L'étau se desserre sur Huawei : bientôt un retour d'Android aux États-Unis ?

16 septembre 2022 à 14h25
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L'assouplissement récent des restrictions technologiques américaines pourrait faire les affaires de Huawei, sous embargo depuis 2019 outre-Atlantique.

Est-il possible de revoir Huawei, privée d'Android, travailler avec des entreprises américaines ? Rien n'est encore gravé dans le marbre, mais l'hypothèse fait son chemin. Le gouvernement américain a en effet assoupli, il y a quelques jours, les restrictions qui empêchent notamment la firme de Shenzhen de travailler avec des entreprises comme Google, nous apprend Bloomberg.

Une porte ouverte pour Huawei, mais sous conditions

Depuis 2019, une éternité dans le monde des nouvelles technologies, Huawei est sous embargo américain, placée sur liste noire et privée de travailler avec des sociétés de l'oncle Sam. Les conséquences sont nombreuses, et celle que le géant chinois a eu le plus de mal à digérer, c'est évidemment la fin du système d'exploitation Android sur ses smartphones.

Mais on entrevoit peut-être la lumière dans ce dossier. L'agence du département du Commerce américain dédiée à l'Industrie et à la Sécurité autorise de nouveau la publication de certaines technologies et certains logiciels. Cependant, et pour prétendre de nouveau à un partage de technologie, les entreprises placées sur liste, telles Huawei ou ZTE, vont devoir respecter certaines conditions.

On ignore le détail des conditions à respecter, qui prendront la forme de « normes », mais elles font office de porte ouverte vers une dernière chance pour Huawei, pénalisée par un embargo voulu par l'administration Trump que l'entreprise a toujours considéré comme injuste et injustifié.

Avec HarmonyOS, Huawei a pourtant appris à faire sans Android

Dans tous les cas, Huawei sait désormais que la position américaine évolue et que la firme pourrait de nouveau utiliser des technologies américaines dans le futur. On imagine que du côté de l'entreprise chinoise, l'opportunité est salvatrice, même si elle a appris à faire sans Android en faisant émerger son propre système d'exploitation mobile, HarmonyOS, qui offre une alternative aux OS traditionnels.

La méfiance reste néanmoins de mise du côté de Washington, où l'on a du mal à accepter le rôle grandissant de l'écosystème technologique de l'empire du Milieu, de plus en plus influent dans le monde. Les USA ont tout fait, ces trois dernières années, pour réduire l'avantage concurrentiel technologique que les entreprises chinoises sont en train de prendre, les accusant d'être une menace pour leur sécurité. Un discours qui est peut-être en train d'évoluer.

