Voiture électrique : comment réduire son budget recharge ?

17 septembre 2020 à 12h12
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Le coût énergétique des voitures électriques a toujours été vanté, lui qui serait jusqu’à six fois moins élevé que celui des véhicules thermiques. Cependant, pour espérer réaliser de telles économies, il est bien souvent indispensable d’adopter certains bons comportements.

Disons-le d’emblée : cet article n’a pas vocation à vous recommander tel ou tel réseau de bornes, ni même un « pass » de recharge plutôt qu’un autre. Chaque automobiliste étant confronté à une situation qui lui est spécifique, la plupart d’entre vous ne se retrouverait certainement pas dans ces conseils. Considérez-le davantage comme un panorama plus ou moins complet du monde de la recharge et des réflexes à adopter pour mieux maîtriser votre consommation, ainsi que votre budget énergétique. Libre à chacun ensuite de retenir ce qui lui semble pertinent.

Bien choisir sa recharge à domicile

Alors qu’environ 8 automobilistes sur 10 rechargent leur voiture électrique à domicile1, un premier réflexe s’impose pour réduire votre budget : surveiller toutes les facettes qui jouent sur le coût de la recharge à la maison (l’abonnement, l’installation, les moments de recharge, etc.).

Le choix de l’abonnement

En premier lieu, il semble évident de choisir le bon contrat de fourniture d'électricité. Bien qu’il soit possible d’opter pour un abonnement « classique », il est généralement plus avantageux de souscrire une offre réservée aux propriétaires de voiture électrique. Certes, le coût de l'abonnement mensuel et le prix du kilowattheure en heures pleines seront, en règle générale, légèrement plus élevés. En contrepartie, vous pourrez néanmoins bénéficier d'un tarif plus avantageux en heures creuses et éventuellement le week-end2. Toutefois, gardez à l’esprit que ce choix ne sera avantageux que si vous rechargez votre véhicule lorsque le prix de l’électricité est au plus bas.

À l'heure actuelle, le nombre d’offres dédiées aux propriétaires de voiture électrique est encore limité. Malgré tout, plusieurs contrats peuvent se montrer intéressants et méritent la comparaison.

Le contrat Elec'Car d’Engie

Elec’Car est un contrat de fourniture d’électricité proposé par Engie. Sans engagement, il affiche un prix du kWh en heures creuses 50 % moins élevé qu'en heures pleines. Si vous avez besoin d’équiper votre domicile d’une solution de recharge, vous pouvez également souscrire Elec’Charge, un service prévoyant l'installation d'une Wallbox3.

Le contrat Vert Électrique Auto d’EDF

Proposé par EDF, Vert Électrique Auto est un contrat sans engagement et dont les prix sont fixes pendant 3 ans. Tout comme Elec’Car, cette offre garantit un tarif du kWh 50% moins cher durant les heures creuses par rapport aux heures pleines. Mais contrairement à la concurrence, EDF offre le choix entre deux options afin d’adapter le contrat à ses besoins.

  • L’option Heures Creuses : en souscrivant
    cette option, vous profitez d’un prix du kWh réduit pendant 8 heures chaque
    jour, généralement la nuit.
  • L’option Heures Creuses et Week-end :
    elle vous garantit un tarif attractif en heures creuses, le week-end et les
    jours fériés nationaux. En revanche, seuls les propriétaires d’un compteur
    Linky peuvent la souscrire.

En optant pour le contrat Vert Électrique Auto, vous profitez également d’un accès privilégié au Pass de recharge Izivia, une filiale d’EDF. Celui-ci vous permet d'accéder aux 100 000 points de recharge du réseau Corri-Door en France et en Europe4, bien que ce dernier connaisse quelques difficultés actuellement.

Le contrat Mobilité Verte de Total Spring

Développé par Total Spring, ce contrat propose aussi un prix du kWh en heures creuses moitié moins cher qu’en heures pleines. Il existe néanmoins une différence de taille : le pourcentage de réduction est calculé par rapport au tarif réglementé d’EDF, contrairement aux offres Elec’Car et Vert Électrique Auto qui le calcule par rapport au prix de leurs propres heures pleines. De plus, il vous garantit des prix gelés pendant une période de 12 mois5.

