Des salariés pistés avec leur porte-badge RFID

Par Thomas Pontiroli
le 14 avril 2016
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Les 3 000 salariés du groupe pharmaceutique Sanofi travaillant à Gentilly sont suivis à la trace par une puce RFID. Les données seraient anonymes. Les syndicats veulent des preuves.


« Arrêt en salle de pause, déambulation dans les couloirs, passage au quatrième étage, pause pipi... », depuis le 6 avril, les 3 000 salariés du campus Sanofi de Gentilly (dans le Val-de-Marne) sont suivis à la trace par une puce RFID installée dans leur porte-badge, rapporte Liaisons Sociales. Un contrôle anonyme d'après l'entreprise mais qui, aux yeux du syndicat FO, comporte un risque d'identification et accentuerait la pression sur le personnel.


Dans ce campus où personne n'a de bureau attitré, l'instauration de ce traçage n'a pas vocation à « suivre les flux, a expliqué une porte-parole de Sanofi, mais de gérer de façon simplifiée l'occupation de l'espace, comme la disponibilité des salles de réunion, des bulles, les heures d'affluence aux restaurants d'entreprise ». Mais pour Pascal Lopez, un délégué FO interrogé par 20 Minutes, « même avec le porte-badge anonymisé, il est facile de faire un lien entre cette puce et celle du badge, qui sont activées ensemble quand on passe les contrôles ».

Qu'en pense la Cnil ?



Ce nouveau dispositif, combiné à l'installation de caméras de surveillances panoramiques y compris dans les espaces de détente, détériorent un climat déjà jugé « délétère » par les syndicats, alors que le groupe est engagé dans un plan de 600 départs volontaires, et que « des salariés sont licenciés pour défaut de performance ».


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Le porte-badge Sanofi et sa puce RFID (source : Le Parisien) et le campus Sanofi de Gentilly (crédit : Bouygues Immobilier).


Hasard du calendrier, la Commission nationale de l'informatique et des libertés (Cnil) remettait, deux jours après l'arrivée des puces RFID chez Sanofi, son rapport d'activité 2015. Rapport d'activité dans lequel elle pointe justement du doigt une hausse annuelle de 16 % de la « surveillance des salariés », opérée grâce à de « nouvelles tendances », comme la géolocalisation avec un bracelet connecté, ou la surveillance vidéo via un smartphone.


Dans le cas d'une géolocalisation, aucune autorisation de la Cnil n'est nécessaire si les informations restent anonymes - quid de leur recoupement ? Mais si le personnel est identifiable, alors un accord de la Commission est nécessaire, et les salariés doivent être informés des finalités de la collecte. En ce qui concerne Sanofi, une « preuve d'autorisation de la Cnil » a été demandée par le syndicat FO, mais elle demeurerait lettre morte.


À lire :
Modifié le 01/06/2018 à 15h36
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