Crise de l'aéronautique : les compagnies aériennes sauront-elles se relever après le coronavirus ? (Vidéo)

11 mai 2020 à 10h50
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Clubic vous propose un nouveau numéro de 90'' ou presque  pour vous aider à comprendre l'ampleur de la crise subie par le secteur aérien et les solutions éventuelles qui contribueront à le maintenir en vol.

Le secteur aérien traverse la plus grosse crise de son histoire , c’est indéniable, et nombreux sont les acteurs de l’aéronautique à se demander s'ils pourront se relever, et si oui : quand et comment. En première ligne, on retrouve les compagnies aériennes. En 90 secondes ou presque, nous allons brièvement rappeler le contexte actuel pour les transporteurs, établir quelles conséquences découlent de la crise, avant d'évoquer les solutions qui pourraient sauver ces entreprises en perdition.

1. La crise dans l'aérien : un contexte terrible et historique

Le coronavirus a cloué la majorité des avions du monde au sol. Des compagnies comme Air France ne fonctionnent plus qu’à 5 % de leur
capacité. Les compagnies aériennes sont à l’arrêt et beaucoup, comme Air France encore, ont à assumer les frais de location de leurs appareils, outre le remboursement de centaines de milliers de billets, comme c'est le cas chez Emirates .

On schématise, mais clairement, ces entreprises ne sont pas structurées pour supporter de telles charges.

Airbus-Air-France-A321 © Air France
Airbus A321 (© Air France)

2. Des conséquences lourdes et immédiates

Les conséquences sont multiples, car la crise du coronavirus ne touche
pas que les compagnies aériennes : elle impacte aussi les constructeurs, dont Boeing, qui va supprimer 20 à 30% de ses effectifs, ainsi qu’Airbus, qui a perdu 500 millions d’euros au premier trimestre et livré 80 % d’appareils en moins en avril 2020 qu’en avril 2019.

Les équipementiers, comme Safran qui va supprimer 3 000 emplois au Mexique, sont aussi dans le dur. Les nombreux sous-traitants des aéroports et avionneurs broient également du noir, et certains sont voués à disparaître.

Et puisqu'on parle de disparition, certaines compagnies aériennes ont déjà mis la clé sous la porte. C’est le cas notamment de Virgin Australia , de Flybe (et on ne vous cite pas toutes celles qui sont au bord du gouffre ou qui vont licencier massivement, comme British Airways, Norwegian, Ryanair etc.). En France, la deuxième compagnie nationale Corsair, a poussé un cri d’alerte, à la fin du mois d’avril, appelant l’État à l’aider comme il a aidé Air France, si elle veut être sauvée.

Par ailleurs, l’impératif de distanciation physique à bord des avions, qui incite les compagnies à ne plus remplir les aéronefs , entraînera mécaniquement une hausse des tarifs à bord. En sachant que 4,5 millions de vols ont été annulés jusqu’au 30 juin 2020 et que 90 % de vols n’ont pas décollé de mi-mars à mi-avril, les compagnies européennes vont devoir rembourser 10 milliards de dollars de billets.

Cabine Air France © Air France
Cabine d'un avion Air France (© Air France)

3. Sans perspectives, des solutions sont-elles possibles pour sauver les compagnies ?

Il existe des solutions temporaires, comme le chômage partiel, mais ça ne vaut qu’un temps. La solution première, c’est évidemment l’aide étatique. Air France a obtenu un prêt garanti par l'État français et un prêt d'actionnaire de ce dernier, pour 7 milliards d’euros . Lufthansa, elle, met la pression sur l’État allemand, le menaçant de déposer le bilan.

Restructurer des compagnies, se séparer d’une partie de sa flotte, fermer des lignes, toutes ces solutions pourraient être encore plus désastreuses à terme économiquement.

L’association internationale du transport aérien (IATA), qui est contre la distanciation physique, propose de redonner confiance aux voyageurs qui auront peur d’affronter les passagers en mettant en place un passeport immunitaire ou un test du Covid-19 pouvant être développé à grande échelle.

Au niveau financier, elle considère que la législation européenne, qui impose de rembourser au client le billet d’un vol annulé par les compagnies , doit être modifiée, pour que ces dernières puissent proposer directement un avoir. Plusieurs États de la zone, dont la France, l’Italie et l’Allemagne étudieraient cette possibilité. Pas sûr que la Commission européenne et les associations de consommateurs ne soient fans.

Pour l’heure, 40 000 postes ont déjà été supprimés dans l’aérien, avec des compagnies qui affirment toutes officiellement qu’elles mettront des années à retrouver leur rythme de croisière, bien malin sera celui qui détient les clés de la sauvegarde des entreprises aéronautiques aujourd’hui.