Réservé uniquement aux particuliers disposant d’un compte Linky, ce contrat a finalement été remplacé par l’offre Total Direct Energie. Bien qu’il ne soit plus possible de le souscrire, les personnes ayant opté pour Mobilité Verte continuent de profiter des mêmes avantages que lors de la souscription6.

Le contrat Heures Super Creuses de Total Direct Energie

Succédant à Total Spring, Total Direct Energie propose pour sa part l’offre Heures Super Creuses. Contrairement aux contrats d’EDF et d’Engie, elle n’est cependant pas réservée aux propriétaires de voiture électrique. De plus, elle prévoit trois plages horaires avec des tarifs différents :

  • les heures pleines de 7h à 23h, dont le prix est similaire au tarif réglementé d'EDF ;
  • les heures creuses de 23h à 2h et de 6h à 7h, dont le prix est 29 % moins élevé qu’en heures pleines ;
  • les heures super creuses entre 2h et 6h, dont le prix est 50 % moins élevé qu’en heures pleines.

Tout comme l’ancienne offre Mobilité Verte, le contrat Heures Super Creuses n’est cependant accessible qu’aux particuliers disposant d’un compteur Linky7.

La planification de la recharge

Vous l’aurez compris, les abonnements mentionnés plus haut ne sont avantageux que si vous êtes en mesure de profiter des tarifs en heures creuses. Pour cela, vous devez impérativement programmer la recharge de votre voiture électrique afin qu’elle se lance aux heures idoines. En la matière, deux solutions sont envisageables selon votre véhicule et votre équipement de recharge.

La programmation du véhicule

Désormais, la plupart des voitures électriques permettent de programmer le lancement de la recharge depuis le tableau de bord ou une application mobile dédiée. Toutefois, cette fonctionnalité est parfois proposée en option par les constructeurs et, pour certains modèles, ne permet pas de définir l’heure de fin de la charge.

À titre d’exemple, la programmation de la Renault ZOE n'est possible qu'avec My Z.E. Inter@ctive, une option gratuite pendant 1 an et qu’il vous faudra ensuite payer8.

La programmation de la borne

Quel que soit votre véhicule ou les options qu’il embarque, la principale alternative consiste à programmer les heures de recharge directement depuis votre borne. Si l'installation d'un programmeur sur une prise classique ou sur une prise renforcée, du type Legrand Green'Up Access par exemple, semble techniquement possible, cette solution est vivement déconseillée en raison des risques de surcharge.

Dans l’idéal, le paramétrage des plages horaires devra donc être
réalisé sur une Wallbox. Le choix d'une solution de recharge pour votre voiture électrique n'est d'ailleurs pas anodin, dans la mesure où les fonctionnalités proposées par les bornes fixes à domicile varient selon les modèles. À titre d’exemple, les modalités de programmation de la recharge ne seront pas les mêmes pour l'EVlink Wallbox de Schneider Electric, la Witty de Hager, la VE-Tronic WB-01 ou encore la Legrand Green'up Premium. Prenez donc le temps de vous renseigner avant de sélectionner votre Wallbox.

Le choix de votre infrastructure de recharge

Vous devez également avoir conscience que le choix de votre Wallbox va aussi avoir un impact sur votre budget global de recharge. Indépendamment du coût de charge en lui-même, le prix de l'équipement et de son installation peut en effet avoir un impact non négligeable sur vos finances.

Hors coût d'installation, le tarif d'une Wallbox est compris en moyenne entre 500 et 1 200 €. Si certains modèles offrent un rapport qualité/prix relativement attractif, à l'image de la VE-Tronic WB-01 proposée aux alentours de 600 € en version standard9, d'autres sont facturés plusieurs milliers d'euros. C’est le cas par exemple des Green'up Premium de Legrand, dont le prix varie entre 1 000 et 5 000 €10.

La demande d’aide à l’achat et à l’installation

Dans l’optique de réduire le coût d’installation de votre borne de recharge, vous avez la possibilité de solliciter différentes aides. Prenez donc le temps de vous renseigner, aussi bien auprès de votre installateur que de votre mairie, afin de connaître toutes les solutions qui s’offrent à vous.

