Facebook : le parlement britannique saisit des documents internes

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Le 27 novembre 2018
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portrait officiel de mark zuckerberg

Nouveau rebondissement concernant l'affaire Cambridge Analytica : les documents internes à Facebook saisis par le parlement britannique pourraient apporter de nombreux indices sur la politique de confidentialité du réseau social avant le scandale.

Le parlement britannique lance son offensive

Après les multiples refus de Mark Zuckerberg de venir se présenter à Londres pour répondre aux interrogations des membres d'un comité international - dont l'initiative revient aux Britanniques - dans le cadre de l'affaire Cambridge Analytica, mais aussi concernant le débat autour des fakes news, le parlement britannique a décidé de passer à l'offensive, d'une manière un peu particulière.

Dimanche 25 novembre, l'Assemblée britannique a en effet annoncé avoir mis la main sur des documents internes à Facebook. Ils renfermeraient des révélations concernant sa politique de confidentialité et notamment les informations partagées avec des applications tierces avant le scandale. En outre, ce dossier contiendrait aussi des e-mails confidentiels entre Mark Zuckerberg et les autres dirigeants du réseau social.

Un dossier récupéré via l'éditeur d'application Six4Three

C'est d'une manière peu ordinaire - un « mécanisme parlementaire exceptionnel » - que ce dossier est arrivé entre les mains de l'Assemblée britannique. Alors qu'il se trouvait à Londres pour un voyage d'affaires, Ted Kramer, propriétaire de Six4Three, s'est vu contraint par un sergent d'arme de fournir les documents dans un délai de deux heures, au risque de se retrouver emprisonné s'il ne se conformait pas à l'ordre intimé.

En procès contre Facebook aux États-Unis, Six4Three lui réclame 250 000 dollars de dédommagement après que le réseau social ait décidé de rendre obsolète son application Pikinis en lui refusant l'accès aux données des utilisateurs. Cette application permettait de retrouver facilement les photographies de ses contacts légèrement vêtus, en maillot de bain et autres bikinis. Selon Ted Kramer : « Facebook lui-même a commis le plus grand abus de données de l'histoire de l'industrie du logiciel ». Le propriétaire de Six4Three sous-entend ici que Facebook aurait permis à Cambridge Analytica d'aspirer les données des utilisateurs en créant des failles de confidentialités.

Pour le moment, les documents ont été déposés sous scellés en attendant que le tribunal californien responsable de l'affaire analyse la validité de l'action parlementaire.

Damian Collins, responsable de la commission culture et média du Parlement britannique, a déclaré à The Guardian : « Nous n'avons pas pu obtenir de réponses de Facebook et nous pensions que ces documents contiennent des informations de très haut intérêt public. Nous pensons qu'ils contiennent des réponses à certaines des questions que nous avons posées sur l'utilisation des données, notamment par les développeurs tiers. »

De son côté, Facebook a laissé entendre son mécontentement dans une lettre rédigée par Richard Allan, responsable de la politique publique du réseau, envoyée dimanche au Parlement, il y écrit : « Nous considérons que ceci est sans fondement et que les dépôts répétés démontrent qu'il s'agit davantage d'une attaque contre notre entreprise que d'une réclamation juridique crédible ».

Source : The Guardian
Modifié le 27/11/2018 à 12h03

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