Feu vert pour le démonstrateur de fusée réutilisable Callisto... mais pas avant 2022

Eric Bottlaender
Spécialiste espace
18 décembre 2019 à 15h15
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Callisto CNES
Vue d'artiste du démonstrateur Callisto

Le conseil d'administration du CNES a validé la réalisation de Callisto, un premier essai de fusée réutilisable commun avec l'Allemagne et le Japon. Le projet a du retard, mais c'est une étape importante vers un lanceur européen réutilisable.

Course à étapes

Un véhicule de 15 mètres de de haut, décollant du Centre Spatial Guyanais, pour monter jusqu'à 35 km d'altitude, avant de redescendre se poser, à la verticale, sur un site dédié à l'atterrissage ? Tel est le concept de Callisto, un « lanceur d'essai » développé par le CNES, l'agence spatiale allemande DLR et la japonaise JAXA, qui fournira le moteur, élément essentiel du projet.

Ce dernier n'est ni un prototype, ni un futur étage de lanceur, mais une véritable étape technologique : les trois nations n'ont en effet jamais développé de lanceur réutilisable auparavant, et il leur faut des données nécessaires pour aller au-delà de la simulation. À ce titre, le CNES est particulièrement proactif avec le petit groupe ArianeWorks et le tout petit banc d'essai FROG de 3 mètres de haut, qui teste déjà des algorithmes de contrôle et de guidage.

La concurrence est là

Si l'accomplissement de ce projet peut sembler un tout petit pas par rapport à ce qu'accomplit déjà SpaceX avec ses étages de Falcon 9 et Falcon Heavy (on est loin d'un double atterrissage de propulseurs de 45 mètres de haut...), toutes les entreprises qui visent des lanceurs réutilisables passent par des étapes intermédiaires. SpaceX avait son GrassHopper (2011), son prototype F9-R (2013) et son StarHopper (2019). Blue Origin a pu s'appuyer sur New Shepard (2015), tandis que RocketLab se sert de ses lancements multiples pour étudier le retour dans l'atmosphère de ses étages.


Du temps pour concrétiser

La ligne directrice de l'agence française (et des européens) est claire : développer un moteur réutilisable, Prometheus, et un lanceur d'essai, Callisto, avant de réaliser un démonstrateur à taille réelle, nommé Thémis, grâce aux succès des deux premiers projets. Et tenter, dans l'intervalle, de prouver sur les plans technologiques, économiques (et même politiques) l'intérêt d'une technologie réutilisable européenne.

Il n'empêche que le programme a pris du retard. Callisto, dont les premières mentions sérieuses datent de 2017, devait originellement être développé pour voler dès 2020/2021. Or le premier vol est à présent annoncé en 2022. Une date à laquelle plusieurs autres véritables lanceurs réutilisables seront à priori déjà en service.

Source : CNES
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