Glenn Greenwald, le journaliste qui a aidé Snowden, accusé de cybercrime par l'État brésilien

22 janvier 2020 à 12h12
0
Edward Snowden

Les autorités brésiliennes ont annoncé avoir engagé des poursuites judiciaires à l'encontre de Glenn Greenwald. Le journaliste, connu pour avoir publié les informations révélées par Edward Snowden, est accusé d'avoir aidé des hackers à pirater les téléphones de hauts fonctionnaires du pays.

Découvrez notre dossier complet sur la protection des données personnelles


Glenn Greenwald est un journaliste américain d'investigation, spécialiste des sujets politiques. Il est particulièrement célèbre pour avoir publié, en 2013, les révélations du lanceur d'alerte Edward Snowden, quant aux pratiques de surveillance de masse mises en œuvre par la NSA, l'agence de renseignement américaine. Depuis, le journaliste s'est attiré les foudres de plusieurs membres du Congrès des États-Unis.

Une enquête mettant en cause le ministre de la Justice

Dernièrement, la justice brésilienne, pays dans lequel il est installé depuis 2004, s'est ajoutée à la liste de ses détracteurs. En effet, elle a requis l'inculpation de Greenwald, ainsi que de six hackers présumés, pour avoir publié des informations compromettantes au sujet de plusieurs hauts fonctionnaires. Celles-ci auraient été obtenues en piratant les téléphones des officiels, un délit que le journaliste aurait « aidé, guidé et encouragé ». Le parquet l'accuse également d'avoir entravé l'enquête, en incitant les hackers à effacer certains messages.


Cette décision intervient après la mise en ligne d'une série d'articles, en juin 2019, sur le site de Glenn Greenwald, The Intercept. On y découvrait les conversations entre les procureurs responsables de l'enquête anticorruption « Lava Jato » (« Lavage Express ») et Sergio Moro, alors juge chargé de l'affaire. Ces échanges mettaient ainsi en doute l'intégrité de ce dernier, qui a depuis été nommé ministre de la Justice par le Président Bolsonaro.

« Réduire au silence les journalistes »

Greenwald a vivement réagi à cette annonce, rejetant les accusations de cybercrime et qualifiant la décision « d'atteinte à la liberté de la presse et à la démocratie brésilienne » et de « tentative tyrannique de réduire au silence les journalistes ». « Je travaille en ce moment sur de nouveaux reportages et je continuerai à le faire », a-t-il ajouté.


Pour l'heure, il ne s'agit toutefois que d'une demande d'inculpation formulée par les procureurs publics. Il faudra ensuite qu'un juge l'ordonne, pour que celle-ci devienne effective. Cela n'a cependant pas empêché Eduardo Bolsonaro, fils du président et député de la ville de São Paulo, d'ironiser sur Twitter : « Glenn Greenwald a toujours dit qu'il aimait le Brésil et qu'il voulait connaître le pays en profondeur. Peut-être en fera-t-il la connaissance en prison... ».

Source : BBC News
Modifié le 31/03/2020 à 11h22
1
2
Partager l'article :
Voir tous les messages sur le forum

Les actualités récentes les plus commentées

Malgré le coronavirus, Tesla sauve les meubles au second trimestre 2020 avec plus de 90 000 livraisons
Contenus racistes et haineux : LEGO retire à son tour ses publicités des réseaux sociaux
Freebox Pop: retrouvez toutes les annonces présentées ce mardi !
La 5G, une technologie pour
53 millions de tonnes de déchets électroniques en 2019, un record pas très glorieux
Tesla continue de faire dans la pseudo-disruption et commercialise désormais des shorts...
Windows : le futur design du menu démarrer montre ses variantes
5G : à Singapour, Ericsson et Nokia sont préférés à Huawei, encore...
Facebook Messenger et WhatsApp bientôt réunis ?
scroll top