Les aides nationales

Vous pouvez tout d'abord bénéficier du Crédit d'Impôt à la Transition Énergétique (CITE) pour l'achat et l'installation d'une Wallbox dans votre garage ou dans le parking de votre immeuble. Depuis le 1er janvier 2020, le montant de ce crédit d'impôt est de 300 €, incluant les frais de pose11. À celui-ci s'ajoute un taux de TVA réduit à 5,5%, au lieu de 20%, pour l'ensemble des travaux éligibles au CITE au sein des logements de plus de 2 ans.

Si vous habitez au sein d'un logement collectif, vous pouvez cumuler le crédit d’impôt avec l'aide Solution Individuelle du programme Advenir. À condition que la puissance de la Wallbox soit inférieure à 22 kW et que la borne et l'installateur soient labellisés par Advenir, vous profitez d'une aide financière correspondant à 50% du coût d’achat et de pose. Son montant est cependant plafonné à :

  • 600 € ;
  • ou 960 € si la borne dispose d'un pilotage énergétique (permettant une modulation temporaire de la puissance électrique appelable).

Bon à savoir : si la borne de recharge installée est à usage collectif, les plafonds de l'aide Advenir sont respectivement portés à 1 660 € et 1 300 €, avec et sans le pilotage énergétique12.

Les aides locales

Vous ne devez pas non plus sous-estimer les aides financières locales. Qu’elles soient attribuées par la commune, le département ou la région, elles sont généralement cumulables avec les dispositifs nationaux et peuvent permettre de considérablement réduire le coût de votre installation, principalement dans le cas d’une copropriété. On peut notamment citer les deux exemples suivants :

  • La ville de Paris propose une aide à l'installation d'une borne correspondant à 50 % du montant des travaux, dans la limite de 4 000 €, pour les bailleurs sociaux et les syndics13 ;
  • La région Grand Est peut financer à hauteur de 70 % la pose d'une borne de moins de 22 kVa, dans la limite de 1 300 €, au sein des copropriétés14.

Les aides des constructeurs

Avant d’acheter un véhicule électrique, renseignez-vous également sur les éventuelles aides accordées par les constructeurs pour l’acquisition et la pose d’une solution de recharge à domicile. Une fois encore, on peut citer deux exemples.

  • Nissan : à condition de passer par son partenaire Proxiserve, le constructeur nippon offrait la pose d'une prise renforcée en 2019, notamment pour l’achat d’une Leaf. Il pouvait également participer à hauteur de 536 € HT pour l'installation d'une Wallbox15.
  • Peugeot : de son côté, la marque au lion vous offre une prise standard renforcée de type Green'Up, hors coût d'installation. Peugeot vous propose également des tarifs compétitifs sur les autres solutions de recharge via son partenaire ZEborne16.

Anticiper sa recharge à l’extérieur

Certes, vous ne réalisez en moyenne que 5 à 10% de vos recharges sur des bornes publiques. Il faut dire que l’exercice est périlleux lorsqu’on sait que la France compte moins de 30 000 points publics de recharge au 1er juillet 2020, et ce, malgré une progression de 13 % sur un an17. Pourtant, il est essentiel de vous renseigner sur les réseaux auxquels vous avez accès, dans la mesure où leurs conditions tarifaires peuvent varier du tout au tout.

La comparaison des modes de paiement

Les badges d’accès

Le plus souvent, vous devez utiliser un badge d'accès réservé au réseau que vous utilisez ou un badge multi-réseaux. Au-delà des caractéristiques des bornes (puissance délivrée, compatibilité du véhicule, localisation, réseau accessible, etc.), pensez à surveiller les conditions de facturation. Retrouvez ci-dessous les caractéristiques des principaux pass multi-réseaux.

