Programme Artemis : le dernier test du lanceur lourd SLS se termine prématurément

Eric Bottlaender
Spécialiste espace
19 janvier 2021 à 12h27
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SLS Green Run © NASA/Robert Markowitz
Le fantastique allumage des quatre moteurs de l'étage. © NASA/R. Markowitz

Le plus important des essais de cet étage de fusée pour le programme Artemis s'est arrêté à seulement 67 secondes, après un message d'échec de l'un des quatre moteurs.

Un coup dur pour la NASA, qui doit évaluer si elle doit reprendre la campagne de test ou envoyer cet élément en Floride pour son décollage à la fin d'année. Quoi qu'il en soit, le programme est au cœur des critiques.

Pas le résultat espéré

Maintenu debout sur son site d'essai B2 au Centre Spatial Stennis (Mississipi), le premier étage de la fusée SLS (Space Launch System) a livré samedi un spectacle impressionnant, aux résultats mi-figue, mi-raisin pour son test « Green Run ».

Il y a d'abord eu des raisons de se réjouir, après un remplissage des deux énormes réservoirs d'hydrogène et d'oxygène entièrement maîtrisés. L'étage a également été maintenu plus d'une heure dans une condition pré-vol, réservoirs pleins, maîtrisant températures et pressions grâce à son ordinateur de bord et tout un complexe réseau de valves. Rien d'inhabituel pour une fusée, mais les échelles ici sont gigantesques : les réservoirs eux-mêmes mesurent 9 mètres de diamètre !

À 22h27 ce samedi 16 janvier, les quatre moteurs RS-25 se sont allumés en quasi-simultané. Une première et une prouesse de puissance, qui a immédiatement généré un gigantesque nuage de vapeur d'eau sur le site de Stennis… Mais après 67,7 secondes de fonctionnement (au lieu de 480 secondes), le « Green Run » s'est brutalement arrêté.

Bientôt l'acte 2 ?

Quelques secondes plus tôt, le moteur numéro 4 envoyait un message d'erreur, signalant un échec critique. Le test s'est poursuivi quelques secondes, mais les moteurs n'ont pas eu le temps d'effectuer leur petit ballet d'orientation de tuyère prévu : l'essai était stoppé.

Mais il reste une source de satisfaction pour la NASA… Le système de déclenchement d'urgence a très bien fonctionné, il n'y a visiblement pas eu de casse sur le site, ni côté lanceur ni sur les infrastructures. Reste que tout ceci n'est pas anodin. Avant le vol, plusieurs responsables de l'agence américaine expliquaient qu'il fallait au moins un allumage entre 250 et 350 secondes pour valider toutes les facettes de ce test.

S'il ne s'agit « que » de modifier un composant mineur et de refaire le test à l'identique, le site nécessite entre 21 et 30 jours de préparation, mais il faut signaler que l'agence compte d'abord identifier avec précision la source de l'erreur de samedi.

Trois jours plus tard, aucune décision n'a été prise officiellement. Il est aussi possible de changer un moteur, ou, si des dégâts importants sont constatés, de mettre l'étage à l'horizontale et de l'emmener sur son site de production de Michoud, à quelques dizaine de kilomètres de là.

SLS Artemis 1 décollage vue d'artiste © NASA
Il faudra encore patienter... © NASA

Politique contre technique

Il est possible également que, poussé par un calendrier politique qui pèse très lourd sur ce programme (le plus cher de la NASA, qui engloutit entre 2 et 4 milliards de dollars chaque année), l'étage du Space Launch System soit directement envoyé après quelques réparations en Floride pour l'assemblage avec les autres éléments du lanceur. Impossible en effet d'assurer qu'il décollera avant la fin d'année s'il ne part pas avant fin février.

Décollage « à l'heure » ou sécurité ? L'agence, dont l'administrateur va démissionner demain (jour de l'investiture du président Biden), ne pourra pas choisir les deux.

Source : NASA

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Element_n90
Pas très imaginatif niveau titre. On aurait aussi pû mettre:<br /> Programme Artemis, après le dernier test du lanceur lourd SLS, ça sent le patée!<br /> Je crois que c’est plus en adéquation avec un truc qui coûte ci chère depuis ci longtemps…
Niverolle
C’est bien d’avoir des arbres sur la photo d’illustration, afin de pouvoir imaginer les échelles en jeux, ouch !
Element_n90
Sur certaines photos ils utilisent une banane pour donner l’échelle…<br /> mobile.twitter.com<br /> Peter Beck (Peter_J_Beck)<br /> The new HyperCurie engine for deep space and planetary missions on Photon. Banana for scale, apparently bananas are now recognized units of measure? https://t.co/kzpx82MCyp<br /> 3:25 AM - 18 Jan 2021<br /> 5.4K<br /> 430<br />
Labarthe
Von Braun est mort.<br /> Et Boeing ne maîtrise plus ni le vol spatial (sls, starliner) ni le vol atmosphérique (737max) !<br /> Logiquement il a été écarté de la pré-sélection pour l’atterrisseur lunaire.<br /> Et au cas où le vol Artemis 1 échouerait et entraînerait l’abandon par la nasa du sls, Orion se retrouverait sans lanceur !<br /> Et les européens d’être les dindons de la farce.
ebottlaender
Il va falloir s’y faire, ça fait 54 ans cette année que Von Braun est mort.<br /> A se concentrer uniquement sur les échecs, on oublie en effet tout ce qu’une entreprise est capable de réussir. SLS n’est pas un très glorieux programme aujourd’hui, il n’empêche qu’il vaut mieux découvrir les soucis pendant un test que le jour du vol. Idem pour Starliner, heureusement qu’il y a eu des essais, ils sont là pour découvrir les soucis. Est-ce que cela signifie pour autant que Boeing ne maîtrise plus le vol spatial ? Non, et il est encore plus ridicule d’affirmer que le plus grand fabriquant d’avions au monde «&nbsp;ne maîtrise plus le vol atmosphérique&nbsp;».<br /> Ils ont des problèmes. Oui.<br /> Dans le cas de l’abandon de SLS et d’Orion, l’Europe ne sera pas plus le dindon de la farce qu’autre chose…
rexxie
2 nouvelles sans article ?<br /> : Avec le lancement d’hier Starlink franchit le cap des 1000 sats, et Starlink vient d’être autorisé en France.<br /> TESMANIAN<br /> SpaceX receives approval to operate Starlink Gateway stations for Internet...<br /> “Starlink is now delivering initial beta service both domestically and internationally, and will continue expansion to near global coverage of the populated world in 2021.”<br />
ebottlaender
1000 sats lancés, mais pas 1000 sats actifs ni en orbite.<br /> L’article n’est pas tout à fait exact, c’est toujours Tibro qui a les droits Arcep pour tester deux ou trois stations au sol (pas en exploitation). Starlink en tant que tel n’est pas à ma connaissance encore autorisé comme opérateur Télécom en France.<br /> Quant aux articles, chacun son emploi du temps !
rexxie
Merci de ta réponse.
Labarthe
44 ans (depuis 1977)<br /> Quant au ridicule, évidemment c’était du second degré… même si je reste persuadé qu’ils sont pour l’instant humiliés par la concurrence. Je vends Boeing.<br /> Et si Biden envoie le lanceur, qui attend son nom de baptême (autre que senate launch system) depuis 10 ans, au musée aérospatial smithsonian à Washington ou s’il l’offre en cadeau aux russes, qui sera ridiculisé ?
MOB59
Dire que des entreprises privées font mieux avec un budget moindre ! La NASA, ça doit être l’excellence. Ce programme aura couté des milliards pour ???..on ne sait pas.
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