Des corps célestes recouverts de saphirs et rubis : une nouvelle classe exotique d’exoplanètes ?

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Le 01 janvier 2019
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exoplanète rubis_saphirs
Vue d'artiste sur 55 Cnc e, une des super-Terres exotiques potentiellement riche en rubis et saphirs ©Thibaut Roger/University of Zurich UZH

Une collaboration de chercheurs de l'Université de Zurich et de Cambridge, chargés d'étudier la formation des exoplanètes, a peut-être découvert une nouvelle classe d'exoplanète exotique dont ferait partie HD219134 b. Cette exoplanète située dans la constellation de Cassiopée se trouve à 21 années-lumière de la Terre et pourrait probablement être recouverte d'un tapis de rubis et de saphirs.


Des super-Terres pas comme les autres

Comme nous le précisions dans notre précédent papier à propos du désert de Neptune chaud induit par la transformation de cette classe d'objets en super-Terres, l'Univers lointain serait peuplé en majeure partie par ces exoplanètes dont la taille n'excède pas dix masses terrestres. Bien que notre système solaire n'en compte aucune - les planètes plus massives que la Terre sont des géantes gazeuses comme Jupiter et Saturne - il en va différemment pour les planètes extrasolaires dont les détections par le télescope spatial Kepler recensent déjà plusieurs centaines de ce type d'exoplanètes.

Selon une étude réalisée conjointement par des chercheurs de l'Université de Zurich et de Cambridge et publiée dans la revue britannique MNRAS, HD219134 b - une exoplanète située dans la constellation de Cassiopée avec une masse d'environ 5 fois celle de la Terre - ferait partie d'une nouvelle catégorie d'exoplanètes exotiques. Pour le moment, les scientifiques se sont uniquement appuyés sur un modèle théorique pour expliquer la formation de cette planète ainsi que des deux autres prétendantes WASP -47 e et 55 Cnc e.

Une nouvelle classe d'exoplanètes

Ces exoplanètes recouvertes de rubis et de saphirs seraient le résultat d'une formation planétaire différente de celle que les chercheurs ont jusqu'à présent pu étudier, à l'instar de la formation de planètes rocheuses similaires à la Terre. Selon Caroline Dorn de l'Université de Zurich, les zones très chaudes, proches d'une étoile, induisent que « de nombreux éléments sont encore en phase gazeuse et les blocs de construction planétaires ont une composition complètement différente ».

Selon leur modèle théorique, les planètes formées dans ces régions extrêmement chaudes seraient principalement composées d'aluminium et de calcium et ne possèderaient pas de noyau ferreux, ce qui explique d'ailleurs « pourquoi de telles planètes ne peuvent pas, par exemple, avoir un champ magnétique semblable à la Terre ». En conclusion, les chercheurs estiment qu'ils sont face à une nouvelle classe exotique d'exoplanètes formées sous de très hautes températures et dont le comportement de refroidissement et l'atmosphère sont bien différents des super-Terres habituellement étudiées.

Les trois candidats à cette nouvelle catégorie sont, comme cité précédemment, HD219134 b, WASP -47 e, ainsi que 55 Cnc e. Cette dernière avait été présentée, en 2012, comme « un diamant dans le ciel », les chercheurs apportent aujourd'hui une correction sur cette information qui avait été relayée par les médias du monde entier : il s'agirait plutôt de rubis et de saphirs plutôt que de diamants !

Néanmoins, ne vous attendez pas à ce que d'autres chercheurs émettent l'idée d'exploiter ces minerais célestes comme on a pu le lire cette semaine dans le rapport du cabinet PricewaterhouseCoopers (PwC) : à 21 années-lumière d'ici et dans un environnement extrêmement chaud, cela risque d'être un poil compliqué !

Source : Eurekalert

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