Modifié le 11/05/2020 à 11h00
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kiwi5
ces gouffres financiers, ce n’est pas la premiere fois qu’ils sont sauves de la noyade.<br /> outre l’emploi y a t il un interet pour une nation d’avoir sa propre compagnie (ne vivrait on pas mieux a depenser l’argent ailleurs que pour air france ? )
cirdan
Il va y avoir des fusions ou des rapprochements de compagnies mais ça va faire de gros dégâts sur l’emploi.<br /> Quitte à devoir accepter la situation actuelle, autant agir avec réflexion et dans le bon sens. C’est peut-être l’occasion pour ce secteur si décrié de se remettre en question : rationalisation des vols nationaux et internationaux (suppression des liaisons courtes !), mettre le paquet sur la recherche et développement en créant des alliances internationales de travail, revoir les conditions d’accueil et le confort à bord et il y a surement plein d’idées à creuser pour faire évoluer ce secteur dans un sens plus durable et éthique.<br /> C’est vrai que c’est un peu utopiste, on s’attaque là au symbole de la mondialisation, mais les conditions n’ont jamais été autant favorables pour évoluer puisque les compagnies n’ont pas vraiment le choix. Comme on dit, un bon coup de pied au cul ça peut aider à avancer dans le bon sens
toug19
Le problème c’est qu’Airbus a abandonné son projet de recherche d’avion électrique. Sans réduction de la consommation d’énergie, il vaut mieux que l’industrie aéro ne se relève pas.
zoup01
Oui il y a un intérêt à ne pas dépendre d’autres pays, y compris dans l’aviation…<br /> Les exemples récents ( masques, fabrication de médicaments en Inde, industrie électronique, etc…) n’ont pas suffit à vous convaincre ?
cirdan
L’avion électrique est encore trop lointain, il y a sans doute d’autres étapes avant.
zoup01
Un avion moderne consomme moins de 3l/100 par passager…aucune voiture n’est à ce niveau.
lottin
et à votre avis qui a rapatrié les français bloqués à l’étranger ? Easyjet ou ryanair peut être ?
carinae
Bizarrement je pense qu’à Toulouse les gens ne voient pas les choses de la même manière…<br /> Sans compter qu’ Airbus Civil étant la vache a lait du groupe …si l’aviation civile part en sucette c’est tout le reste du groupe qui suivra en l’occurrence Defence and Space, Helicopter, la partie technologie et même la partie IT puisqu’une société de cybersecurite fait partie du groupe… Et ne parlons pas bien sûr du carnage chez les sous traitants… notamment dans l’IT mais aussi dans la partie industrielle.<br /> A Toulouse si Airbus tousse c’est tout la ville et même une partie de la région qui s’enrhume…
lobo41
Pas plus que celui des croisiéristes… ce truc grotesque qui fait promener de gigantesques centres commerciaux sur la mer. Sans avoir anticipé le Covid, j’ai revendu presque au maximum de leur cote mes actions Airbus que j’avais souscrites à l’époque où je travaillais dans l’entreprise. Depuis l’automne le cours a été divisé par presque 3… et c’est pas demain qu’il remontera. Pour les paquebots, c’est également une boite à chagrin pour les mecs de Saint Nazaire qui avait une très grande compétence en la matière.
toug19
Un joli chiffre donné par l’industrie aéronautique. 3 litres /100 km oui… Mais lorsque il est plein. Une famille de 4 personne dans une voiture engendre une consommation de moins de 1,5 litre par personne.<br /> Une voiture électrique consomme environ 3 fois moins d’énergie qu’une voiture thermique. Donc la voiture électrique consomme l’équivalent de 0.5l/100km/personnes. Energie qui en plus peut être largement moins carbonnée.<br /> Au fait avec le coronavirus, l’avion sera à plus de 6l/personne/100 km.
Oncle_Picsou
Le taux de remplissage moyen d’une voiture, c’est 1.5 passagers, soit environ 30%<br /> Le taux moyen de remplissage d’un avion, c’est 85%<br /> Du coup ça se vaut plus ou moins
toug19
je suis de Toulouse travaille dans l’aéronautique et actuellement en chômage partiel. Mais j’ai un fils et je ne vois pas comment on peut accepter de pourrir la Terre ainsi. Notre modèle économique est à reprendre.
toug19
oui, a nous d’améliorer le taux de remplissage des voitures, ou mieux de prendre le train et les transports en commun. Personnellement, je ne peux pas. Alors je propose des places en covoiturage quand je le peux.
zoup01
les compagnies refusent de voler avec un taux de remplissage de 50%.<br /> taux moyen d’occupation des voitures: 1,2 passager en moyenne par voiture.<br /> vos propos qui sous entendent que cela serait mieux que l’aérien ne se relève pas révèlent juste un intégrisme écolo : « seule votre pensée unique est respectable , les autres, on peut les détruire sans regrets » .
toug19
