CST-100 Starliner (Boeing)

le 12 mars 2019
 0
Boeing CST-100 Starliner
Vue d'artiste sur le CST-100 Starliner © NASA

Avec SpaceX et son Dragon v2, Boeing est le second partenaire privé de la NASA dans le cadre de son programme Commercial Crew Development qui prévoit la mise en place d'un moyen de transport américain pour ses astronautes vers l'ISS. Pour remporter l'appel d'offres lancé par l'agence spatiale américaine en 2010, après l'arrêt du programme de la navette spatiale Space Shuttle, le constructeur aéronautique et aérospatial a développé le CST-100 Starliner, un véhicule spatial réutilisable dont la conception innovante s'inspire des vaisseaux Apollo et Orion.

Le CST-100 de Boeing, dont le nom de code signifie Crew Space Transportation alors que le chiffre 100 désigne l'altitude en kilomètres de la litigieuse ligne de Kármán, a été retenu en 2014 par la NASA dans le cadre de son programme Commercial Crew Development visant à trouver une solution fiable pour remplacer la navette spatiale américaine et se passer des services du Roscosmos, l'agence spatiale russe, qui loue encore actuellement son vaisseau Soyouz à prix d'or pour le transport des astronautes jusqu'à la station spatiale internationale.


Repoussé durant plusieurs années, ce programme de la NASA devrait connaitre la consécration en 2019 avec le lancement des premiers vols habités. Il permettra aussi aux États-Unis de retrouver une certaine autonomie ainsi qu'un statut à la hauteur de la renommée de son agence spatiale en envoyant en orbite « des astronautes américains, à bord de fusées américaines, depuis le sol américain ».

Un vaisseau moderne inspiré d'une architecture éprouvée


Après avoir reçu environ 4,2 milliards de dollars en 2014 pour la dernière phase du programme, nommée Commercial Crew Transportation Capability (CCtCap), contre 2,6 milliards pour SpaceX, Boeing a dévoilé une première maquette grandeur nature de son engin spatial qui sera désormais surnommé Starliner.

Développé en collaboration avec Bigeflow Airspace, le vaisseau de Boeing est, à l'instar de Crew Dragon, en mesure de transporter un équipage composé de sept astronautes en orbite terrestre basse pour rejoindre l'ISS. Bien que Starliner soit réutilisable pour réaliser une dizaine de vols, il n'a pas encore été certifié par la NASA dans ce cadre, certainement afin de ne pas perdre un temps précieux et repousser encore les vols d'essai ainsi que le lancement effectif du programme.

Boeing CST-100 Starliner

Avec son architecture inspirée par le vaisseau spatial Orion ainsi que celui du programme Apollo, le CST-100 Starliner s'appuie sur de solides modèles ayant déjà fait leurs preuves par le passé tout en y implémentant les dernières innovations et technologies de notre époque, à savoir l'utilisation de nouveaux matériaux, une construction sans soudure, ou encore le pilotage et l'amarrage autonome à la station spatiale internationale.

Composé d'un module de descente pour le retour sur Terre, ainsi que d'un module de service pour le stockage de matériels, l'atterrissage est assuré par des airbags et parachutes qui ont d'ores et déjà été testés avec succès en 2016, puis en 2017, dans le désert du Nouveau-Mexique. Bien qu'il soit capable d'atterrir en mer, les cinq zones d'atterrissage sélectionnées se trouvent dans cette région des États-Unis. Le CST-100 est par ailleurs équipé de panneaux solaires capables de délivrer une puissance électrique de 3 000 watts, ils sont situés sous le module de service entre les quatre moteurs Rocketdyne RS-88. Cette partie du vaisseau n'est quant à elle pas destinée à être réutilisée.

Le vaisseau de Boeing est prévu pour être lancé à l'aide d'une fusée Atlas V à partir du Space Launch Complex 41 du Cap Canaveral, mais il est également compatible avec les lanceurs Falcon 9, Delta IV, ainsi que le Vulcan en cours de développement depuis 2014 par United Launch Alliance (ULA).

Starliner - intérieur du module
Vue sur l'intérieur du module de commande pressurisé de Starliner © Robert Markowitz

Boeing a également dévoilé une combinaison spatiale moderne et minimaliste pour les astronautes qui voyageront à bord de Starliner. Elle possède la caractéristique d'être bien plus légère que le précédent modèle, pourra être personnalisée pour chaque membre de l'équipage afin d'améliorer le confort et la sécurité et est dotée de gants permettant l'interaction avec les écrans tactiles à bords du vaisseau.



Un premier vol habité pour août 2019 ?


Un premier essai inhabité était initialement prévu pour juillet 2018, seulement le dysfonctionnement d'un des moteurs d'évasion du vaisseau a entraîné un léger retard pour Boeing qui devrait maintenant réaliser son tout premier vol d'essai en mars 2019. Si tout se passe alors comme prévu, le premier vol habité pourrait avoir lieu en août 2019. La NASA a d'ores et déjà annoncé les noms des astronautes qui participeront au lancement de Starliner.

Enfin, Boeing n'exclut pas d'autres missions pour son vaisseau spatial, notamment pour desservir les ambitieux projets de son partenaire Bigelow Aerospace. Boeing entrevoit également de vendre une place pour un touriste sur chaque voyage de Starliner par le biais de l'entreprise Space Adventures. Le contrat liant Boeing à la NASA lui permet en effet de proposer et de fixer le tarif d'un siège touristique.
Modifié le 12/03/2019 à 19h46
Cet article vous a intéressé ?
Abonnez-vous à la newsletter et recevez chaque jour, le meilleur de l’actu high-tech et du numérique.

Dernières actualités Espace

La NASA a découvert le tout premier type de molécule à avoir existé dans l'Univers
Finalement, Pepsi abandonne son idée de mettre de la publicité en orbite
La NASA publie une vidéo montrant comment des souris réagissent à la microgravité
Espace : les voyages à travers les trous de ver seraient lents, mais possibles
SpaceX a perdu le booster central de sa fusée Falcon Heavy à cause d'une météo capricieuse
Après l'échec de Beresheet, SpaceIL annonce une nouvelle mission d'alunissage
L'entreprise russe qui veut mettre des publicités en orbite a un premier client : PepsiCo
Curiosity a recueilli un échantillon d'argile pour mieux comprendre le sol de Mars
Voici les premières images des potentielles futures habitations des astronautes sur Mars
Combinaisons auto-réparantes, stations d’énergie volantes : les derniers projets de la NASA
Vous pouvez voter pour nommer le plus grand monde
L'ISS fourmille de germes et de bactéries qui inquiètent les scientifiques de la NASA
SpaceX entre dans l'histoire : mission réussie pour l'atterrissage de ses trois propulseurs
Trou noir M87* : la preuve par l’image de la théorie d'Einstein ?
Direct : L'aventure s'arrête déjà pour la sonde israélienne Beresheet
scroll top