaitement sous la main. Un câble un peu plus long, ou la présence d’une rallonge, serait tout de même un plus, puisque 1,8 m n’est pas toujours suffisant. La carte de son de notre PC fixe, placée à l’arrière, est ainsi un peu trop loin.

Solution de plus en plus présente sur le marché Hifi, l'approche modulaire permet de conserver un seul câble mais d'y associer diverses connectiques, y compris symétriques © Guillaume Fourcadier pour Clubic

Concernant le fonctionnement en tant que casque HiFi, aucun problème. Le câble avec connectique interchangeable est bien pratique, et suffisamment long pour aller du casque à une sortie casque/ampli.

Un microphone très précis, mais attention au souffle

Plutôt original pour une référence de type col de cygne, le microphone de l'Asus ROG Kithara n’utilise pas une capsule électrodynamique ou à condensateur (électrostatique) comme cela est le cas dans l’immense majorité des casques de jeu, mais un transducteur MEMS, c’est-à-dire un dispositif électromécanique. Ce genre de capsule est déjà largement démocratisé sur les casques Bluetooth et les écouteurs, mais à notre connaissance pas encore utilisé en version grande taille sur des microphones indépendants.

Fort original, le microphone intègre une capsule MEMS, technologie de plus en plus répandue, qui commence même à apparaitre en tant que haut-parleur sur certains écouteurs© Guillaume Fourcadier pour Clubic

Le fait est que la qualité de captation est globalement excellente, puisque ce transducteur parvient à capter la voix avec beaucoup d’équilibre et surtout beaucoup de nuances et de détails. Les petites inflexions de la voix ne sont pas lissées, le niveau technique de la capsule MEMS est évident. Loin de nous l’idée de comparer le rendu à celui d’un Shure SM7dB ou même d’un Rode PodMic, mais cet élément n’est pas un caillou dans la chaussure pour Asus.

En revanche, il est vraiment nécessaire de ne pas placer le microphone trop près de la bouche, du fait d’une assez grande sensibilité au souffle, aux plosives (consonnes en P et B), et aux sons sifflants. Cela s'explique probablement par la grande sensibilité du transducteur MEMS. La bonnette en mousse fournie limite à peine ce phénomène, il ne faut donc pas hésiter à bien vérifier le placement.

Le meilleur du gaming, les deux pieds dans la HiFi

En s’associant à Hifiman, Asus s’offre la technologie phare dans le monde du casque HiFi, le transducteur planaire, aussi appelé orthodynamique ou orthoplanaire. Plus lourd, mais à bien des égards plus intéressant que la bonne vieille technologie électrodynamique, ce type de haut-parleur est un argument de poids pour un modèle gaming. Actuellement, le seul autre casque gaming filaire de ce type est l’Audeze LCD-GX, mais son tarif flirte avec les 1000 euros.

Très plats, mais surtout très imposants, les transducteurs planaires ont de nombreux avantages par rapport aux haut-parleurs électrodynamiques classiques © Guillaume Fourcadier pour Clubic

En l’occurrence, ce haut-parleur est ici une référence de 100 mm, avec ensemble magnétique Stealth Magnet et membrane NsD (Neo Supernano Diaphragm), deux technologies propriétaires de Hifiman. Ce transducteur est, sur le papier, le même que celui du casque de salon Hifiman Ananda Stealth Magnet, modèle plus abordable (260 euros) mais moins complet (pas de micro, un seul jeu de coussinets) et moins travaillé sur la forme.

Est-ce vraiment une surprise ? L'Asus ROG Kithara délivre un son exceptionnel pour un casque de jeu, et a tout à fait sa place parmi les excellents modèles HiFi, particulièrement à moins de 500 euros. La science sonore de Hifiman permet ici de proposer un son cohérent, sans outrance à défaut d’être d’un parfait équilibre, et surtout immensément technique.

Le concept du haut-parleur planaire : une bobine plane fixé sur une membrane planaire, placé entre un ou deux réseau d'aimants © Asus

La signature sonore, pas vraiment habituelle pour un casque de jeu, peut se décrire ainsi : des basses presque plates, sans accident, des médiums tout aussi équilibrés, et des aigus déjà un peu plus animés. En l’occurrence, les hauts médiums/début des aigus sont légèrement creusés, ce qui permet d’adoucir certains sons, et les hautes fréquences sont globalement accentuées, bien que pas déraisonnables.

Le son n’est ainsi pas chaud, mais il n’est pas brillant ni agressif non plus, il n’y a pas une dominance de la clarté comme ce que la mesure pourrait laisser penser. Les effets de cette accentuation légèrement tardive dans les aigus sont synonymes de légère scintillance, qui peut plaire ou déplaire, mais qui apporte une bonne sensation d’ouverture. Nous privilégions légèrement les coussinets en velours, présentant certes un léger boost dans les très hautes fréquences, mais se permettant d’être un peu plus équilibrés sur le reste du spectre. La sensation d’équilibre est un peu plus présente.

