La NSA recommande d’abandonner la surveillance téléphonique généralisée aux États-Unis

29 avril 2019 à 13h39
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Le lanceur d'alerte Edward Snowden lors d'une vidéoconférence avec des officiels européens, le 24 juin 2014

Pour la NSA elle-même, le programme de surveillance des conversations téléphoniques ne vaudrait plus le coup.

Voilà déjà six ans qu'Edward Snowden révélait le programme de surveillance titanesque que l'agence de renseignements américaine a mis en place depuis 2001. C'est en effet suite aux attaques du 11 septembre 2001 que la Patriot Act a été voté et a permis de mettre sur écoute des millions d'Américains sans leur consentement. Mais résultat des courses, ce programme ne serait aujourd'hui qu'un « fardeau juridique et logistique » mis à l'arrêt depuis six mois, selon Engadget.

La NSA ne croit plus à ce programme décrié

« Le jeu n'en vaut pas la chandelle », selon une source proche de la NSA interrogée par le Wall Steet Journal. Entre les casse-têtes techniques et juridiques qu'implique ce programme d'écoute sur des millions d'Américains, la NSA a demandé à la Maison Blanche de mettre un terme à ce dispositif.

Un dispositif qui, en plus d'être onéreux et décrié pour son ingérence dans la vie privée, n'a pas permis de répondre aux simples objectifs qu'il s'était fixés : empêcher les attaques terroristes. Frustrée et étouffée par ce programme de surveillance, la NSA l'aurait en réalité déjà mis à l'arrêt depuis plus de six mois.

Du terrorisme à la cybercriminalité : le nouvel objectif de la NSA ?

Que la NSA elle-même propose de mettre un terme à ce dispositif représente un pas de géant, mais seule la Maison-Blanche aura le dernier mot. Peu de doutes cependant à ce que Trump rejette la proposition de la NSA au vu des nouveaux objectifs stratégiques des services de renseignements américains. Et pour cause, comme l'explique le Wall Street Journal, les enjeux de cybersécurité et d'espionnage prendraient aujourd'hui le pas sur la lutte contre le terrorisme. Préoccupée avant tout par la Russie et la Chine, la Maison-Blanche s'inquiète davantage des risques de vols de données et d'espionnage, comme le montrent les efforts déployés par la NSA, le FBI et la CIA pour incriminer les technologies de Huawei, accusées de servir le Parti communiste.

Si la NSA souhaite abandonner son programme d'écoute téléphonique, rien ne dit qu'elle ne s'aventurera pas dans un autre dispositif de surveillance plus adapté, en gardant notamment une oreille et un œil bien plus attentifs à la cybercriminalité.

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