Source : Bloomberg

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HAL1
Les conséquences sont nombreuses, et celle que le géant chinois a eu le plus de mal à digérer, c’est évidemment la fin du système d’exploitation Android sur ses smartphones.<br /> Cela n’est pas correct. La conséquence qui a fait le plus de mal à Huawei, c’est l’impossibilité de se fournir en composants matériels chez certains fournisseurs non-chinois.
AlexLex14
L’article est anglé autour d’Android Donc sous cet angle-là, la pire des difficultés (ou des obstacles, plutôt) a été de devoir mettre sur pied en quelques mois un OS fonctionnel qui puisse faire oublier Android.<br /> J’aurais aussi pu parler des conséquences économiques (sans doute les importantes de toutes), mais ce n’était pas le sujet
octokitty
Leurs derniers Mate 50 Pro ont les dernières puces Snapdragon. Hi-Silicon semble bien enterré donc un concurrent de SoC grand public en moins. Les smartphones sont privés de 5G mais ne le seront plus à la prochaine génération.
Guillaume1972
Les États-Unis n’ont pas su innover et se mettre au niveau de Huawei (notamment aux niveaux des équipements 5g mais pas que) donc Trump avait choisit de bannir plutôt que de presser les entreprises Américaines vers l’innovation… si c’est ainsi que les États-Unis ou d’autres états comptent stoppent la montée en puissance dans plus en plus de domaines de la Chine, alors ils se trompent…
themancool87_1_1
« Washington, où l’on a du mal à accepter le rôle grandissant de l’écosystème technologique de l’empire du Milieu, de plus en plus influent dans le monde. »<br /> Bah… S’ils n’avaient qu’à pas bannir Huawei… Ces derniers n’auraient pas été contraint de sortir un " nouveau" systeme, et écosystème qui va avec…<br /> Je ne pense pas que Huawei va remettre Android et abandonner HarmonyOS.<br /> Du moins pas en Chine.
ullbach
L’embargo sur Huawei fait du mal par ricochet à beaucoup d’entreprises américaines.<br /> Android n’est plus un problème pour Huawei, car il est open source (puisque huawei est un des développeurs d’android, j’ai déjà fait un long post sur ça) et qu’HarmonyOs monte en puissance.<br /> Huawei est le plus gros dépositaire de brevets high tech au monde, son problème n’est plus logiciel, il attend un écosystème interne pour la gravure fine des puces. Le dernier projet de Biden (Chip4) a des résistances parmi les coréens et japonais qui ne veulent pas se mettre à dos à la Chine. Avant l’embargo, Huawei était le deuxième client de TSMC et d’ASML. Les hollandais sont en train de râler car à ce rythme, ils perdent leurs principaux clients et la Chine aura un équivalent (si ça se trouve c’est déjà le cas), un équivalent dans les trois ans.
ullbach
Oui et c’est surtout vrai pour la gravure fine (EUV Asml); ils ont quasiment tout remplacé pour le reste. Même l’écran Gorilla Glass a été remplacé par un fournisseur chinois (BYD semi conductor), et les lentilles leica (x image huawei) pour le P50. ça commence à faire mal aux fournisseurs y compris américains. Gorilla avait le quasi monopole. Même les écrans, ils passent par BOE<br /> Beaucoup de sites high tech se focalisent sur Android (plus spécifiquement les services google, android n’étant pas la propriété exclusive de google) qui est beaucoup moins pénalisant qu’on ne le pense
MHC
On va demander à Huawei d’intégrer des solutions techniques américaines (Qualcomm &amp; co) au moins pour les USA et de n’y être que intégrateur en espérant qu’ils arrêtent de travailler sur leur indépendance des USA ?<br /> Je doute fore que la Chine ne tombe dans un piège aussi bête surtout que les sanctions ont laissé des cicatrices profondes et ont brisé la confiance…
jcc137
Le combat de Huawei pour mettre au point Harmony est quasiment gagné, beaucoup de gens se laissent séduire par ce nouvel OS, et j’avoue que j’ai failli rebasculer sur leurs smartphones, mais, ouille le prix !!! re-ouille sans la 5G, et sans les GAP !!!<br /> Si d’aventure, Huawei revient dans la course européenne aux smartphones, le plus grand écueil à passer, du moins pour moi, sera le prix.
ullbach