  • Le pass Izivia : vendue 15 € sans abonnement, cette carte applique une commission fixe pour chaque recharge, à l'exception du réseau Corri-Door. Sur celui-ci, les recharges sont facturées 1€ les 5 minutes. Il propose également deux formules d'abonnement (Zen à 3€/mois et Premium à 30 €/mois pour 2 pass) qui permettent de réduire le coût du
    pass et le coût de la recharge18. Notons cependant que le groupe a décidé de
    fermer définitivement 189 des 217 bornes Corri-Door installées en France19,
    limitant en partie l’attrait financier de ce badge.
  • Le Chargemap Pass : comme la plupart des opérateurs de mobilité donnant accès à divers réseaux, Chargemap facture le prix imposé par la borne, auquel s'ajoute une commission de service. Le montant est indiqué sur l'application mobile ou sur le site Internet. À titre d'exemple, le prix sera de 0,279 €/min sur certaines bornes Corri-Door, soit 1,395 € les 5 minutes – sans tenir compte des frais de lancement de la recharge - contre 1 € avec le pass Izivia20. Comptez également 19,90 € (sans abonnement) pour acheter le Chargemap Pass, ainsi que des frais pour chaque
    recharge dont le montant est évolutif.
  • La carte PlugSurfing : facturé 9,95 € sans abonnement, ce badge applique une commission fixe pour chaque nouvelle charge. Comme l'indique le comparatif de Beev, une recharge sur le réseau Corri-Door est – à titre d’exemple - facturée 0,79 €, montant auquel s'ajoute 0,288 €/min, soit 2,23 € les 5 minutes21.
  • Le KiWhi Pass : contrairement aux autres badges, le KiWhi Pass est l’un des seuls à être réellement transparent et clair sur ses tarifs. Sans abonnement, il vous en coûtera 19 € pour l'achat de la carte et 0,70 € de commission pour chaque recharge (sans compter le coût facturé par le réseau). Avec l'abonnement à 2 € par mois, la commission
    passe à 0,35 € par recharge22.
  • Le Pass Freshmile : tout comme le KiWhi Pass, ce badge sans abonnement facturé 4,99 € joue la carte de la transparence. Il vous en coûtera 0,19 € par kWh, somme à laquelle s'ajoute 0,01 €/min (sur les bornes de 3 à 22 kW) ou 0,22 €/min (sur les bornes de 44 à 50 kW)23.
  • La carte New Motion : bien que le badge soit gratuit et sans abonnement, la lecture de la tarification manque - là encore - de clarté. Comme l'indique New Motion, « nous proposons des services d'itinérance pour lesquels nous facturons un coût de transaction de 0,35 €, avec un plafond de 20 transactions par mois. Les coûts de recharge réels peuvent varier des tarifs locaux, et les tarifs
    peuvent varier d'une borne à l'autre
     »24. Il est donc nécessaire de se référer à l'application afin de connaître les tarifs à chaque borne.

Sachez d’ailleurs que certains constructeurs vous proposent gratuitement un badge ou un abonnement suite à l'achat d'un véhicule. C'est le cas par exemple de Nissan qui vous offre un pass pour son propre réseau (le Zero Emission Charge Pass) et, surtout, les 12 premiers mois d'abonnement au service KiWhi Pass. Même chose pour Mitsubishi et Renault, de quoi réduire votre budget recharge, tout du moins pour un temps.

Les modes de paiement alternatifs

Si les pass sont désormais incontournables pour payer votre recharge, vous disposez encore de certaines solutions alternatives. On peut notamment citer le paiement par carte bancaire nécessitant de scanner un QR Code avec son Smartphone, encore relativement peu développé, ou l'utilisation d'une carte prépayée. Ce dernier moyen est cependant peu attractif d’un point de vue financier en règle générale. Passons également sur le paiement par SMS ou par appel vocal, dont le coût est bien souvent prohibitif.

Pour réduire votre budget recharge, il est donc indispensable de réaliser un comparatif complet des solutions de paiement qui s’offrent à vous, quitte même à acheter plusieurs pass et à alterner selon les réseaux. Nous faisons d’ailleurs le choix de ne pas nous y essayer, dans la mesure où de nombreux critères vont dépendre de votre situation personnelle : réseaux compatibles avec votre véhicule, nombre hebdomadaire de recharges, puissance de recharge, etc.

La comparaison des prix pratiqués

Pour simplifier le choix d'une solution de paiement, mais également
d'un réseau de bornes, il est également indispensable de comparer les réseaux. Un réflexe d'autant plus important que, parmi les 30 000 points de recharge ouverts au public, 54 % d'entre eux ne sont pas situés sur la voirie (elles sont implantées sur des parkings privés, des sites d’entreprise, etc.).

Pour réaliser cet exercice, Chargemap se révèle indispensable. Commercialisant le Chargemap Pass, cette entreprise propose une carte des bornes de recharge, accessible via un site dédié et une application. En plus de fournir de très nombreuses informations utiles (localisation des bornes, nature de l'énergie, modalités de paiement, horaires, puissance des bornes, badges compatibles, etc.), ce service vous permet avant tout de comparer les prix de recharge avec le Chargemap Pass. Vous y retrouvez notamment :

  • le prix au kWh ou à la minute ;
  • le montant des frais de lancement ;
  • le montant des frais d'occupation (si votre véhicule reste immobilisé trop longtemps sur une même place) ;
  • les créneaux horaires avec des conditions tarifaires spécifiques.

