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Boeing et la NASA sont prêts pour tester à nouveau la capsule spatiale Starliner

Eric Bottlaender
Spécialiste espace
17 mai 2022 à 14h40
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Boeing Starliner OFT-2 2022 © NASA
La capsule Starliner et son module de service sont attachés au lanceur Atlas V. Crédits : NASA

Depuis son test en orbite raté de décembre 2019, le véhicule de Boeing est à l'arrêt. En cause, une longue enquête, des déboires techniques persistants et de nombreux retards.

Pour enfin tirer un trait sur ce passage à vide, la mission OFT-2 devrait décoller dans la nuit du 19 au 20 mai. Un moment clé. Il faut dire que Boeing a dépensé sans compter…

Starliner : 3, 2, 1, décollage ?

Cette fois, il faut que ça marche. La capsule Starliner et son lanceur Atlas V sont prêts et vont rejoindre sous peu le site de lancement 41 à Cape Canaveral.

À bord, lors du décollage prévu dans la nuit de jeudi à vendredi (le 20 mai à 00 h 54 Paris), il n'y aura aucun astronaute pour cette mission OFT-2, ou Orbital Flight Test . Ou du moins, aucun humain… Car le mannequin « Rosie » reprend du service à bord et devrait, si tout se passe bien, rejoindre la Station spatiale internationale la nuit suivante, pour un amarrage automatisé.

La capsule Starliner restera alors attachée à l'ISS durant 5 à 10 jours, selon les opérations et les tests à bord. Sans oublier la météo, en particulier les vents, sur le site de récupération… Avant de se désamarrer et de traverser l'atmosphère pour se poser avec ses parachutes dans le désert du Nouveau-Mexique. C'est le dernier test, la dernière validation pour Starliner avant d'obtenir l'autorisation de transporter des astronautes de la NASA.

Starliner OFT-2 Rosie © Boeing/John Proferes
Le mannequin Rosie attend depuis bientôt 2 ans et demi d'arriver sur l'ISS... Crédits : NASA/Boeing

Mission pour Boeing, ne pas s'attarder sur le passé

Malgré tout, la tension sera au rendez-vous. Le profil de la mission paraît simple, lorsque l'on connait le ballet organisé régulièrement par Soyouz, ou les aventures de la capsule Crew Dragon de SpaceX ces deux dernières années (déjà sept missions habitées)… Il n'y a pourtant aucune place pour l'erreur, et les équipes de Boeing le savent bien.

En décembre 2019 pour le vol OFT-1, l'horloge de bord de Starliner, mal réglée, avait commandé une suite de manœuvres d'orientation au mauvais moment, vidant les réservoirs le temps d'être corrigée. Puis, deux jours plus tard, alors que la capsule revenait faute d'avoir pu approcher l'ISS, elle avait manqué de peu d'être percutée par son propre module de service.

La NASA avait ordonné une longue enquête, dont les résultats étaient peu glorieux, pour Boeing comme pour l'agence. Car cette dernière reste chargée, dans ce partenariat public-privé, des vérifications pour la certification du vol. Les déboires de Starliner ne se sont pourtant pas arrêtés là : après une longue période de corrections et de retards, la capsule enfin prête sur son site de lancement en août 2021 n'avait pu décoller, la faute à une série de vannes défectueuses sur ses propulseurs. Un défaut qui n'est toujours pas identifié à 100% aujourd'hui, les responsables de Boeing expliquant qu'ils allaient peut-être demander un changement de conception… sur un prochain vol.

Starliner Atlas V OFT-2 portique © United Launch Alliance
Starliner et son lanceur ont un profil atypique. Crédits : ULA

Le temps presse

Ce troisième essai doit donc bien se passer. Un impératif pour la NASA d'une part, qui souhaite absolument garantir l'accès de ses astronautes vers l'orbite basse (et donc avoir deux fournisseurs indépendants). Mais pour Boeing aussi, car l'agence américaine paie un prix fixe : tout dépassement est à la charge de l'industriel. Et le géant de Seattle, en plus d'un problème d'image évident, a déjà dépensé plus de 595 millions de dollars sur le dossier Starliner depuis 2019.

Un gouffre pour une capsule qui compte trois ans de retard sur celle de SpaceX, qui n'a pas encore de commande de missions privées et qui ne pourra au mieux emmener des astronautes pour des rotations régulières vers l'ISS que dans un an (un essai de vol habité devrait avoir lieu hors équipage de longue durée).