Encore une fois, Huawei a deux problèmes :<br /> -Un qui est commun à toute l’industrie du smartphone : la baisse de la demande, les gens ne changent pas, l’inflation, la baisse du pouvoir d’achats, et peu y trouvent leurs intérêt. Avec un smartphone de moins de 200 euros, vous ferez tout. D’ailleurs, c’est pour ça qu’ils se divesifient tout dans l’automobile, les serveurs, l’IA, l’iot, la robotique etc… Les entreprises qui pensent qu’au smartphone ne survivront pas. Sur ce point, huawei ont pu se diversifier, notamment dans le monde pro. (troisième mondiale dans les serveurs par exemple)<br /> -L’autre c’est l’accès à un fournisseur pour la gravure ultra-fine qui bloque mécaniquement leur offre. Si l’industrie souffre de l’abscence d’un client ou si Huawei a une alternative interne, les applications américaines surtout celles des réseaux sociaux viendront en courant demander un accès à harmonyOS, ça sera l’arroseur arrosé, d’où d’ailleurs l’intérêt de tapper sur tiktok, car les facebookiens passent chez eux. ça ne fera qu’affaiblir encore plus meta qui ira tapper à la porte de Biden.<br /> Force est de constater que Huawei ont réussi à s’adapter aux sanctions (ce qu’aucune entreprise au monde n’aurait pu faire face à la première puissance mondiale) et que désormais, il y a un repositionnement stratégique. Et peut-être des dégâts collatéraux dont nous ignorons l’ampleur.
carinae
Ben je ne vois pas ce qui est anormal ? Le problème de Huawei a la base est surtout politique, d’autant plus que le fondateur est très proche du pouvoir chinois et …ça fait des années qu’il y a des suspicions d’espionnage avec certains de leurs produits, réseau notamment. Et ce n’est pas spécifique aux USA.<br /> Ils peuvent faire ce qu’ils veulent sur leur marché intérieur. Par contre que les autres pays suivent ça c’est autre chose. Soit il y a de vrais suspicions voire des preuves soit c’est… politique.,
tan_tram
Le retour à Android (et pas AOSP) sera bénéfique pour la section mobile et smartphone de Huawei. Bon nombre de personnes dans le monde ont été pénalisées par manque d’accès à GMS. Parmis elles un grand nombre de personne n’étant pas au courant des sanctions américaines à ce sujet.<br /> Pour le reste, et l’auteur de l’article le mentionne, c’est en dehors de la sphère Android.<br /> Ce n’est d’ailleurs pas le principal objectif des Américains de paralyser Huawei sur les terminaux Android, c’est surtout de stopper net l’avancée d’un concurrent au niveau des équipements réseaux. L’administration Trump a promis à beaucoup de prestataires Américains de les aider financièrement à remplacer par un fournisseur américain (si on lit la ‹ proposition › du gouvernement américain, même si ce n’est pas explicitement dit, il est fortement encouragé de remplacer le matériel Huawei par du matériel américain) mais il s’avère que l’aide promise est largement insuffisante à compenser l’investissement nécessaire pour remplacer tout l’équipement Huawei.<br /> Les USA, d’un côté, vante les mérites d’un marché ouvert tout en interdisant l’accès à leur marché (et pourquoi pas au monde) à des fournisseurs meilleurs (technologiquement et commercialement) que leur entreprises nationales.<br /> Les ‹ problèmes › sécuritaires ne sont que poudres aux yeux pour faire gober tout et n’importe quoi au grand publique. D’ailleurs après tout ce temps on a toujours pas l’ombre de la queue d’une preuve. Tout ce qu’on nous dis c’est que l’oncle du cousin de la voisine de la table Berte l’a vu et que c’est grave.<br /> La NSA n’en a rien a foutre que l’équipement soit du Cisco, du aruba ou du Huawei. Ils pénètrent les réseaux cibles de toutes les façons et sans demander l’avis de personne. En réalité, ce que les Américains perdent c’est leur avantage potentiel en espionnage, mais ça ils ne peuvent pas le dire publiquement…
Tecepece
Merci à Trump d’avoir ouvert totalement à la concurrence des processeurs.
Maspriborintorg
C’est politique uniquement! Quand une entreprise ou un pays est sur le point de dépasser une entreprise américaine ou les USA, alors les USA mettent des sanctions ou des embargos.<br /> Le matériel réseau développé aux USA a probablement aussi des accès cachés (portes dérobées) qui permettent de fureter dans les données des pays étrangers, comme par exemple les transactions françaises avec l’Australie pour les sous-marins et de faire capoter le deal. Avec la NSA qui par l’intermédiaire des grandes oreilles en Grande Bretagne peut écouter les conversations des dirigeants européens comme A. Merkel, les USA ne sont pas en reste.
ullbach
