Les vélos électriques posent un vrai problème à New York

Maxence Glineur
Publié le 30 juillet 2023 à 16h00
© HeyBike / Unsplash
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La ville qui ne dort jamais est réputée pour ses embouteillages, ce qui fait du vélo électrique une solution de premier choix pour s'y déplacer. Cependant, le nombre croissant d'appareils entraîne également un nombre croissant de problèmes, ce qui incite la mairie à prendre les choses en main.

New York ne fait pas uniquement face à un nombre anormalement élevé d'accidents de la route liés aux vélos électriques, mais également à des désagréments associés à l'un de leurs composants essentiels.

Des victimes de plus en plus nombreuses

Si les batteries lithium-ion qui équipent les vélos électriques ont considérablement transformé les appareils que nous utilisons tous les jours, des téléphones portables aux véhicules routiers, elles ne sont pas exemptes de défauts. Comme beaucoup d'autres types d'accumulateurs, elles peuvent avoir tendance à s'enflammer de manière assez impressionnante, ce qui n'a pas été sans causer des maux de tête à de nombreuses marques ces dernières années.

Il existe cependant des normes qui garantissent leur bon fonctionnement et, surtout, leur sécurité. Elles sont généralement bien respectées par les fabricants qui font de la qualité de leurs produits une priorité. Toutefois, ces derniers s'avèrent souvent trop chers pour certaines catégories de la population, qui ont tendance à préférer les vélos électriques moins chers importés par des marques douteuses. Ces dernières ont tendance à faire des concessions sur de nombreux éléments, mettant ainsi la vie des utilisateurs en danger.

Rien que cette année, 13 décès liés à des problèmes de batterie ont été enregistrés dans la ville de New York, où près de 65 000 vélos électriques ont été mis en circulation. Ce chiffre ne cesse d'augmenter et concerne particulièrement les livreurs, pour qui un engin à assistance électrique est quasiment indispensable pour travailler dans des conditions décentes.

© Flydragon / Shutterstock
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Un défi de taille pour New York et d'autres grandes villes

Face à cette situation, la ville a décidé d'intervenir en affirmant sa volonté de maintenir les appareils les plus dangereux hors de ses frontières. Elle a ainsi interdit la commercialisation sur son territoire d'appareils ne répondant pas aux homologations requises, ainsi que l'utilisation et la vente de batteries modifiées ou reconditionnées à partir de cellules lithium-ion récupérées sur des appareils usagés. De plus, elle a adopté un plan visant à installer des stations de recharge plus sûres pour les VAE. En effet, si la qualité des batteries est un facteur important à considérer, il ne s'agit pas non plus de faire n'importe quoi avec les équipements de recharge. Lorsque ceux-ci ne sont pas adéquats, ils peuvent rapidement provoquer des incendies, notamment chez les utilisateurs.

Toutefois, il faudra peut-être en faire un peu plus pour éradiquer complètement le problème des batteries qui prennent feu. Interviewé par Electrek, Luke Workman, expert en batteries, explique que des villes comme New York présentent des conditions particulièrement difficiles pour les vélos électriques. Si la chaleur étouffante des étés nord-américains peut mettre à rude épreuve les appareils, l'hiver n'est pas non plus la saison optimale, et ce n'est pas seulement à cause du froid. En effet, la neige tombe souvent en abondance dans cette partie du monde, et les collectivités ne sont jamais avares lorsqu'il s'agit de saler les routes. Or, comme l'explique Workman, le sel a la fâcheuse tendance à s'infiltrer dans les batteries mal scellées, ce qui peut rapidement provoquer des courts-circuits à l'intérieur de celles-ci, qui finissent alors par surchauffer et s'enflammer.

L'expert précise toutefois que même les batteries de bonne qualité peuvent être sujettes à ces problèmes. Sauf dans le cas des batteries dont les composants sensibles à la surchauffe sont séparés les uns des autres par de la résine, ce qui limite considérablement les risques. Mais, étant plus chères, il est difficile d'imaginer qu'elles puissent équiper tous les VAE vendus et mis sur le marché. Ces derniers sont considérés comme essentiels pour limiter les émissions de CO2 dans les grandes villes, l'objectif principal de New York est ainsi de réduire les risques en évacuant les machines les plus dangereuses.

