Dans certains pays, Facebook met jusqu’à 3 ans pour supprimer des fake news

Mathieu Grumiaux Contributeur
05 mars 2019 à 06h34
0
facebook fake news

Facebook aurait plus de mal à vouloir appliquer ses mesures de lutte contre les fake news dans des pays moins visibles et importants pour son business. Des développeurs moldaves ont fait des pieds et des mains pour forcer le réseau social à agir sur des publications vieilles de trois ans.

Deux poids deux mesures dans la lutte contre la désinformation. C'est ce que montre une enquête de Buzzfeed détaillant la lutte âpre menée par des développeurs moldaves pour contraindre Facebook à supprimer des contenus mensongers sur sa plateforme.

Près de trois ans pour obtenir un contact avec Facebook

Les trois développeurs éditent une extension pour navigateur appelée Trolless, qui permet de générer une base de données de comptes propagateurs de fake news. Le trio a eu l'idée de cet add-on après avoir constaté que, contrairement à d'autres pays plus puissants et aux intérêts commerciaux plus importants, Facebook n'a aucune politique de lutte contre la désinformation en Moldavie.

Ils ont utilisé ensuite les résultats (700 comptes identifiés) et les ont transmis en 2016 à Facebook, via l'outil de signalement mis en place par le réseau social. Sans succès, puisque les fausses informations ont continué à circuler comme si de rien n'était.

Il leur a fallu trois longues années et l'aide d'un activiste local, Pasa Valeriu, qui leur a donné un contact avec l'un des employés de Facebook pour débloquer la situation. « J'ai réussi à parler avec des gens de Facebook et j'ai expliqué que nous avions de gros problèmes avec une ferme de trolls locale et avec l'ingérence de la Russie », explique Valeriu.

Les développeurs ont pu ainsi entamer une conversation par mail avec les équipes locales de Facebook et ont proposé leur aide pour assainir la plateforme avant les élections législatives moldaves, qui se sont tenues le 24 février 2019.

Facebook n'est pas à la hauteur du problème des fake news

Le phénomène se pose aussi à d'autres pays, dont la France. Le site Hoaxbuster témoigne dans l'enquête et explique que l'outil de reporting de Facebook n'est pas aussi efficace qu'attendu. Le créateur du site Guillaume Brossard explique que le réseau social a tendance à se reposer sur ses partenaires assurant le fact checking (Libération, Le Monde, AFP...) et à ne pas prendre en compte les signalements d'utilisateurs.

Malgré les discours pleins de bonnes intentions et quelques résultats encourageants, Facebook semble encore loin d'avoir développé les solutions permettant d'endiguer la propagation de fausses informations, un fléau qui perturbe le fonctionnement démocratique des États partout dans le monde.

7 réponses
0 utilisateurs
Suivre la discussion

Les actualités récentes les plus commentées

Émissions de CO2 : Bruno Le Maire milite pour le déplafonnement du malus automobile
Le minage de cryptomonnaies participe au réchauffement climatique
Bill Gates est de nouveau l'homme le plus riche au monde devant Jeff Bezos
Mustang Mach-E : Ford lâche la cavalerie électrique… et ça va faire mal
Xavier Niel se dit prêt à investir 1,4 milliard de sa fortune personnelle dans Iliad-Free
Votre maison côtière sera-t-elle sous l’eau chaque année en 2050/2100 ?
L'iran coupe à son tour Internet pour enrayer les révoltes populaires
Pourquoi Stadia ne sera pas intéressant avant un an
Berline électrique BMW i4 : puissance, autonomie et performances révélées
La majorité des publicités anti-vaccins sur Facebook issue de seulement deux organisations

Notre charte communautaire

1. Participez aux discussions

Nous encourageons chacun à exprimer ses idées sur les sujets qui l'intéressent, et à faire profiter l'ensemble de la communauté de son expertise sur un sujet particulier.

2. Partagez vos connaissances

Que vous soyez expert ou amateur passionné, partagez vos connaissances aux autres membres de la communauté pour enrichir le niveau d'expertise des articles.

3. Échangez vos idées

Donnez votre opinion en étayant votre propos et soyez ouverts aux idées des autres membres de la communauté, même si elles sont radicalement différentes des vôtres.

4. Faites preuve de tolérance

Qu'il s'agisse de rédacteurs professionnels ou amateurs, de lecteurs experts ou passionnés, vous devez faire preuve de tolérance et vous placer dans une démarche d'entraide.

5. Restez courtois

Particulièrement lorsque vous exprimez votre désaccord, critiquez les idées, pas les personnes. Évitez à tout prix les insultes, les attaques et autres jugements sur la forme des messages.

6. Publiez des messages utiles

Chaque participation a vocation à enrichir la discussion, aussi les partages d'humeurs personnelles ne doivent pas venir gêner le fil des échanges.

7. Soignez votre écriture

Utilisez la ponctuation, prohibez le langage SMS et les majuscules, relisez-vous afin de corriger un peu les fautes de frappe et de français : trop de fautes n’engagent ni à lire le message, ni à répondre à une question.

8. Respectez le cadre légal

Ne publiez pas de contenus irrespectueux, racistes, homophobes, obscènes ou faisant l'apologie de courants radicaux, qu'ils soient politiques ou religieux. N'utilisez pas plusieurs comptes utilisateurs.

9. Ne faites pas de promotion

Ne profitez pas d'une discussion pour faire la publicité d'un produit, d'un service ou même de votre site web personnel.

10. Ne plagiez pas

Exprimez uniquement vos opinions ou partagez des idées en citant vos sources.

scroll top