Dans certains pays, Facebook met jusqu’à 3 ans pour supprimer des fake news

le 05 mars 2019
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facebook fake news

Facebook aurait plus de mal à vouloir appliquer ses mesures de lutte contre les fake news dans des pays moins visibles et importants pour son business. Des développeurs moldaves ont fait des pieds et des mains pour forcer le réseau social à agir sur des publications vieilles de trois ans.

Deux poids deux mesures dans la lutte contre la désinformation. C'est ce que montre une enquête de Buzzfeed détaillant la lutte âpre menée par des développeurs moldaves pour contraindre Facebook à supprimer des contenus mensongers sur sa plateforme.

Près de trois ans pour obtenir un contact avec Facebook


Les trois développeurs éditent une extension pour navigateur appelée Trolless, qui permet de générer une base de données de comptes propagateurs de fake news. Le trio a eu l'idée de cet add-on après avoir constaté que, contrairement à d'autres pays plus puissants et aux intérêts commerciaux plus importants, Facebook n'a aucune politique de lutte contre la désinformation en Moldavie.

Ils ont utilisé ensuite les résultats (700 comptes identifiés) et les ont transmis en 2016 à Facebook, via l'outil de signalement mis en place par le réseau social. Sans succès, puisque les fausses informations ont continué à circuler comme si de rien n'était.

Il leur a fallu trois longues années et l'aide d'un activiste local, Pasa Valeriu, qui leur a donné un contact avec l'un des employés de Facebook pour débloquer la situation. « J'ai réussi à parler avec des gens de Facebook et j'ai expliqué que nous avions de gros problèmes avec une ferme de trolls locale et avec l'ingérence de la Russie », explique Valeriu.

Les développeurs ont pu ainsi entamer une conversation par mail avec les équipes locales de Facebook et ont proposé leur aide pour assainir la plateforme avant les élections législatives moldaves, qui se sont tenues le 24 février 2019.

Facebook n'est pas à la hauteur du problème des fake news


Le phénomène se pose aussi à d'autres pays, dont la France. Le site Hoaxbuster témoigne dans l'enquête et explique que l'outil de reporting de Facebook n'est pas aussi efficace qu'attendu. Le créateur du site Guillaume Brossard explique que le réseau social a tendance à se reposer sur ses partenaires assurant le fact checking (Libération, Le Monde, AFP...) et à ne pas prendre en compte les signalements d'utilisateurs.

Malgré les discours pleins de bonnes intentions et quelques résultats encourageants, Facebook semble encore loin d'avoir développé les solutions permettant d'endiguer la propagation de fausses informations, un fléau qui perturbe le fonctionnement démocratique des États partout dans le monde.

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