Source : Electrek

Par Maxence Glineur

Geek hyper connecté et féru de podcasts, je suis toujours en train de lire ou écouter des points infos en tout genre. Entre histoire, tech, politique, musique, jeux-video et vulgarisation scientifique : toute l'actualité (ou presque) attise ma curiosité. Sinon, j'aime le rock et le lofi, les game-nights toujours trop longues, les bons films et les nanards.

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Caramel34

Comme quoi c’est pas difficile de prendre le taureau par les cornes, pas homologué = interdit.

Je m’étonne même qu’une ville telle que New-York n’ai pas mis en place des VAE en libre service, comme les Velib.

nightou

Il y en a hein :slight_smile: (géré par citi bike.)

Caramel34

OK merci, il faut croire que ça marche pas tip top, car à en croire l’article chacun viens avec le sien.

MattS32

C’est pas parce qu’il y a des vélos en libre service que tout le monde les utilise, loin de là… À Paris aussi les Vélib ne sont qu’une toute petite minorité de l’ensemble du parc (moins de 20 000 Vélib, alors qu’on compte de l’ordre de 500 000 déplacements en vélo par jour dans la métropole du Grand Paris).

Pour un usage régulier il y a pas mal de raisons de préférer avoir son propre vélo plutôt que d’utiliser un service de vélos partagés : sur le long terme ça peut coûter moins cher, hors service très largement subventionnés (c’est le cas de Vélib), surtout si tu sais faire toi même l’entretien de base (gonflage, graissage de la chaîne, remplacement d’une chambre à air ou d’un pneu…), avec moins de risque de te retrouver sans vélo disponible au moment où tu en as besoin (en heures de pointe, ça peut arriver de devoir faire plusieurs stations avant de trouver un vélo disponible) et un vélo adapté à ta morphologie (alors que les vélos libre service, c’est généralement taille unique, et juste la hauteur de selle qui se règle plus ou moins…).

En plus les vélos en libre service sont souvent optimisés pour la robustesse, parce que parfois malmenés par les utilisateurs, et du coup ça fait des vélos lourds et peu efficaces. Et je te parle même pas du manque de confort de certains, comme ceux qu’on a eu un temps dans ma ville et qui pour limiter la maintenance étaient équipés de roues pleines, très inconfortables, surtout que c’était pas compensé par un quelconque système de suspension…

Gandalf67

Les gouffres à argent public, ce n’est pas trop leur truc là-bas…

TV34

Les vélos électriques étaient interdits à New York jusqu’en 2020 ! (car considérés comme trop rapides).

Le principal problème vient de vélos de très mauvaise qualité, de marque Arrow, utilisés par tous les livreurs là-bas, et qui les rechargent tous au même endroit, dans des boutiques spécialisées. Avec souvent des batteries reconditionnées en plus…

Et c’est des vélos où tu n’as pas besoin de pédaler pour déclencher le moteur, il suffit d’appuyer sur un bouton !

Caramel34

Là on est plus sur la mobilette que sur le vélo !

youmetooandyou

les vélos électriques ou comment faire de l’écologie à moitié :frowning:

MattS32

Si on compare les émissions de CO2 en prenant tout en compte, le VAE fait par rapport à une petite voiture utilisée en ville 99% des économies de CO2 que ferait un vélo non électrique. C’est donc bien plus que « à moitié ». Sans compter le fait que ça permet bien souvent de faire des trajets qui ne seraient pas fait en vélo s’il n’y avait pas l’AE…

JulienBache

Dommage d’interdire les batteries reconditionnées: c’était là où on aurait pu imaginer des entreprises locales faciles à contrôler…
Maintenant c’est sur qu’avec une utilisation intensive par tous temps et plusieurs recharges tous les jours un tel système va vite montrer ses limites.