Des satellites OneWeb et SpaceX évitent une collision (et déclenchent une alerte de l’US Space Force)

13 avril 2021 à 16h33
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Satellite SpaceX © Spaceflight industries
Un Falcon 9 et un satellite SpaceX ©Spaceflight Industrie

Les experts alertent depuis des années quant au risque de collision en orbite entre deux satellites. Le pire a failli arriver le 30 mars dernier, et il aura fallu l’intervention de la Space Force pour que l’accident soit évité.

La course à l’espace entre opérateurs privés, qui se joue désormais depuis quelques années, relance encore une fois la question de la gestion de la sécurité des engins en orbite.

L’US Space Force à la manœuvre

Ce 30 mars, après que OneWeb a lancé son dernier lot de 36 satellites, la société a reçu plusieurs alertes rouges émanant de la Space Force, et lui indiquant le risque d’une collision avec un satellite Starlink de SpaceX . Les deux satellites n’étaient en effet situés qu’à une cinquantaine de mètres de distance, et les risques de choc étaient estimés à 1,3 %. Leur télescopage aurait certainement entrainé une réaction en chaine des plus problématiques.

Suite à ces alertes, les ingénieurs de OneWeb ont envoyé un mail à Starlink pour coordonner les manœuvres afin d’éloigner les deux satellites. Space X a alors désactivé son système d’évitement des collisions généré par l’IA pour permettre aux deux satellites de reprendre de la distance.

De la nécessité d'un code international clair

Comme à chaque fois, cette épisode repose la question brûlante de la gestion des satellites en orbite.

De fait, leur nombre grandissant et leurs différentes trajectoires posent problème. Rappelons à titre d'exemple qu'environ 1 370 satellites Starlink ont déjà été lancés. Aussi, pour rejoindre leur orbite, située plus haut, leurs concurrents - OneWeb, ou encore le projet Kuiper porté par Amazon - doivent traverser ce maillage de satellites.

La nécessité d'établir et d'appliquer un code clair s'impose donc à nouveau pour que les satellites puissent évoluer tranquillement. Actuellement, c’est encore l’improvisation qui prime en cas de problème, et en cas de collision, la responsabilité de chaque partie prenante reste floue.

Les experts, eux, demandent une vraie coopération et une réelle transparence entre les acteurs pour avancer. Ils déplorent aussi que SpaceX, qui s’est pourtant montrée transparente en fournissant des données de localisation de ses satellites à d'autres opérateurs, ne le soit pas autant concernant son système automatisé anti choc basée sur l’intelligence artificielle.

Vers une collaboration imposée ?

Un grand nombre de règles restent en effet à produire. Rappelons  qu’il aura fallu attendre 2020 pour que de nouvelles mesures destinées à « préserver l’environnement spatial » soient amenées par la Commission fédérale des communications, une agence indépendante du gouvernement des États-Unis.

Parmi elles, l’obligation pour les entreprises d’indiquer le risque de collision avec de gros ou de petits objets à l’aide d’une notation…

Depuis les années 60, la question d'une possible collision accidentelle en orbite était posée comme une hypothèse. Le 24 juillet 1996, le satellite français Cerise sera le tout premier à en faire les frais… Heurté par un débris de fusée Ariane, qui avait elle-même envoyé en orbite un fleuron du CNES.
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Source : The Verge

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kroman
Ça promet, pour quand 30 sociétés auront toutes leur constellation de 40 000 satellites…
Blackalf
En Belgique, il y a des unités de police dont le rôle principal est de se rendre sur les lieux d’accidents de la route, quand les parties impliquées ne veulent pas établir de constat à l’amiable et/ou en viennent aux mains…à quand des unités des différentes forces spatiales pour aller établir quel satellite avait la priorité et établir un constat ?
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