Facebook : les utilisateurs accepteraient de céder leurs données personnelles contre quelques euros

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Une étude américaine réalisée dans six pays montre que les utilisateurs du réseau social sont prêts à partager leurs informations privées, avec une certaine différence tout de même selon le territoire.

Beaucoup soutiennent l'idée qu'en plus ou à la place d'une taxation des grandes plateformes numériques, les utilisateurs, notamment des réseaux sociaux, devraient être rémunérés pour l'utilisation de leurs données personnelles. L'ancien ministre de l'Économie Arnaud Montebourg, que nous avons rencontré le mois dernier, soutient l'idée. Et Facebook même, épinglée par la polémique entourant le traitement des conversations captées par les assistants vocaux, vient d'annoncer l'ouverture d'un programme destiné aux utilisateurs d'écrans Portal, qui doit payer les participants au-delà d'une certaine sollicitation.


Les Allemands plus exigeants

L'étude publiée par le groupe de réflexion américain Technology Policy Institute (TPI) et relayée par nos confrères britanniques du Guardian tombe à point nommé. Celle-ci révèle que les utilisateurs sont ouverts à une rémunération en échange du partage de leurs données personnelles.

Des six pays ciblés par l'étude, la première à d'ailleurs véritablement quantifier la valeur de ses données en ligne, c'est l'Allemagne qui est le pays le plus gourmand. Les utilisateurs Facebook d'outre-Rhin accepteraient de partager leurs informations de contact avec la plateforme en échange de 8 dollars par mois, soit environ 7 euros. À l'inverse, les utilisateurs américains pourraient céder leurs données contre 3,50 dollars (3 euros). Une différence d'exigence qui est plus culturelle qu'autre chose, l'Europe étant historiquement plus attachée à la protection des données personnelles que les Nord-américains.


Une valeur différente selon le type de données

Selon l'étude du think tank qui a examiné les habitudes d'utilisateurs provenant d'Allemagne, des États-Unis, du Mexique, du Brésil, d'Argentine et de Colombie, les abonnés au réseau social donnent une certaine valeur à des informations financières, comme leur solde bancaire ; biométriques, comme les données d'empreintes digitales ; et de géolocalisation, qui sont pour ces dernières les « moins précieuses » aux yeux des utilisateurs.

Technology Police Institute indique, au terme de son enquête, que les plateformes numériques devraient rémunérer chaque utilisateur à hauteur de 8,44 dollars par mois pour le partage de ses informations bancaires (comme le solde ou la liste des achats réalisés), et 6,05 dollars pour lire le contenu écrit par les utilisateurs.

Pour partager leurs données de localisation, les internautes seraient prêts à n'être payés que 1,82 dollar par mois. Pire, ils ne réclameraient rien pour l'envoi de publicités par SMS, une tendance surtout forte chez les utilisateurs latino-américains, moins chez les Américains et Allemands.

Source : The Guardian
Modifié le 27/02/2020 à 16h24
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