Ci-dessus, la mesure (compensation pseudo-Harman) de la réponse en fréquence du Asus ROG Kithara. En rouge, avec les coussinets hybrides ; en bleu, avec les coussines velours. Pas parfaite, la signature sonore est toutefois bien équilibrée dans les basses et les médiums et parvient à afficher suffisamment de maitrise dans les aigus. Ces derniers sont accentués, mais jamais dérangeant à l'oreille

Si comme souvent avec les casques, un peu plus de simplicité dans ces hautes fréquences permettrait encore de hausser le niveau, difficile de trouver vraiment mieux dans cette gamme de prix. Le Kithara est très polyvalent, et ne vient jamais, même sur des situations spectaculaires comme une petite partie de Space Marine 2 ou de l’électro très rentre-dedans, nous vriller les tympans.

Mais la grande force du casque se trouve sans surprise dans les basses, parfaitement naturelles, générant une impressionnante ampleur et un côté texturé qu’on ne retrouve pratiquement jamais sur les autres technologies de haut-parleurs. D'aucuns préféreront appliquer un boost dans ce registre, mais en l’état tout est maîtrisé : le ROG Kithara est aussi bon dans l’impact que dans la douceur, le côté très physique du transducteur planaire est bien illustré ici.

Tout est affaire de gout. Le Sennheiser HD550 (au milieu) est sans doute le mieux réglé du lot, et un fabuleux casque électrodynamique, mais l'Asus met en avant les qualités techniques du genre planaires. Par contre, le casque est plus encombrant © Guillaume Fourcadier pour Clubic

En comparant avec deux bons casques ouvertement HiFi (câble microphone disponible chez le constructeur) convertibles en casques de jeu, le Meze 105 AER, et le Sennheiser HD550, difficile de les considérer comme des adversaires. L’Asus est tout simplement plus puissant et bien plus nuancé dans ce registre. Cela est également valable pour d’autres créations un peu plus expressives, comme le MMX300 de Beyerdynamics, certes énergique mais plus brouillon dans les graves, et particulièrement folâtre dans les aigus.

Dans son genre, le Sennheiser ne se laisse toutefois pas ridiculiser, puisqu’il bénéficie d’un peu plus d’équilibre sur les médiums et les aigus, ce qui le rend plus agréable à haut volume. De même, les deux casques électrodynamiques distillent une scène sonore un peu plus étendue sur les côtés. Le Hifiman affiche beaucoup de profondeur et de détails, notamment grâce à ses coussinets inclinés, ainsi qu’une excellente séparation des instruments, mais est plus naturel que véritablement démesuré dans sa représentation sonore.

Encombrant oui, mais très plat lorsque l'architecture reste ouverte. En l'occurrence, Hifiman n'a jamais vraiment réussi à créer de bon casque planaires fermés © Guillaume Fourcadier pour Clubic

Enfonçons donc des portes ouvertes, le Kithara est déjà un excellent casque HiFi pour son tarif. S’il n’est pas irréprochable, il parvient à concilier très grande technicité et caractère sonore polyvalent. Une égalisation peut être nécessaire selon les utilisateurs, mais en l’état nous avons affaire à un modèle des plus recommandables.

Asus ROG Kithara : l’avis de Clubic

Conclusion
Note générale
8 / 10

Se destinant à une frange de gamers prêts à sacrifier réglages, portabilité et fonctions avancés pour tout miser sur la qualité sonore et durabilité, l’Asus ROG Kithara remplit avec un certain brio sa mission.

Esthétiquement plus mature que les Hifiman qu’il prend comme base, ce casque de salon déguisé en modèle gaming va à l’essentiel, mais le fait sérieusement. Confortable bien que pas taillé pour les très petites têtes, livré avec ce qu’il faut en accessoires, il bénéficie en outre d’un microphone de qualité.

Mais l’argument principal est incontestablement sa qualité sonore, tout à fait à la hauteur d’un bon casque planaire. Sans révolutionner l’univers audio, le Kithara est clairement au-dessus de la moyenne des produits gaming, et aurait tout à fait sa place parmi les casques Hifi de cette gamme de prix.

Les plus
  • Son extrêmement technique, maitrisé, détaillé
  • Rendu particulièrement précis dans les basses
  • Captation du microphone naturelle
  • Confortable malgré les 420 g
  • Très bonne qualité de fabrication
Les moins
  • Aigus un peu trop en avant
  • Microphone sensible au souffle (placer relativement loin de la bouche)
  • Pas taillé pour les très petites têtes
  • Câble avec microphone un peu court
Sous-notes
Construction
9
Confort
8
Connectivité/fonctions
6
Microphone
8
Qualité sonore
9

Fiche technique Asus ROG Kithara

Résumé
Type de casqueFermé
Type de microOmnidirectionnel
Conception
Type de casqueFermé
Taille des transducteurs100mm
Type de transducteurTransducteur Planar Magnetic
Contrôle du volumeSur le casque
MicroOui
Type de microOmnidirectionnel
Sensibilité du micro-36 dB
Réponse en fréquence du micro20Hz - 20kHz
Poids420g
Connectivité
CompatibilitéPS5, Nintendo Switch, MacOS, Linux, Windows, iOS, Android, Xbox Series X, Xbox One, PS4
Liaison filaireJack 3.5mm
Longueur du câble1.8m
Spécifications audio
Bande passante (Fréquence Mini)8 Hz
Bande passante (Fréquence max)55 kHz
Réduction de bruit activeNon
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