Huawei a (enfin) trouvé une solution pour contourner les restrictions américaines

16 novembre 2021 à 13h25
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Le géant chinois Huawei réfléchirait à confier, sous licence, la conception de ses smartphones à d'autres entreprises.

Cela lui permettrait de contourner la liste noire américaine et d'avoir de nouveau accès à des composants dits « critiques ».

Une situation tendue pour Huawei

Huawei est dans une situation délicate. Placée sur la liste noire des États-Unis, la firme de Shenzhen devait demander à toute société américaine souhaitant travailler avec elle une autorisation spécifique, avec pour conséquence la fin de la relation avec Google et l'OS Android. La crise s'est ensuite aggravée lorsque Washington a étendu cette obligation aux entreprises non étasuniennes dont les produits embarquent des technologies américaines.

En somme : Huawei est aujourd'hui bloqué sur le hardware et le software. La loi récemment signée par le président Biden n'arrange pas les choses : elle empêche tout simplement Huawei ou ZTE de recevoir de nouvelles licences de la part des États-Unis pour les équipements qui présentent un risque pour la sécurité nationale. Depuis 2018, 3 000 demandes de Huawei ont été approuvées. Le géant chinois pourrait avoir trouvé une issue de secours.

Autoriser des entreprises non listées à concevoir les smartphones et à les vendre

Selon Bloomberg, Huawei n'entend pas laisser tomber le marché des smartphones comme ça. La société pourrait en effet accorder des licences à des sociétés tierces, chinoises.

Ces entreprises tierces, qui ne figureraient pas sur la liste noire des États-Unis et qui ne font pas l'objet de sanctions de leur part, pourraient donc, sous licence, concevoir et vendre des smartphones à l'origine conçus par Huawei, sous leur propre marque. L'une de ces marques pourrait être Xnova, filiale de PTAC (China Postal and Telecommunications Appliances), qui vend déjà des smartphones Nova de marque Huawei sur son site de e-commerce, indique Bloomberg.

TD Tech Ltd, une compagnie spécialisée dans les télécoms et la 5G située à Pékin, fondée historiquement par Nokia et Huawei en 2005, ferait partie de la short-list ces entreprises qui pourraient vendre les smartphones de Huawei.

S'inspirer de l'exemple Honor

Cette démarche permettrait à Huawei, en l'état, de contourner les sanctions américaines qui l'empêchent de commercialiser ses smartphones aux États-Unis. Mais elle serait aussi un moyen pour l'entreprise d'avoir de nouveau accès à la chaîne d'approvisionnement. En effet, certains composants lui sont aujourd'hui inaccessibles, comme les puces TSMC et les modems 5G sans-fil Qualcomm. Dans cette optique, Huawei aurait déjà démarré des travaux pour adapter certains de ses smartphones (vendus avec un SoC de sa filiale HiSilicon) aux processeurs Qualcomm, MediaTek et autres.

Si Huawei négocierait encore divers partenariats pour arriver à ses fins et se relancer sur le marché juteux du smartphone, l'entreprise ambitionnerait secrètement d'exporter, de cette manière, quelque 30 millions de téléphones dès l'année prochaine.

Huawei a déjà permis à son ex-filiale Honor d'échapper aux sanctions américaines en vendant purement et simplement l'entreprise , ce qui lui a d'ailleurs permis de remettre tous ses indicateurs dans le vert. Une stratégie gagnante qui inspire sans doute, dans l'esprit du moins, la nouvelle démarche du géant chinois.

Source : Bloomberg

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