Acculée par Bruxelles, Meta a finalement décidé d'autoriser temporairement les assistants IA tiers à rejoindre WhatsApp en Europe. Enfin, plus précisément, elle souhaite monétiser cette position avec une grille tarifaire.

Meta va faire payer les IA concurrentes dans WhatsApp ©Shutterstock
Meta va faire payer les IA concurrentes dans WhatsApp ©Shutterstock

Meta a annoncé l'autorisation temporaire pour les assistants IA tiers d'accéder à WhatsApp via son API Business. Cette période va durer 12 mois au sein de l'Espace économique européen. Cette décision fait suite aux menaces de mesures provisoires formulées par la Commission européenne il y a environ un mois.

Une nouvelle source de revenus

Meta entend transformer cette ouverture en opportunité commerciale. Elle facturera entre 0,049 et 0,1323 euro par "non-template message" selon les pays. Concrètement, cela désigne tout message qui ne suit pas un gabarit standardisé, autrement dit, chaque échange libre dans une conversation avec un chatbot. Le coût peut grimper rapidement : une session de 30 messages coûterait entre 1,47 et 3,97 euros à un fournisseur comme OpenAI ou Anthropic.

Cette mesure ne concerne donc pas tous les usages de l'IA sur WhatsApp. Un service client d'entreprise qui déploie un bot avec un template de réponses formatées pour répondre via des messages à un client n'est pas touché. Meta a plutôt en ligne de mire ses concurrents : les assistants généralistes comme ChatGPT ou Claude. Il faut dire qu'OpenAI est loin devant ses concurrents en termes d'usage et Whatsapp est loin devant les autres messageries. La firme de Mark Zuckerberg estime donc qu'il y a une manne de revenus non négligeable. L'entreprise avait déjà effectué un test similaire en Italie en janvier, avant d'étendre cette offre à l'ensemble du continent.

Bruxelles maintient son enquête, la partie n'est pas jouée

Meta estime que cette concession est suffisante pour éviter une intervention réglementaire immédiate. De son côté, Techcrunch rapporte que la Commission européenne a rapidement nuancé la portée du geste. Les autorités indiquent qu'elles vont "analyser l'impact de ces changements sur son enquête relative aux mesures provisoires, ainsi que sur son enquête antitrust plus large." L'enquête n'est donc pas fermée.

Nous rapportions récemment que la Commission avait adressé à Meta une notification de griefs pour abus de position dominante et envisageait des mesures provisoires pour forcer une réouverture de l'API. La maison de WhatsApp encourt une amende potentielle atteignant 10% du chiffre d'affaires mondial, soit environ 16 milliards de dollars. Une ouverture volontaire, même tarifée, reste en théorie plus favorable pour Meta qu'une mesure imposée. Reste à savoir si Bruxelles jugera cette décision satisfaisante pour répondre aux obligations du Digital Markets Act.

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