L'ESA veut forer la surface de la Lune à la recherche d'eau et d'oxygène

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Le 22 janvier 2019
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La Lune est au centre de toutes les attentions ces temps-ci ! L'agence spatiale européenne (ESA) ambitionne, elle aussi, de conquérir notre satellite naturel et vient de conclure un contrat avec ArianeGroup dans le but d'étudier la possibilité d'aller sur la Lune avant 2025.

Alors que la NASA a annoncé il y a quelques semaines un ambitieux partenariat avec neuf entreprises privées américaines dans le but de retourner sur la Lune d'ici 10 ans et que, de son côté la Chine vient d'affirmer ses ambitions spatiales avec l'atterrissage sur la face cachée de la Lune de l'aventureux Chang'e4 accompagné de son rover Yutu-2, c'est maintenant au tour de l'ESA de poser les bases d'une éventuelle mission lunaire.

L'ESA entend exploiter les ressources de la Lune

L'Europe porte elle aussi de grandes ambitions dans le domaine de l'exploration spatiale. Nous le savions déjà grâce aux diverses missions scientifiques et programmes que l'ESA a développés au fil des années, souvent en collaboration avec d'autres agences spatiales (Rosetta, Cassini-Huygens, Bepi Colombo pour ne citer qu'eux), ses lanceurs (Ariane et Vega), mais aussi avec des projets comme ExoMars 2020 dont le lancement à destination de la planète rouge est prévu, comme son nom l'indique, pour juillet 2020.

Dans le cadre d'un contrat de 12 mois conclu avec ArianeGroup et annoncé le jour de l'unique éclipse lunaire de l'année, on apprend que l'ESA entend également partir à la conquête de la Lune. Bien que l'on ne parle ici pour le moment que d'une étude concernant « la possibilité d'aller sur la Lune avant 2025 », le communiqué de presse d'ArianeGroup nous indique que son objectif serait « l'exploitation du régolithe, un minerai duquel il est possible d'extraire eau et oxygène, permettant d'envisager une présence humaine autonome sur la Lune et aussi de produire le carburant nécessaire à des missions d'exploration plus lointaine ».

De son côté, David Parker, directeur de la branche Exploration, humain et robotique à l'ESA, a déclaré : « L'utilisation de ressources spatiales pourrait être un élément clé de l'exploration lunaire durable. Cette étude s'inscrit dans le cadre du plan global de l'ESA visant à faire de l'Europe un partenaire de l'exploration mondiale au cours de la prochaine décennie ».

Ariane 6, un lanceur taillé pour cette mission ?

Entré en phase de production depuis début 2018, le lanceur Ariane 6, dans sa version 64, pourrait être la solution de transport retenue pour cette éventuelle mission européenne vers la Lune. C'est par ailleurs ce que le président exécutif d'ArianeGroup, André-Hubert Roussel, a précisé après l'annonce de l'étude de faisabilité ce 21 janvier : « Nous avons le lanceur pour aller sur la Lune, c'est Ariane 6, et précisément la version 64, qui est capable d'emmener 8,5 tonnes en orbite cislunaire. Il nous faudra adapter la partie haute d'Ariane 6 à la mission et au largage du petit robot lunaire ». Rappelons que le premier vol inaugural d'Ariane 6 devrait intervenir en 2020.

ArianeGroup et l'ESA ne seront pas les seuls à travailler sur ce projet. La startup allemande PT Scientist ainsi que les Belges de Space Applications Service seront respectivement chargé du développement de l'atterrisseur lunaire ainsi que des moyens de communication, de contrôle au sol et des services associés.

En cette année 2019 du cinquantième anniversaire des premiers pas de l'Homme sur la Lune, ce projet - qui pour le moment ne porte que sur l'utilisation in situ des ressources lunaires - laisse entrevoir l'espoir d'une base lunaire quasi autonome comme escale entre la Terre et Mars, un peu à l'image des récentes ambitions dévoilées par la NASA.


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