Et pour les autres pass multi-réseaux ? Vous n’avez d’autre choix
que d’utiliser l’application mise à votre disposition, notamment pour
Plugsurfing et Izivia, afin de connaître le prix exact de la recharge et ainsi
pouvoir réaliser des comparaisons. Mais autant le dire : l’exercice peut
vite s’avérer chronophage.

La comparaison des réseaux de recharge

Pour compliquer davantage les choses, vous devez également savoir que chaque réseau applique ses propres conditions tarifaires. Des conditions qui, en outre, ont tendance à évoluer régulièrement. Indépendamment du coût du mode de paiement choisi (pass, carte bancaire, etc.), il est donc indispensable de comparer la politique de chaque réseau si vous souhaitez diminuer votre budget recharge. Une fois encore, rappelez-vous cependant que le prix n’est pas le seul critère pour choisir votre borne ou votre réseau (type de prise, puissance délivrée, etc.).

Le réseau Corri-Door

Géré par Izivia comme nous l'avons déjà vu, ce réseau est actuellement dans la panade et ne devrait pas - a priori - réussir à se relever avant 2021. C’est d’ailleurs peut-être pour cette raison que les pratiques tarifaires manquent légèrement de transparence. Certes, les prix sont très clairs avec le Pass Izivia : 1 € les 5 minutes en formule sans abonnement, 0,70 € avec l'abonnement Zen et 0,50 € avec la formule Premium (avec 2 heures de recharge offertes)25. On peut aussi noter que le tarif est de 0,247 €/min avec le Chargemap Pass, somme à laquelle s’ajoute 1,452 € de frais de lancement26. Avec un autre opérateur ou même tout simplement sans pass, difficile de savoir ce qu’il en est, et ce, bien que des accords d’interopérabilité aient été conclus avec plusieurs fournisseurs de pass (Plugsurfing, Freshmile, etc.).

Les stations Ionity

Avec la quasi disparition de Corri-Door, le réseau Ionity dispose désormais d'une position de force sur les autoroutes. Il en a d'ailleurs profité au début de l'année pour revoir ses prix à la hausse. Pratiquant auparavant un forfait à 8€ par recharge, les stations facturent désormais 0,79 € par kWh. Comptez par exemple plus de 30 € pour le « plein » d’une batterie d’une capacité de 40 kWh27.

Pour ne rien arranger à nos comparaisons, le réseau applique des tarifs privilégiés pour certaines marques, notamment allemandes. À titre d'exemple, les propriétaires d'une Audi ayant souscrit un abonnement mensuel - facturé 17,95 € - bénéficient d'une recharge à 0,33 € du kWh. Et cela ne s’arrête pas là : depuis le 1er mai, le prix de la recharge est passé à 0,50 €/kWh... mais uniquement sur les bornes multistandards de 50 kW28.

Les bornes Lidl

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, Lidl dispose d'un large réseau, avec pas moins de 608 zones de recharge réparties dans toute l'Europe, principalement en France29. Le comparatif va être beaucoup plus rapide ici : la charge y est 100 % gratuite. Une stratégie pour attirer des clients dans ses magasins et qui, d’ailleurs, a été reprise par d’autres enseignes, à l’image d’Ikea et d’Auchan.

Le réseau Allego

Les stations Allego sont principalement concentrées au Pays-Bas et dans les pays voisins, raison pour laquelle vous pourrez plus facilement les trouver lors de vos voyages à travers le Vieux Continent ou à proximité de la frontière belge. Côté budget, comptez 0,325 €/kWh sur une borne de recharge standard (jusqu'à 22 kW) et 0,69 €/kWh sur une borne rapide en Belgique30. Le réseau invite néanmoins à télécharger l'application Smoov pour connaître le tarif exact, dans la mesure où les prix peuvent varier d'une commune à l'autre dans certains pays.