AlexLex14:<br /> L’article est anglé autour d’Android Donc sous cet angle-là, la pire des difficultés (ou des obstacles, plutôt) a été de devoir mettre sur pied en quelques mois un OS fonctionnel qui puisse faire oublier Android.<br /> NOn non et non. Android est (et est toujours) utilisé par huawei sur ses smartphones à destination d’Europe et il porte un nom : EMUI, ça n’a jamais cessé. Et Huawei apporte toujours du code au projet Android, dont ils sont membre. C’est aussi un contributeur majeur de linux (le code le plus important d’android et qui est maintenu par la linux fondation et non pas l’open handset alliance que dirige google )<br /> Pour que les choses soient encore plus claires : HUAWEI utilise toujours Android (AOSP) qu’il travaille sous le nom d’EMUI et c’est le même principe pour tous, l’équipe de google pixel incluse.<br /> Ce qui fut bloqué à Huawei ce sont les services américains en général.<br /> Huawei n’a pas été exclu d’Android (techniquement l’AOSP est développé en open source, donc la question ne se pose pas, huawei ou samsung ou n’importe quel développeur a le droit d’utiliser l’AOSP) Et ce n’est pas passé par google qui en principe n’a pas le droit (ni la possibilité technique) de bloquer android puisque encore une fois, android contient beaucoup de codes n’appartenant pas à google.<br /> Donc que cela soit Android ou HarmonyOS, la question n’est pas l’OS, mais la loi américaine qui interdit que des entreprises américaines travaillent avec Huawei. Il ne faut pas chercher de logique car windows et intel travaillent toujours avec Huawei. Le but est donc clairement économique. Fragiliser huawei sans trop impacter certaines boites us comme, windows, intel ou qualcomm<br /> Sauf que cette mesure n’a non seulement pas suffit, mais est contournable et même remplaçable, ce qu’on fait huawei en développent les HMS et d’autres services. (petal maps etc) et ça ça peut rendre nerveux google ou alphabet, car vous laissez émerger une alternative. ça a permis à tomtom de bosser avec petal maps et du coup, ça fait un concurrent de plus à google maps.<br /> Facebook pareil, tiktok étant chinois, ils proposeront aussi bien leur application sur android que sur harmony. Et là encore, ça risque de déranger facebook et laisser le champs libre à tiktok qui déjà est en train de le déposer.<br /> La première attaque sur le logiciel avait échoué, huawei avaient les ressources pour riposter et entrainer avec lui un écosystème alternatif, comme par exemple entrainer avec lui des dev européens pour embêter le monopole américain sur l’Europe. J’ai cité tomtom, mais huawei allait certainement de proposer de servir d’incubateur à des boites françaises ou allemandes ou espagnoles, qui couplé à la puissance international de huawei, pouvait leur ouvrir des opportunités dans d’autres marchés et gratter le monopole des gafam en Europe.<br /> C’est là où la deuxième arme est tirée, et la plus lourde possible. Bloquer huawei des fondeurs de puces qui détiennent 99% du marché pour les puces de smartphone haut de gamme. Et là, la boite opère un virage où elle acte qu’elle ne pouvait plus sortir de smartphone à son rythme. Bien que touchée, Huawei se diversifie (fournissent deux marques auto avec leur solution), gagne avec ses droits de propriétés, investissent plus sur le monde pro)<br /> Ils sont devenus aussi d’importants acteurs dans le logiciel (openEuler et openHarmony). Ils ont aussi financé des boites de recherche sur la gravure de puce, sorti leurs propres brevets.<br /> En gros, ils se sont adaptés en développant une partie très orientée sur la recherche fondamentale et le dépôt de brevets (un peu comme IBM aux usa ou siemens en Allemagne) et les sanctions sont tombées dans un moment où le marché des smartphones était déjà mature et en décroissance. Huawei développant essentiellement du premium, l’impact n’a pas été aussi cataclysmique. Les smartphones à moins de 300 euros (hors apple) devenaient les roi de la vente. On a eu xiaomi (de souvenir devenir éphémèrement numéro 1 mondial et actuellemen numéro 2), oppo, vivo rejoindre samsung et Apple. Et ils ont largué Honor qui allait maintenir les usines à flot pour ce même secteur.<br /> Il faut suivre de près comment évolue les rapports entre administration américaines et boites chinoises.<br /> Nous approchons peut être d’un point de bascule technologique, il semblerai que SMIC soit déjà capable de graver en masser du 14nm, voir du 7nm et que le 5nm est dans les cartons. C’est un point compliqué mais un point géopolitique majeur.<br /> on y verra plus précisément dans les 3 ans je dirais.
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