Entre ce que l’homme pourrait faire et ce qu’il fait, il y a un gouffre. La taux d’occupation dont vous parlez est effectivement ridicule. Mais il pourrait faire mieux non? Les transports en commun sont fait pour ce genre de cas.<br /> Quand à l’intégrisme écolo, ce n’est que ton avis. Certainement pas celui de plus en plus de personne. Il suffit de demander aux scientifiques du GIEC, Arnaud Barrau et tout ceux qui ont signé la tribune pour un réel changement. L’avion on verra plus tard quand on aura du rab d’énergie. Il y a juste une urgence. Chaque années on bat des records de température.<br /> Mais l’avion est plus important et oui, il faut que les gens puissent aller se promener librement. Par contre nos enfants, ils attendront… C’est juste ridicule!
toug19
Au fait, les températures se réchauffent plus vite que ce qu’a prévu le GIEC. Je ne veux certainement pas leur jeter une pierre car nous avons encore beaucoup à apprendre sur le climat, mais l’embolie climatique guette. Ce serait quand même con de se rendre compte qu’on aurait pu l’éviter suite à la crise que nous vivons.
carinae
L’accepter ? Non mais on ne changera pas le monde du jour au lendemain . … tout simplement, par exemple, parce qu’on a pas encore la technologie. Et puis ça fait quand même des années qu’on parle de tout ça et ça n’empêche pas les gens de prendre l’avion pour partir en vacances … C’est pareil pour les voitures, la consommation, des constellations de satellites… .
kiwi5
l’union europeene tu veux dire, mouais tous les politiciens locaux le prennent pour un bouc emissaire. pour la R&amp;D on bouffe les coupures de budget d’il y a 20-30 ans, les elus responsables sont decedes, ca leur fait une belle jambe
toug19
Oui on ne changera pas le jour du jour au lendemain, mais à quoi bon investir dans une économie polluante. C’est jeter l’argent par les fenêtres. On va injecter des milliards dans l’aviation? pour finalement dans 10 ans, dire à ben mince il fallait pas le faire, cela nous a rapproché du précipice et nous a réduit notre marge de manœuvre.
toug19
un thermique grand publique: 5 litre au 100.<br /> 1 litre = environ 10kWh d’énergie. Donc consommation de 50 kWh au 100 km.<br /> Un électrique: moyenne de 15 kWh au 100 km. (moyenne, ça peut être plus ou moins)<br /> 50/15=3.33. Donc une voiture électrique consomme plus que trois fois moins qu’un thermique.
melcky
Les émissions de co2, ca peut se compenser, de multiples manières.<br /> De nombreuses compagnies sont d’ailleurs très engagées sur ce sujet.<br /> Donc non le secteur aérien n’est aucunement condamné à être le vilain petit canard responsable du dérèglement du climat.<br /> Les nouvelles générations d’avions consomment de moins en moins, ce qui vas également dans le bon sens.<br /> Tout ceci a un cout, il parait donc inévitable que le prix des billets parte à la hausse.<br /> Et c’est une bonne chose, on a rien sans rien.
carinae
Oui enfin dans ce cas dans 10 ans on aura plus rien . …donc la question ne se pose pas … C’est soit on sauvé la filière maintenant avec tous les emplois qui en découlent avec la possibilité d’une rupture technologique rapide soit on ne sauvé rien du tout et le peu de tissu industriel qui nous reste part en sucette… Ce sont les américains et les chinois qui vont être contents… Eux ne se préoccupent pas de ces aspects. Même si sur le fond du problème ça s’entend si on ne fait rien pour l’économie …on se tire une balle dans le pied. Et pas d’économie pas d’argent… Pas d’argent pas d’indemnités pour les futurs chômeurs… Les changements doivent être faits oui… mais encore faut il en avoir les moyens. .<br /> Le vrai défi serait plutôt de concilier industrie, moyens de transport et environnement.
toug19
oui effectivement je pars du vecteur, car les panneaux solaires par exemple ont un rendement assez faible pour le moment.
toug19
Je craigne que tu crois trop en la croissance. La croissance infinie est impossible.
melcky
Je ne parle pas de croissance, quel rapport avec mon post ?
toug19
melcky:<br /> Les nouvelles générations d’avions consomment de moin<br /> Des avions qui coûtent plus chère et qui consomme moins, des billets qui coûtent plus chères mais que l’on peut continuer à acheter. Ça c’est la croissance.
melcky
je parle d’augmentations de tarifs ou de performance, si tu préfère appeler ca croissance je trouve ca moins adapté.<br /> Rien ne les empêche (les faits en attestent), et bien sur je ne vois pas pourquoi l’une ou l’autre pourrait être infinie…
toug19
Parce que la croissance tel que nous la connaissons et liée à l’utilisation toujours plus grande de ressources naturelles.
pemmore
Dans la vie, il faut être pragmatique et penser après, donc les gens qui ont eu le covid bénin ou pas, donc immunisés n’ont pas à avoir de distanciations, du coup des classes immunisés moins chers, serrés comme des sardines et les autres payant le prix double.<br /> Pareil au taf, on fait le tri, le boulot en fonction du risque.<br /> Vous vous dites que c’est stupide, ben non, à vue de nez la moitié de ma famille a forcément croisé le virus sans se rendre compte plus qu’un petit rhume.<br /> Ca donnerait au pif 40% des Français
Blackalf
Belle analyse scientifique
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