Les stations des pétroliers

Shell, Avia, BP... la plupart des distributeurs de carburant ont également l'ambition de développer leur propre réseau de recharge. Mais, malgré les annonces, le nombre de stations disponibles est encore extrêmement limité. Le plus avancé à l'heure actuelle semble encore être Total, bien qu'il ne revendique que 300 sites équipés (1 000 attendus pour 2022)31. Question prix, le réseau s’aligne plus ou moins sur la concurrence : avec la carte Total Multi Énergies, il vous en coûtera 0,35 €/kWh sur une borne de recharge standard et 0,55 €/kWh sur les bornes de 175 kW32.

Les bornes en concession

La plupart des constructeurs ont également développé leur propre réseau, où la recharge y est généralement gratuite. C'est le cas par exemple de Nissan qui revendique plus de 350 bornes installées au sein de ses concessions, mais également sur le parking de partenaires (grande surface, etc.)33. Même politique pour Renault qui annonce plus de 400 concessions disposant de bornes gratuites34. Bien que leur réseau soit moins développé, Peugeot, Volkswagen ou encore Kia proposent la même solution à leurs clients, parfois réservée à ceux qui disposent d’un badge d’accès spécifique. Toutefois, comme le soulignent nos confrères de chez Automobile Propre, l'utilisation des bornes en concession s'avère bien souvent aléatoire, principalement en raison d'un niveau de maintenance et de participation très variable d'un site à l'autre35. À la place, n'hésitez pas à regarder du côté des centres commerciaux, des restaurants et autres commerces, où la recharge - parfois conditionnée à la possession d'une carte délivrée par l'établissement – y est bien souvent gratuite également.

Les réseaux locaux de recharge

Pensez aussi aux réseaux de recharge locaux qui, au quotidien, peuvent constituer une solution intéressante pour réduire votre budget. À défaut de tous les citer, présentons néanmoins les plus importants.

  • Bélib’ : lancé en 2016, le réseau francilien propose tout d'abord une formule sans abonnement, au prix de 0,067€/min durant la première heure, puis 0,266 €/min au-delà. En achetant le badge Bélib' pour 15 €, le tarif passe à 0,016 €/min durant la première heure, puis
    0,266 €/min ensuite sur les bornes d'une puissance maximale de 22 kW. Sur les
    bornes de 3 kW, la recharge est facturée le même prix entre 8h et 20h, tandis
    qu'elle est gratuite durant la nuit36.
  • Autolib’ : plus ou moins à l'abandon depuis la fin du service d'auto-partage en 2018, les stations Autolib' devraient bientôt faire leur grand retour dans la Capitale et ses alentours suite à un appel d’offres lancé par la Métropole du Grand Paris. Pour l'heure,
    le service est facturé 1 €/h, puis 3 € par heure supplémentaire. Entre 22h et
    7h, le même tarif s'applique mais il est plafonné à 6 €. À cela s'ajoutent 1 €
    pour réserver une place et 15 € de frais d'inscription au service37.
  • CNR : installé dans la Vallée du Rhône, le corridor électrique du CNR compte 50 bornes, gérées par Freshmile. Pour un usage occasionnel, il est possible de payer par carte bancaire via son Smartphone ou en appelant un serveur vocal interactif. Le tarif est alors de 5
    € par tranche de 45 minutes. Avec l'abonnement à 10 €/mois, le prix passe
    à 1 € les 10 minutes42.

Les Superchargeurs de Tesla

Le réseau de Superchargeurs Tesla est un peu un cas à part dans le paysage de la recharge. Pour les premiers automobilistes ayant acheté un véhicule de la marque, la charge est gratuite car ils disposent d’un crédit illimité. Cela constituait d’ailleurs un argument commercial pour développer les ventes au lancement de Tesla. Pour les acquéreurs plus récents, le constructeur proposait un crédit de 400 kWh, soit environ 1 600 kilomètres de recharge par an offerts.

Mais même pour ceux ne disposant pas de la recharge gratuite, le tarif reste de loin le plus avantageux : comptez 0,24 € par kWh en France43, bien que des frais supplémentaires puissent s'appliquer dans certaines situations (véhicule toujours branché malgré une recharge complète, coût de l'électricité utilisée pour la climatisation durant la recharge, etc.). Et bien que l’ouverture du réseau aux autres marques ait plusieurs fois été évoquée, seuls les propriétaires d'une Tesla y ont accès pour le moment. Une situation qui ne semble d’ailleurs pas prête d’évoluer, au vu de l'investissement réalisé pour la création des infrastructures.

