Les sous-sols alsaciens, riches en lithium, pourraient booster la production française de batteries

12 novembre 2019 à 12h20
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Réduire la dépendance de l'industrie automobile française aux batteries asiatiques est un enjeu majeur du secteur. À cet effet, le sous-sol alsacien pourrait jouer un rôle déterminant, grâce à sa haute teneur en lithium.

Il y a quelques mois, Carlos Tavares, patron du groupe PSA, déplorait la dépendance de l'industrie automobile française aux fabricants asiatiques de batteries. Une problématique également identifiée par le gouvernement, qui, à l'instar de l'Allemagne, cherche un moyen d'internaliser la production de ce composant essentiel, en particulier pour les voitures électriques.

De la production d'électricité à celle de batteries

Une partie de la solution pourrait venir d'Alsace, en l'occurrence de son sous-sol. Ce dernier comporte en effet des eaux chaudes naturelles, qui sont déjà exploitées pour la production de chaleur, mais également d'électricité. Pour ce dernier usage, on a recours au procédé de géothermie : les sources d'eau chaude souterraine sont ainsi transformées en vapeur, qui servent ensuite à actionner une turbine.


Mais ce ne serait pas la seule vertu des terres alsaciennes. En effet, les deux principales sociétés exploitant ses eaux souterraines, ES Géothermie et Fonroche Géothermie, y ont noté la présence de lithium depuis plusieurs années déjà. Or, cet élément est très largement répandu au sein des batteries (les recherches sur les batteries lithium-ion ont même été récompensées du prix Nobel de chimie 2019).

Le lithium va commencer à être filtré

Il restait cependant à déterminer la concentration de lithium dans les eaux chaudes du sous-sol alsacien. D'après les deux entreprises, elle serait de 180 à 200 mg par litre, ce qui équivaudrait à une production annuelle possible de 1 500 tonnes de carbonate de lithium (sa forme exploitable), en couplant le processus avec celui de géothermie. De plus, selon Fonroche, les réserves du sous-sol renfermeraient entre 10 et 40 millions de tonnes du métal. À titre de comparaison, l'industrie française aurait besoin d'environ 15 000 tonnes de carbonate de lithium par an.


Aujourd'hui, cette matière première n'est pas extraite, au même titre que d'autres composants chimiques, comme le germanium ou le bore. Mais dans les prochains mois, plusieurs méthodes de filtration vont être testées, afin de déterminer les meilleures, tant du point de vue de la quantité que de la pureté du lithium recueilli. Dans l'espoir d'une mise sur le marché d'ici trois ou quatre ans, d'après Jean-Philippe Soulé, directeur de Fonroche Géothermie. Ensuite, d'autres sites en France pourraient être exploités, notamment dans le Massif central, à Valence et dans les Pyrénées.

Source : Les Échos
Modifié le 12/11/2019 à 12h37
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