Facebook a utilisé le VPN Onavo pour surveiller WhatsApp avant de l'acheter

Par
Le 12 décembre 2018
 0
onavo

Des documents révélés par le Parlement britannique expliquent que le réseau social a utilisé son application de VPN pour analyser le trafic de WhatsApp avant de proposer une offre d'achat.

L'année 2018 vit ses derniers jours, mais n'a pas fini de nous révéler tous les secrets de Facebook.

Un VPN aspirateur de données pour Facebook

Des documents mis en ligne par le Parlement britannique avaient déjà montré que Mark Zuckerberg et ses équipes avaient donné à certaines entreprises « amies » des accès illimités aux données de leurs utilisateurs et de leurs proches.

Cette fois, c'est le fonctionnement de l'application VPN Onavo qui est mis en lumière. Ce logiciel a été, durant des années, un moyen de collecter de nombreuses données, comme la quantité de data utilisée, le nom de l'opérateur ou encore le numéro de version iOS ou Android, ainsi que le rappelle le site iGeneration. Les pratiques d'Onavo ont toujours été contestées : Apple a exigé et obtenu le retrait de l'application mobile durant l'été 2018.

Les analyses d'utilisation ont été déterminantes dans l'achat de WhatsApp

On apprend, via ces documents confidentiels, que Facebook a également utilisé Onavo afin de surveiller les connexions de ses utilisateurs sur les messageries instantanées, et notamment WhatsApp. Un graphique « hautement confidentiel » montre que le nombre de messages envoyés par jour entre 2010 et 2013 s'élevait à 8,2 milliards par jour, contre 3,5 milliards pour la version mobile de Facebook Messenger. Les données montraient également que le temps passé par les utilisateurs d'iPhone sur WhatsApp était quasiment deux fois plus important que sur la messagerie Facebook.

C'est sur ces estimations recueillies par le VPN que le réseau social a précipité sa décision d'acquérir son concurrent direct. En 2014, Facebook annonçait l'achat de WhatsApp pour un montant record de 19 milliards de dollars. Une décision largement incomprise à l'époque, la start-up ne dégageant quasiment aucun revenu. Bien lui en a pris puisque, aujourd'hui, Facebook est un leader incontesté de la messagerie instantanée et monétise progressivement son audience avec de la publicité ciblée, diffusée dans le logiciel.

scroll top