L'Europe active DestinE, pour créer une réplique numérique de la Terre, cruciale pour lutter contre le changement climatique

Alexandre Boero
Par Alexandre Boero, Journaliste-reporter, chargé de l'actu.
Publié le 11 juin 2024 à 08h03
La surface de la Terre, vue depuis l'espace © cenkgursoylu art studio / Shutterstock
La surface de la Terre, vue depuis l'espace © cenkgursoylu art studio / Shutterstock

Grâce à un financement de plus de 315 millions d'euros, l'Union européenne a franchi, lundi, une étape majeure dans la modélisation de la Terre. Elle a activé le système initial de l'initiative baptisée « DestinE ».

Il y a deux ans maintenant, et en partenariat avec différentes entités, comme l'Agence spatiale européenne (ESA), Bruxelles avait lancé la « Destination Earth » (DestinE), qualifiée comme une initiative phare « visant à développer un modèle numérique très précis de la Terre à l'échelle mondiale ». Ce jumeau numérique doit permettre de surveiller, de simuler et de prédire les liens entre les activités humaines et les phénomènes naturels, dans le but de lutter contre les effets destructeurs du changement climatique. Ce lundi 10 juin 2024, une nouvelle étape a été franchie par la Commission européenne, qui a activé le système initiale de DestinE.

Des jumeaux numériques très précis de la Terre d'ici 2030

Margrethe Vestager, la vice-présidente exécutive de la Commission européenne, n'était pas peu fière ce lundi de participer à l'activation, en compagnie du ministre finlandais de l'Emploi Arto Satonen, de Destination Earth. Le cap est bel et bien mis sur le développement d'un jumeau numérique très précis de la Terre.

Les ordinateurs européens à haute performance (EuroHPC) ont enfin été chargés de simuler les effets des phénomènes météorologiques extrêmes et plus globalement du changement climatique. Parmi les machines sollicitées, on retrouve le supercalculateur LUMI, installé à Kajaani… en Finlande, vous l'aurez deviné.

À l'aide des ordinateurs EuroHPC et de l'intelligence artificielle, le système DestinE a à sa disposition des capacités de modélisation jugées « sans précédent » par Bruxelles. Désormais opérationnel dans sa première version, il doit évoluer jusqu'à fournir des services supplémentaires d'ici 2027. Il sera notamment garni de développements en matière d'IA et permettra des synergies avec des jumeaux numériques supplémentaires. D'ici 2030, DestinE devrait en théorie pouvoir réaliser une réplique numérique complète de notre Terre.

La génération de données déterminantes pour la lutte contre le changement climatique

La première version de la plateforme de services centrale, le data lake (lac de données) et les premiers jumeaux numériques sont donc opérationnels. Dans le détail et parmi les principales caractéristiques du système initial, la plateforme de services centrale doit permettre à ses utilisateurs d'accéder à ses services, outils et applications, qui aideront à la prise de décision. Ils seront livrés dans un Cloud sécurisé et renforcés grâce à la coopération des États membres de l'UE.

Évidemment, on ne peut pas passer à côté des deux jumeaux numériques DestinE : l'un d'eux sera dédié à l'adaptation au changement climatique ; l'autre, extrême, sera influencé par les conditions météorologiques. Les deux offriront des données en haute résolution.

Le programme d'observation de la Terre Copernicus bénéficiera, au passage, des données de DestinE. Le lac de données rassemblera les fonds de données de Copernicus mais aussi ceux de l'ESA, de l'EUMETSAT (Organisation européenne pour l'exploitation des satellites météorologiques) et de l'ECMWF (Centre européen pour les prévisions météorologiques). Il hébergera les données des utilisateurs, qui seront partagées avec la communauté d'utilisateurs, souvent experts, de DestinE. Le tout, au service d'un monde un jour peut-être plus vert.

Alexandre Boero
Par Alexandre Boero
Journaliste-reporter, chargé de l'actu

Journaliste, chargé de l'actualité de Clubic. En soutien direct du rédacteur en chef, je suis aussi le reporter et le vidéaste de la bande. Journaliste de formation, j'ai fait mes gammes à l'EJCAM, école reconnue par la profession, où j'ai bouclé mon Master avec une mention « Bien » et un mémoire sur les médias en poche.

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Commentaires (0)
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Commentaires (10)
fredolabecane

Cela va nous permettre de savoir a quelle sauce on va être mangés et quand.

youmetooandyou

ils ont donc réussi à modéliser toutes les gouttes d’eau dans le monde ? Ils sont vraiment forts !

trollkien

Les bribes de la Matrice ? :slight_smile:

laroux

encore de l’argent que nous n’avons pas dépenser dans des trucs inutiles.

MattS32

Joli lapsus, qui fait que pour une fois je vais être totalement d’accord avec toi :rofl: Dur dur de maîtriser la double négation :rofl:

laroux

n’importe quoi

MattS32

Encore un petit effort, tu peux arriver à comprendre ce que tu as écrit :rofl:

laroux

n’importe quoi

rochahenrie

Concrètement ca sert à quoi pour nous? Question legitime car je l’ai payé avec mes impôts…

MattS32

Ça sert à prévoir l’évolution du climat et donc les adaptations qu’il faudra faire pour supporter son évolution (par exemple, évolution des cultures, évolution des normes de construction, déplacement de certaines populations situées dans des zones devenues trop dangereuses…).

Et ça permet aussi de tester l’impact que peuvent avoir des mesures prises pour lutter contre le changement climatique.