Starliner pourrait-elle survivre à de nouveaux problèmes ? Rien n'est moins sûr, il y aura donc beaucoup de monde pour croiser les doigts dans la nuit du 19 au 20 mai…

Source : NASA

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Space_Boy
C’est cuit pour ces gars. Vu leur manque de fiabilité, retard, etc. Faut mieux faire une croix dessus.
cluclu56
J’ai vraiment du mal à comprendre l’intérêt de Starliner/Atlas V face à Dragon/Falcon 9 …<br /> Tout comme avec Orion/SLS face au futur Starship/SuperHeavy.<br /> SpaceX a largement de l’avance avec Dragon/Falcon 9, je ne vois pas pourquoi la NASA s’obstine avec Boeing pour Starliner/Atlas V.<br /> Et lorsque Starship/SuperHeavy sera opérationnel, Orion/SLS sera obsolète. Oui, j’ai vraiment du mal à comprendre la stratégie de la NASA.
xryl
C’est simple pourtant: tu ne peux pas dépendre d’un seul fournisseur. Sinon, demain, SpaceX multiplie ses prix par 10 et t’es cuit. Si un problème survient sur un crew dragon, et que le module est cloué au sol le temps de l’enquête, beh tu laisses crever les autronautes de l’ISS (surtout qu’en ce moment, c’est pas Soyouz qui ira les chercher).<br /> Bref, même si ça coûte une blinde, il faut que ça marche.
Chirokee
« Et lorsque Starship/SuperHeavy sera opérationnel »<br /> Quand ? Difficile pour le moment de faire vraiment confiance à ce truc pour lequel SpaceX ne semble pas très assuré
Chirokee
xryl<br /> Pourquoi alors russes et chinois n’ont-ils pas besoin de disposer de 2 fournisseurs ? Déjà en son temps Apollo savait se suffire d’un seul ensemble. Comment croire que les autres pays seraient stupides ?
Martin_Penwald
j’ai vraiment du mal à comprendre la stratégie de la NASA<br /> Simple : Boeing et ses sous-contracteurs représentent des milliers d’emplois dans de nombreux états. Le budget de la NASA étant essentiellement décidé par une commission sénatoriale, il serait électoralement suicidaire pour les membres de cette commission de virer Boeing.
juju251
xryl:<br /> Si un problème survient sur un crew dragon, et que le module est cloué au sol le temps de l’enquête, beh tu laisses crever les autronautes de l’ISS (surtout qu’en ce moment, c’est pas Soyouz qui ira les chercher).<br /> Bref, même si ça coûte une blinde, il faut que ça marche.<br /> Non.<br /> Tout d’abord, il y a des cargos qui y vont régulièrement et surtout, une capsule (Soyouz côté Russe) et Crew Dragon (au minimum) côté International sont TOUJOURS arrimées à l’ISS, justement pour pouvoir évacuer si jamais une urgence absolue se fait sentir.<br /> D’ailleurs, sauf erreur de ma part, les astronautes avaient occupé ces capsules lors du dernier risque majeur de collision de l’ISS avec des débris.<br /> Bon, après, évidemment, si le problème détecté devait concerner la réentrée dans l’atmosphère, cela deviendrait plus problématique …
xryl
Il y a une différence fondamentale entre une station spatiale et un vaisseau d’exploration. La première reste en orbite, et donc les astronautes sont dépendants d’un approvisionnement constant pour survivre. Le vaisseau d’exploration effectue une mission qui, sauf catastrophe, revient sur Terre. Donc oui, c’est normal que ni les russes, ni les chinois n’aient besoin d’une deuxième source, vu qu’ils n’ont pas de telles missions.<br /> Note: Les chinois commencent à avoir une station fonctionnelle, mais pas d’astronaute 24/7 à bord justement parce qu’ils n’ont pas la possibilité de les réapprovisionner en urgence
xryl
Oui, c’est vrai, ils ont un « moyen » de retour d’urgence. Sauf que s’ils l’utilisent, la station est vidée de tout astronaute, et donc à la moindre panne nécessitant une intervention humaine, la station est perdue (on parle de centaines de milliards de dollars d’investissements ici). Et en général, si les astronautes sont partis en urgence, les interventions humaines seront très probablement nécessaires rapidement pour réparer le problème initial.<br /> Sans un vecteur disponible immédiatement pour « repeupler » la station, c’est une situation inacceptable. De plus, si le soyouz descend, il n’est plus question de le remonter (vu la situation avec les russes). Il ne reste plus qu’Elon Musk pour faire un transfert.<br /> Imagine dans le cas d’une urgence, EM pourrait demander une dizaine de milliards de dollars pour faire le voyage, et la Nasa serait obligée de s’y résoudre (en rapport avec les centaines de milliards de dollars de la station si elle est perdue).<br /> Bref, il vaut mieux donner un milliard à Boeing ici, histoire d’avoir un backup.
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