Réduire sa consommation énergétique

Si le choix de la solution de recharge à domicile et à l’extérieur est déterminant pour réduire votre budget, vous disposez d’autres leviers pour maîtriser le coût de vos recharges. En la matière, c’est principalement la limitation de vos consommations qui peut faire une énorme différence.

Le choix d’un véhicule peu énergivore

Au moment de choisir une voiture électrique d’occasion ou neuve, il est légitime de se concentrer principalement sur le prix du véhicule et sur son autonomie. Résultat ? La consommation est bien souvent moins prise en compte, alors même qu’elle va avoir son importance sur votre budget et sur votre confort. Indépendamment de la capacité de la batterie, il est important d’avoir un point de repère pour pouvoir comparer les modèles : la consommation moyenne des voitures électriques tourne aux alentours de 15 kWh aux 100 kilomètres.

À défaut de proposer un tour d’horizon complet, notons simplement qu’il
existe certains bons élèves en matière de consommation théorique. On peut par exemple citer la Hyundai Ioniq Electric (12,5 kWh/100 km)44, la Skoda Citigo-e iV (13,9 kWh/100 km)45 et la Seat Mii Electric (14,4 kWh/100 km)46. A contrario, d’autres modèles affolent les compteurs. C'est le cas par exemple de la Tesla Model X P100D (22,6 kWh/100 km), de la Tesla Model S P100D (20 kWh/100 km), de la Smart EQ Fortwo (jusqu'à 19,3 kWh/100 km), de la Renault Zoé 2 R135 (17,7 kWh/100 km) ou encore la Porche Taycan 4S (jusqu’à 26,2 kWh/100 km).

Bien que ces chiffres indiquent simplement la consommation théorique WLTP – la consommation réelle pouvant exploser, notamment sur autoroute -, ils permettent de mieux se rendre compte des
différences qui existent entre les modèles.

La limitation de la vitesse

Comme vous le savez déjà certainement, le mode de conduite a un impact non négligeable sur l’autonomie des batteries et, par la même occasion, sur la consommation énergétique du véhicule. Pour réduire votre budget recharge global, vous devez donc avoir le réflexe de limiter votre vitesse. À titre d’exemple, la consommation d’un véhicule sur autoroute peut être 2 fois plus importante que sa consommation WLTP théorique. C’est d’ailleurs pour cette raison que la plupart des véhicules électriques – à l’exception des modèles plus puissants ou haut de gamme – ont une vitesse maximale bridée aux alentours de 130 km/h. Si vous souhaitez donc faire des économies, plusieurs bons comportements s’imposent :

  • acceptez de rouler à 80 ou 120 km/h au lieu de 90 ou 130 km/h ;- limitez au maximum les déplacements par l’autoroute, d’autant plus que la recharge y est généralement plus onéreuse ;
  • utilisez le plus possible le limitateur de vitesse afin de conserver une vitesse homogène ;
  • activez le mode éco-conduite – si vous en disposez – afin que les accélérations soient mieux contrôlées.

La modification de votre conduite

Si la vitesse joue sur votre consommation énergétique, c’est également vrai pour votre style de conduite. En plus d’utiliser l’éventuel mode éco-conduite, vous pouvez ainsi adapter votre comportement afin de réduire au maximum le nombre de recharges à réaliser :

  • adoptez une conduite souple, notamment au démarrage et au moment des reprises ;
  • limitez les accélérations trop franches ;
  • évitez de freiner brusquement ;
  • profitez du freinage récupératif, permettant de regagner un peu d’autonomie alors même que vous roulez.

Pour les automobilistes déterminés à réduire au maximum leur facture énergétique, il est même possible de sélectionner ses itinéraires en fonction des caractéristiques de la route : tronçons où la vitesse est limitée (départementales et nationales), itinéraire avec un dénivelé négatif, trajet où le coût des recharges est le plus faible, etc. Pour y parvenir, vous pouvez suivre les conseils de votre ordinateur de bord, tel que le R-Link dont est dotée la Renault Zoé, ou même utiliser une application dédiée, à l’image du site A Better Routeplanner.

