WhatsApp : le cofondateur avoue avoir vendu la confidentialité des utilisateurs

Pierre Crochart Contributeur
27 septembre 2018 à 16h52
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Brian Acton Whatsapp

Celui qui lançait le hashtag #DeleteFacebook après l'éclatement de l'affaire Cambridge Analytica a manifestement de nombreux comptes à régler avec Mark Zuckerberg.

Semaine tumultueuse pour Facebook. Après que les deux fondateurs d'Instagram ont quitté le navire mardi dernier, le réseau social subit aujourd'hui les assauts de l'ex-fondateur de WhatsApp : Brian Acton.

Des tensions quant à la monétisation de WhatsApp


Dans une interview-fleuve à Forbes, le co-créateur de l'application rachetée 22 milliards de dollars en 2014 le concède : « J'ai vendu la vie privée de mes utilisateurs ».

Brian Acton, qui a quitté Facebook en septembre 2017 en laissant derrière lui près de 850 millions de dollars d'actions, explique que les tensions se sont créées lorsque le sujet de la monétisation est arrivé sur la table. Avec son partenaire Jan Koum, Acton militait pour une sorte de crédit de communication, permettant aux utilisateurs de WhatsApp d'envoyer des messages. Mark Zuckerberg, lui, voulait de la publicité.

Une bataille qui semble avoir été remportée par ce dernier. Car selon le Wall Street Journal, les publicités feront leur apparition dans WhatsApp dès l'année prochaine.

Des cachotteries qui ont coûté cher à Facebook


Dans son interview, Brian Acton raconte également avoir été « coaché » pour obtenir de l'Union européenne son accord quant au rachat ultra médiatique de son service par Facebook. « On m'a coaché pour expliquer que ce serait très compliqué de fusionner les données des deux systèmes (de WhatsApp et de Facebook) ».

Des difficultés visiblement pas si insurmontables : en 2016, une discrète modification des conditions d'utilisation de WhatsApp montre que les comptes des deux services ont bien été fusionnés, permettant au réseau social de commencer sa collecte de données. Une dissimulation d'informations qui avait été très mal vue de Bruxelles, qui avait condamné Facebook à une amende de 110 millions d'euros en 2017.

Le patron français de Messenger monte au créneau


Des attaques qui ne passent pas pour David Marcus, patron français de Messenger - le service de messagerie maison de Facebook.

« Attaquer les personnes et l'entreprise qui ont fait de vous un milliardaire, et qui ont fait un effort sans précédent pour vous protéger et satisfaire à tous vos besoins, est un manque total de classe », indique-t-il à 20 Minutes.

Ces accusations sonnent pourtant moins comme une tentative de justification que comme d'amers regrets de la part de Brian Acton. « Au bout du compte, j'ai vendu mon entreprise. J'ai vendu la vie privée de mes utilisateurs pour m'enrichir. J'ai fait un choix et un compromis, et je dois vivre avec cette décision chaque jour » confesse l'ardent défenseur du respect de la vie privée.

Aviez-vous vu venir la direction que prendrait Facebook avec WhatsApp lors du rachat de celui-ci ?
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