Un usage limité des équipements de confort

Toujours dans l’optique de réduire votre consommation et, in fine, votre budget recharge, il est également possible de limiter votre usage des équipements de confort. Dans le cas d’une utilisation intensive, ils peuvent en effet grever votre autonomie de l’ordre de 10 à 30 %, tout particulièrement en été et en hiver où la batterie est soumise à rude épreuve47. Pour vous en prémunir, vous pouvez adopter plusieurs gestes relativement simples :

  • si vous vous déplacez seul ou à deux, préférez activer le volant et les sièges chauffants de la voiture plutôt que de chauffer tout l’habitacle ;
  • programmez la climatisation ou le chauffage avant votre départ afin de profiter de la recharge, notamment à domicile, pour tempérer l’intérieur du véhicule.

Les autres pistes

D’autres solutions s’offrent à vous en vue de maîtriser votre consommation énergétique. Bien que leur impact direct soit un peu plus limité que l’adaptation de la conduite et de la vitesse, ces gestes peuvent également faire une différence :

  • limitez la prise au vent de votre voiture, notamment en roulant avec les fenêtres fermées et en évitant de transporter des accessoires (galerie, porte-vélos, etc.) ;
  • évitez de transporter des équipements inutiles au quotidien afin de limiter le poids du véhicule ;
  • à condition de ne pas impacter les performances d’adhérence et de freinage, surgonflez légèrement vos pneus afin de réduire la résistance au roulement ;
  • évitez de vous stationner en plein soleil afin de préserver les performances de la batterie.

Préserver les performances de votre batterie

La façon dont vous rechargez la batterie de votre voiture électrique va aussi avoir des conséquences sur ses performances et, indirectement, sur votre consommation énergétique. Même si l’impact sur votre budget recharge ne sera pas mirobolant, certains comportements peuvent vous permettre de réaliser quelques économies à long terme.

La limitation des cycles complets de décharge-recharge

Pour préserver les performances et la durée de vie de la batterie de votre voiture électrique, vous devez adopter un réflexe vital : éviter à tout prix les cycles complets de charge et de décharge. Pourquoi ? Tout simplement car, l’un comme l’autre, ils vont irrémédiablement dégrader la batterie. C’est d’ailleurs pour vous simplifier la tâche que la majorité des constructeurs limitent les possibilités de recharge complète. À titre d’exemple, la capacité de charge chez Hyundai est bridée à 90 % de la capacité réelle48. On retrouve la même idée avec les modèles Tesla, tandis que chez Renault on préfère communiquer sur la capacité utile de la batterie plutôt que sur sa capacité réelle.

La surveillance de la décharge

Si vous souhaitez préserver les performances de votre véhicule électrique le plus longtemps possible, il convient donc de respecter les directives des constructeurs. En la matière, ils conseillent pour la plupart de ne décharger la batterie au-delà de 20 % que de manière occasionnelle, tandis qu’une décharge en dessous de 5 % est à bannir absolument. Pour les utilisateurs d’une Renault, la consigne est encore plus stricte puisque le constructeur tricolore recommande à ce que la batterie dispose constamment d’une capacité comprise entre 30 et 80 %49.

Le jonglage entre cycles courts et cycles longs

Dans l’optique d’éviter les recharges complètes, les constructeurs recommandent généralement d’opter pour des cycles courts et réguliers. Si cette habitude peut préserver les performances de votre batterie, elle n’est cependant pas toujours pertinente si vous souhaitez faire des économies, et ce, pour une raison toute simple : si vous rechargez à l’extérieur, vous devrez généralement assumer des frais pour le lancement à chaque recharge comme nous l’avons déjà vu. En multipliant les cycles courts sur des bornes publiques, votre budget risque donc rapidement d’exploser. Conséquence ? Il vous faudra apprendre à jongler entre cycles courts et cycles longs, principalement en fonction de votre lieu de recharge.

La recharge lente

Bien que les automobilistes en aient rarement conscience, la recharge rapide doit rester exceptionnelle. En effet, l’apport d’une quantité importante d’énergie durant un court laps de temps a pour conséquence de réduire irrémédiablement la capacité de la batterie. Une fois encore, vous devez donc faire preuve de souplesse : opter pour une recharge lente, tout en surveillant le coût à la minute facturé sur les bornes publiques. Autant dire que l’exercice est loin d’être de tout repos.

Modifié le 25/09/2020 à 15h54
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